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MARIAM KODIO, VENDEUSE DE CHARBON DE BOIS : ‘‘Le respect de la femme dépend de sa volonté et de l’image qu’elle montre ’’

lundi 9 septembre 2019

Dans notre société, la plupart des gens pensent que le rôle de la femme se limite aux ménages. Mais, une femme vaut plus que ça, car elle a toujours pleinement joué sa partition dans le développement du pays. Dans l’interview ci-dessous, Mariam Kodio, vendeuse de charbon de bois à Bamako et pierre angulaire d’une famille de six enfants, parle de sa motivation, ses difficultés et son engagement pour ses enfants.

Présentez-vous à nos lecteurs ?

Je m’appelle Mariam Kodio. J’habite à Niamakoro-Cité Unicef. Je suis veuve avec 6 enfants.

Pourquoi ce métier parmi tant d’autres ?

Je me suis lancée dans la vente du charbon de bois parce que c’est un métier qui m’a plu et c’est mieux que de rester assise à ne rien faire.

Depuis combien de temps faites-vous ce métier ?

Cela fait maintenant 18 ans que j’exerce ce métier.

D’où proviennent vos charbons et qui vous les livre ?

Mes charbons proviennent de différentes parties du Mali. Souvent de Nara ou de Kolondièba. Au départ, c’est moi-même qui allais les récupérer. Mais présentement, ce sont les transporteurs qui me les livrent.

Lorsque vous avez commencé ce commerce, est ce que les prix des taxes sont restés les même ou ont évolué ?

Les difficultés dans ce travail sont énormes. Par exemple, les taxes ne font qu’augmenter d’année en année. Les agents des eaux et forêts nous fatiguent énormément dans la brousse. Chaque fois, ils viennent avec des nouveaux règlements ou des nouveaux tarifs. Au départ, pour faire venir les camions, il fallait payer entre 160 000 et 165 000 F CFA. Aujourd’hui, les règles ont changé. Il faut amener les papiers et ces papiers coûtent 320 000 F CFA.

Est-ce que vous tirez des avantages dans cette vente de charbon ?

Oui. J’en tire pas mal d’avantages parce que j’arrive déjà à subvenir aux besoins de ma famille avec.

Quel appel lancez-vous aux autorités du pays ?

Je demande aux autorités de revoir le prix des taxes qui sont trop chers. Le gain devient minime. Quand j’ai commencé ce commerce, l’argent que j’obtenais par mois comme bénéfice est la moitié de ce que je gagnais en ce moment à cause des taxes. Dans la forêt pour brûler les bois et par la suite obtenir du charbon, il faut embaucher quelqu’un et ce dernier fera ton travail. Ensuite, il faut beaucoup payer pour pouvoir exporter ces charbons et sans oublier les prix des taxes. Il faut vraiment que les autorités nous aident sur ce coup.

Aminata Coulibaly
(Stagiaire)
ARC EN CIEL

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.