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    MASA2018 : Les grandes innovations

    vendredi 9 février 2018 , par Assane Koné

    Face à la presse nationale et internationale, le directoire du MASA a fait l’état d’avancement des préparatifs de sa 10ème édition au cours d’une conférence de presse à son siège le jeudi 8 février 2018. De l’intervention menée par le Pr Yacouba Konaté, Directeur général du MASA, plusieurs informations majeures ont retenu l’attention.

    En premier lieu la décision prise par le comité d’administration de changer la dernière lettre de l’acronyme MASA. Ainsi désormais faudra-t-il lire Marché des Arts du Spectacle d’ABIDJAN en lieu et place de Marché des Arts du Spectacle Africain. La raison à cela étant que l’appui de la coopération internationale devenant minoritaire, l’Etat de Côte d’Ivoire et le MASA ont repris les rênes de l’institution au plan financier et organisationnel. De la sorte, s’approprier son appellation et l’événement en lui-même allait de soi.

    Pour autant les relations avec les partenaires usuels sont maintenues. La France à travers l’Institut Français, et l’OIF qui reste le parrain attitré du MASA. A côté de cela le MASA a réactivé ses partenaires historiques que sont la Belgique, le Canada et Québec qui seront représentés à cette 10ème édition à travers des délégations substantielles. Le fait que la Côte d’Ivoire ait désormais la primauté sur son événement se manifestera cette année d’une autre manière encore. « Nous avons décidé, a indiqué le Pr Konaté, d’impliquer davantage les opérateurs culturels qui sont sur le devant de la scène en Côte d’Ivoire. Ils se sont organisé en GIE (Groupement d’intérêt économique) aux fins d’organiser des spectacles de prestige payants. Et si l’expérience s’avère probante, les éditions prochaines capitaliseront cette expérience. »

    Sortir de la gratuité. Une innovation qui matérialise le thème du MASA 2018 qui est : « Quels modèles économiques pour les arts de la scène ? Festivals, troupes et salles de spectacles ». Pour le DG du MASA le but de cette décision est clair : donner une plus-value aux spectacles, mais également activer le levier économique de la culture au profit des artistes, des promoteurs et aussi du MASA. Pour autant, les coûts définis sont loin d’être exorbitants puisque l’achat d’un pass de 5.000 FCFA donne droit aux près de 300 spectacles programmés sur les huit jours que durera le MASA (du 10 au 17 mars 2018). Sauf les spectacles de prestige dont le coût des tickets s’élèvera à 10.000FCFA.

    Concernant les invitations d’artistes, le MASA a procédé à une réduction drastique. Décidant de ne plus payer les billets d’avions des professionnels et des journalistes de l’étranger. Des mesures qui sont loin de porter préjudice à la manifestation puisque 194 professionnels, 107 journalistes internationaux et 260 artistes sélectionnés pour le festival ont accepté de venir au MASA à leurs propres frais. Et, fidèle à sa réputation d’hospitalité, le MASA leur assurera sur place l’hébergement, le déplacement local et la restauration. Seuls les 319 groupes et artistes sélectionnés pour le marché (la sélection officielle) se verront payer leurs billets d’avion.

    Tenant compte de leur rôle central, les organisateurs ont fait le choix de mettre les techniciens au cœur de la programmation, eux qui sont les véritables chefs de plateau et de scène.

    Les échanges avec les journalistes présents ont porté sur les points suivants : la sécurité ; les cachets des artistes sélectionnés pour le marché et le festival ; le budget alloué ; la couverture tous médias confondus. A ces préoccupations, le Pr Konaté a répondu sans langue de bois, rassurant les uns et les autres de ce que ces questions ont été déjà prises en compte par le comité d’organisation. Il a tout particulièrement exhorté les journalistes à s’approprier le MASA pour le faire rayonner à l’international et l’aider à gagner en prestige. « Aidez-nous à faire évoluer ce modèle économique et conforter Abidjan comme plateforme de l’économie culturelle en Afrique et dans le monde », dira-t-il. Des propos qu’appuiera son conseiller artistique chargé de la musique M. Koné Dodo, en demandant aux hommes de média de promouvoir dans leurs productions le MASA, qui est le plus gros événement en Afrique. De sorte à ce qu’il gagne en prestige.

    Les premiers festivaliers arriveront à Abidjan le 26 février 2018 et le festival démarrera deux jours plus tard c’est-à-dire le 28 février à Korhogo, puis parcourra les villes de Bouaké, Yamoussoukro et Tiassalé avec les Arts de la rue, la musique et les animations des scènes locales. La modération de la conférence de presse était assurée par Mme Chantal Nabalema, chef du Service Communication du MASA.

    Yolande ABY
    http://www.fr.masa.ci

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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