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Lutte contre l’extrémisme violent : Des femmes maliennes se mobilisent

mercredi 15 septembre 2021

Depuis 2012, des groupes armés à connotation religieuse et ethnique, ont fait leur apparition sur une bonne partie du territoire malien. Et, depuis des populations au nord comme au centre du pays, et un peu partout sur le territoire national, ont perdu leur quiétude. Dans de nombreuses zones de notre pays, ce jouent de véritables drames humains ». Cette déclaration a été faite par Mme Théra Korotoumou, Directrice exécutive de l’ONG Femmes et Développement (FEDE), le 13 septembre 2021, lors de la cérémonie d’ouverture du Dialogue national organisé dans le cadre du programme « Les femmes contre l’extrémisme violent dans le Sahel ».

Dans le but d’améliorer la compréhension et l’expertise de la dynamique de l’extrémisme violent au niveau national, l’ONG Femmes et Développement et son partenaire l’Institut Américain pour la paix, a organisé du 13 au 15 février 2021, un dialogue national dans le cadre du programme « Les femmes contre l’Extrémisme Violent dans le sahel ». Selon Mme Théra Korotoumou, le programme est initié par l’Institut Américain pour la Paix (United States Institute of Peace). « Il vise à renforcer la capacité des femmes à concevoir des approches communautaires et à influencer les décisions politiques nationales pour la prévention de l’extrémisme violent dans la Corne de l’Afrique et dans le Sahel », a-t-elle ajouté. Avant de préciser qu’au Mali, le programme est mis en œuvre par l’ONG Femmes et développement (FEDE), dans la région de Mopti (commune de Konna) et dans la région de San (commune de San).

Elle a rappelé que « depuis 2012, des groupes armés à connotation religieuse et ethnique, ont fait leur apparition sur une bonne partie du territoire malien. Et, depuis des populations au nord comme au centre du pays, et un peu partout sur le territoire national, ont perdu leur quiétude ». Mme Théra Korotoumou a déclaré que « dans de nombreuses zones de notre pays, ce jouent de véritables drames humains ». Avant de mettre l’accent sur le fait qu’ « une spirale de violences s’y est installée en demeure ». Convaincue que de jour en jour, la violence prend une ampleur dramatique, Mme Théra Korotoumou a rappelé quelques actes concrets de violence. « Les atrocités de masse sont désormais une réalité. Des villages entiers sont pillés, brûlés et ravagés par les milices armées. Leurs habitants sont tués pour leur seule appartenance communautaire. Des femmes sont exposées aux sévices de tout ordre, même au viol. Des enfants devenus orphelins par la force des choses, n’ont plus accès aux écoles. Les établissements scolaires sont fermés par millier. Des citoyens et citoyennes sont arrêtés et exécutés, sur la base de dénonciations ou simplement parce qu’ils sont issus de telle ou telle autre communauté. A ces massacres plus ou moins médiatisés, et dont certains font l’objet d’enquêtes judiciaires, s’ajoutent une multitude de crimes, la plupart du temps passés sous silence », a-t-elle énuméré.

Et, plus grave sur la base d’un rapport d’il y a 7 mois de OCHA, Mme Théra Korotoumou dira que « le contexte sécuritaire continue de se détériorer et se propage progressivement vers les régions du Sud ». « Que faire dans un contexte où l’extrémisme violent semble avoir rencontré un terreau fertile en terre malienne ? », s’est-t-elle demandé. Selon Mme Théra Korotoumou, est ce qu’il faut s’asseoir et croiser les mains, en attendant une hypothétique solution qui nous viendra d’ailleurs ou se lever pour retrousser les manches pour questionner des solutions endogènes ?

Sans forcement s’opposer aux nombreux efforts fournis pour des solutions militaires, politiques et civiles, Mme Théra Korotoumou croit de plus en plus qu’une participation inclusive des femmes dans les processus de stabilisation et de paix pourrait contribuer efficacement à consolider les actions en cours. Et, elle dira que c’est dans ce cadre que l’Institut Américain pour la Paix (United States Institute of Peace) a initié le programme « Les femmes contre l’Extrémisme Violent dans le Sahel », dont FEDE est responsable de la mise en œuvre au Mali dans la région de Mopti (commune de Konna) et la région de San (commune de San).

