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Mali : Enseignant pendant neuf mois et docker le reste de l’année

vendredi 14 juillet 2017

Au Mali, les enseignants des écoles privées ne prennent pas de salaire pendant les trois mois de vacances. Ils sont obligés, chacun à sa manière, de se battre autrement pour subvenir à leur besoin. Enseignant pendant l’année scolaire. Docker lors des vacances. Bréhima Doumbia se débrouille pour nourrir sa famille.

« Je ne suis pas payé pendant les trois mois de vacances. Je viens faire le docker au marché de Niaréla. Pour gagner mon pain », affirme Bréhima Doumbia, tout sourire, un sac sur les genoux qu’il s’apprête à porter sur la tête. Enseignant pendant l’année scolaire, c’est dans un marché en plein centre de Bamako que Bréhima tente de « gagner sa vie ».

Il travaille dans le magasin de Zié Coulibaly. Corps imposant (95 kg), taille moyenne, Bréhima Doumbia charge et décharge les camions de haricot, de mil, de maïs et du riz. Des produits de première nécessité. Dans ce magasin, les sacs de 100 kg sont entassés jusqu’au plafond.

Couramment appelé Monsieur, il ne fait pas que le docker. Ce lundi 10 juillet 2017, il arrive au marché aux environs de 8 heures. Un client commande 50 sacs de 50 kilos de haricot. Brehima Doumbia entre dans le magasin et porte un sac au dos et l’amène à la balance pour le diviser en deux sacs de 2 kilos ? Avec trois autres personnes, ils effectuent le travail en moins d’une heure. Pour ce travail, chacun gagne 625 francs CFA. « C’est 50 francs CFA par sac », détaille Brehima Doumbia.

« Je parviens à prendre en charge ma famille », indique-t-il, marié depuis 2008 et père de quatre enfants. « Généralement, nous travaillons en groupe de quatre personnes. Le prix du déchargement est de 75 francs CFA par sac », raconte l’enseignant. Sa recette journalière varie de 4000 à 2.000 francs CFA. « Il y a des jours, je ne gagne rien », relève Bréhima Doumbia, d’une voix grave.

Agé de 37 ans, il est généraliste. Pendant l’année scolaire, il dispense des cours dans une école privée. Le complexe scolaire le Baobab, à Bacodjicoroni ACI. Lors de l’année 2016-2017, il encadrait les élèves de la 2è année fondamentale. 45.000 francs CFA, son salaire mensuel. « Nous sommes payés régulièrement. Toutefois, le salaire du mois de juin ne tombe qu’à la rentrée prochaine », souligne Bréhima Doumbia.

Ce salaire est-il suffisant ? « Non. Mais, j’effectue des cours privés. C’est 7.500 francs CFA par élève et par mois. Je peux empocher 45.000 francs CFA », narre-t-il, sourire aux lèvres.

Pour être enseignant, Bréhima Doumbia a participé à la SARPE (Stratégie alternative pour le recrutement des personnels enseignants), à Kita en 2008. C’est une formation accélérée avec 6 mois de théorie et autant de mois de pratique. Auparavant, il était professeur d’éducation physique, à l’école : Le Soleil. Il a obtenu Bréhima Doumbia le baccalauréat en 2003, série « Science biologique.

Ladji DIABY
https://mussoya.wordpress.com

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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