Version imprimable de cet article Version imprimable | |

Lutte contre la maltraitance : Le GRADEM renforce la capacité des animatrices

lundi 4 février 2019

Le mardi 29 janvier 2019, Amadou Thiam, Directeur de la Cellule Nationale de Lutte contre le Travail des Enfants (CNLTE), a présidé l’atelier de formation des animatrices des espaces d’éducation pour les jeunes filles aide-ménagères sur la maltraitance, qui doit se tenir du 29 au 30 janvier. C’était au siège du Groupe de Recherche Action Droit des Enfants Mali (GRADEM) à Faladjè. Il a été financé sur les ressources du budget VOICE au Mali.

Cet atelier de deux jours, a pour objectif d’amener les participants à mieux comprendre la maltraitance et à mieux maîtriser le processus et les techniques du suivi et de traitement de cas. Il doit aussi permettre une meilleure gestion des litiges pouvant intervenir durant les procédures et ceux liés à l’exécution des taches de tous les jours dans les espaces.

L’ouverture de l’atelier a enregistré la présence de Antoine Akplogan, Directeur exécutif du GRADEM, de l’Adjudant chef Lamine Traoré, représentant de la Brigade des mœurs et de la Protection de l’Enfant.

L’atelier a regroupé 20 participants dont, 2 animatrices par espaces d’éducation, 2 jeunes filles aide-ménagères, 8 par structures, membre du consortium, 1 agent de la brigade des mœurs de la protection de l’enfant et 1 de la Cellule Nationale de Lutte Contre le Travail des Enfants (CNLTE).

Prenant la parole, le directeur de la CNLTE, a estimé que cet atelier consacré à l’apprentissage aura une valeur historique, mais aussi stratégique et structurelle. Il a rappelé qu’après presque 5 ans, notre pays a fait des progrès indéniables tant dans le domaine institutionnel, du traitement, des soins et du soutien aux salariés. Pour lui cette lutte sera plus facile encore avec la protection des aide-ménagères à l’emploi.

« Ces progrès si louables soient-ils se situent dans le domaine instinctif, juridique, moins noble et plus facile de la lutte » a-t-il constaté.

A l’en croire, dans le domaine du respect des droits humains, particulièrement en matière de lutte contre la stigmatisation et la discrimination, notre pays accuse un grand retard que, seule une bonne connaissance et une maîtrise du sujet des travailleurs domestiques permettront de combler et de booster leurs efforts.

« Le travail que nous allons faire, s’il est appliqué et bien suivi comme nous le demandons uniquement dans notre recommandation, il permettra d’ouvrir les portes de ce savoir à nos jeunes et de propulser notre pays dans le peloton de tête en Afrique subsaharienne », a-t-il estimé. Avant de réitéré que son département ne ménagera aucun effort pour cette cause noble.

Antoine Aplogan a rappelé que la maltraitance des enfants est un problème mondial profondément enraciné dans les pratiques culturelles, économiques et sociales. Parlant des statistiques, il a indiqué que, de janvier 2016 au juillet 2018, 138 cas de violence verbale, 34 cas de violence physique, 91 cas de violence psychologique, 70 cas de rétention de salaire, ont été reçus dans les espaces d’éducation pour jeune fille de commune IV, V et VI avec 11 cas de rupture familiale, 49 cas d’abus, d’exploitation, mariage forcé, réclamation de salaire, rupture familiale. « Ces maltraitances se passent le plus souvent sous silence à cause de la méconnaissance du sujet par les victimes », a-t-il révélé.

Les résultats attendus de cet atelier sont : reconnaître les cas de violence dans les espaces d’éducation, comprendre les typologies de maltraitance, maîtriser les principes et procédures de gestion.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.