Huit projets pour assurer une certaine autonomie aux 20 femmes leaders

Elle a indiqué que dans le cadre de la mise en œuvre de ce programme au Mali, depuis février 2021, l’ONG FEDE a entrepris la formation de 20 femmes leaders communautaires, en raison de 10 à San et 10 à Konna). Mieux, elle dira qu’il est prévu de financer pour un montant global de 19 600 000 FCFA, 8 projets, en raison de 4 à San et 4 à Konna, pour assurer une certaine autonomie aux 20 femmes leaders, afin qu’elles s’engagent d’avantage dans les mécanismes de consolidation de la paix.

« Mais, en attendant, après avoir expérimenté les techniques de dialogues communautaires à San et à Konan, le dialogue national qui démarre aujourd’hui pour trois jours, regroupera les vingt femmes leaders partenaires du programme (dix de San et dix de Konna) et les personnes ressources de divers horizons intervenant dans le domaine de la sécurité et la paix », a-t-elle déclaré. Avant d’ajouter que ce sera une belle opportunité d’échange d’expériences avec d’autres femmes du Mali, engagées pour la paix, la cohésion sociale et la réconciliation, sur les méthodes, les techniques et autres stratégies de lutte contre l’extrémisme violent, afin que la paix soit une réalité au Mali. « Le dialogue national aura pour mérite d’améliorer la compréhension et l’expertise de la dynamique de l’extrémisme violent au niveau national », a-t-elle estimé. Pour cela, une série d’activités ont été programmées. Ce sont : une analyse contextuelle du pays de 2012 à nos jours ; les témoignages de quelques participantes ; les exposés/échanges entre participantes et facilitateur et entre participantes ; l’élaboration de supports de plaidoyer et d’un plan d’action.

En sa qualité d représentante de l’Institut Américain pour la Paix, Mme Marie Traoré, au nom du Président de l’Institut Américain pour la Paix, a indiqué que le programme de façon spécifique va aider à accroître la capacité d’un groupe identifié de femmes dans la société civile à concevoir, mettre en œuvre et gérer des programmes susceptibles de prévenir et de contrer l’extrémisme violent. Selon elle, il se propose aussi d’améliorer la compréhension et l’expertise de la dynamique de l’extrémisme violent aux niveaux local, national et régional au sein d’un groupe de femmes identifié. « Dans le but d’améliorer les conditions de résilience des communautés face à la menace de l’extrémisme, le programme a décidé d’accroître la collaboration entre les femmes et les acteurs communautaires concernés aux niveaux local, national et régional », a-t-elle indiqué. Avant d’ajouter qu’il se propose d’informer les responsables politiques locaux et nationaux sur les questions de genre et de l’extrémisme violent.

« Dans notre engagement à mobiliser toutes les énergies pour le développement, nous estimons qu’il faille tout mettre en œuvre pour faire la promotion de la paix. Et, comme l’extrémisme violent menace gravement la paix, la cohésion sociale et réunis les conditions d’une insécurité humaine exceptionnelle, nous avons décidé de sonner le tocsin de la mobilisation contre ce fléau », a-t-elle déclaré.

« Nul n’ a besoin d’épiloguer sur la crise multidimensionnelle que connaît notre pays depuis un certain temps », a indiqué Lassana Coulibaly, du Ministre . Selon lui, la crise, marquée par des actes extrêmes violence, ébranle toutes nos communautés qui vivent constamment avec une peur au-delà de toute imagination. « En cette phase critique de l’existence de notre patrimoine commun qu’est le Mali, il est plus qu’impératif de s’unir et communiquer entre nous afin d’avoir une solution insclusive et définitive pour notre survie », a-t-il déclaré. Avant de saluer l’initiative du dialogue national. Selon lui, elle vient à point nommé car elle contribue à nos activités de dialogue social pour un Mali réconcilié, paisible où règne la cohésion sociale.

Il a rappelé que l’engagement de l’ONG Femme et Développement pour la stabilité du Mali n’est plus à démontrer car elles se battent jours et nuits pour la réconciliation et la paix conditions de stabilité et de prospérité. Au nom de son ministre, il a remercié tous les acteurs qui ont contribué à la tenue de cette activité. Il a fait une mention toute particulière à l’Institut américaine pour la paix qui a bien voulu soutenir le programme « Les Femmes contre extrémisme violent au Mali ».

Bintou Coulibaly

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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