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Histoire écrite de l’Afrique : Le Mali vers la valorisation des manuscrits anciens

mardi 29 juin 2021

« Contribuer au renforcement de la gestion, de la sauvegarde, de l’accessibilité et de la valorisation des manuscrits anciens du Mali, pour améliorer l’accès universel à la connaissance sur l’histoire écrite de l’Afrique et faciliter l’ancrage institutionnel », tel est l’objectif principal d’un atelier national qui a lieu du 28 juin au 1er juillet 2021, au CICB.

Organisé par le Ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, avec l’appui financier de l’UNESCO, de l’Union européenne et de l’Espagne, cet atelier se propose de renforcer les capacités des acteurs pour la sauvegarde, la gestion et la valorisation des manuscrits anciens en capitalisant les résultats des travaux antérieurs au plan national sur les manuscrits anciens, dont ceux de la dernière consultation internationale sur le manuscrits anciens au sahel et le rapport d’étude de l’UNESCO 2020 sur les manuscrits anciens du Mali ainsi que l’expérience en la matière d’autres pays de l’Afrique particulièrement le Maroc, l’Égypte et la Tunisie et l’harmonisation des interventions.

L’atelier doit aussi contribuer au renforcement du cadre législatif, juridique, administratif et institutionnel permettant de définir le rôle et le statut des manuscrits anciens, des collections et bibliothèques, des détenteurs et familles détentrices de manuscrits et de lutter contre le trafic illicite des manuscrits anciens au Mali.

Enfin, l’atelier se propose de faire l’esquisse de document de politique de sauvegarde, de gestion et de valorisation durable des manuscrits anciens du Mali et un plan d’action intégrant les questions législatives et règlementaires ainsi que l’ancrage institutionnel et les stratégies de mobilisation de ressources en faveur des manuscrits anciens.

En plus du Ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, la cérémonie d’ouverture de l’atelier a enregistré la participation de José Hornero Gómez, Ambassadeur d’Espagne au Mali, de Bart Ouvry, Ambassadeur à la Délégation de l’Union européenne au Mali et de Edmond Moukala, Chef de Bureau, Représentant de l’Unesco au Mali.

« De notre point de vue. Aucun effort ne doit être épargner pour la préservation, la gestion, la valorisation et la promotion durable des manuscrits anciens du Mali », a déclaré José Hornero Gómez, Ambassadeur d’Espagne au Mali. Il a expliqué la grande importance des manuscrits pour la connaissance d’un pan de l’histoire mondiale.

Après avoir rappelé que pour l’Union européenne, l’éducation est au cœur du développement du Mali, Bart Ouvry a salué le riche patrimoine culturel pays, dont des manuscrits exceptionnels. Et, comme il fallait s’y attendre, il a rappelé la grande tristesse qu’a vécu le monde en 2012, lorsque une horde de sans loi, s’est attaqué au manuscrits de Tombouctou, l’une des richesses de notre humanité. Il a condamné avec la dernière énergie ces actes de barbaries qui ont causé un préjudice énorme au Mali et à la communauté internationale. Pour l’Ambassadeur de l’Union européenne, c’est une grande chance d’avoir ces manuscrits qui ont une valeur culturelle inestimable. Selon lui, la bonne mise en valeur des manuscrits anciens de Tombouctou par le Mali, pourra être d’un apport considérable à l’économie du pays.

« Les manuscrits anciens du Mali constituent une source importante de savoirs et une documentation unique sur l’histoire écrite de l’Afrique », a indiqué Edmond Moukala, Chef de Bureau, Représentant de l’Unesco au Mali. Il a rappelé qu’en 2020, une étude réalisée par l’UNESCO sur l’état de conservation, de valorisation, d’accessibilité et de diffusion des manuscrits anciens du Mali a prouvé leur présence sur l’ensemble du territoire. « A Tombouctou, ces manuscrits forment un corpus impressionnant d’environ 400 000 documents dont les plus anciens remontent au XIème siècle », a-t-il déclaré.

Avant de rappeler que l’occupation des régions du nord du Mali par des groupes armés en 2021, a engendré la destruction et le vol de 4203 manuscrits anciens précieux au sein de l’Institut des Hautes Etudes et Recherches Islamique- Ahmed Baba de Tombouctou (IHERI-ABT). Il a salué l’ONG SAVAMA-DCI qui a pu à l’époque exfiltrés 22 450 manuscrits de l’IHERI-ABT et 377 491 manuscrits appartenant à plusieurs familles de Tombouctou et sa région, pour les conservés à Bamako.

Suite à cela, il dira que l’UNESCO, grâce à la coopération internationale et aux soutiens des Partenaires techniques et financiers, a mis en œuvre divers projets en faveur de la sauvegarde et de la promotion des manuscrits anciens du Mali de 2013 à nos jours. Selon lui, malgré les efforts des différents partenaires, plusieurs défis restent encore à relever, notamment : la synergie d’action des intervenants, l’accès permanent et universel, le cadre législatif, juridique, administratif et institutionnel des manuscrits anciens.

Il a rappelé que l’atelier vise à renforcer les capacités des acteurs : des Institutions nationales, des bibliothèques privées de manuscrits anciens, des associations et ONG à travers un document de politique et une loi spécifique sur les manuscrits anciens du Mali.

« Qu’il me soit permis, de remercier nos partenaires, l’Union européenne, l’Espagne et l’UNESCO dont les soutiens multiples ont permis l’organisation de cet atelier », a déclaré Andogoly Guindo, ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme.

Il a rappelé que « les manuscrits constituent une composante essentielle du patrimoine culturel du Mali ». Selon lui, de janvier 2012 à avril 2013, l’occupation des régions du nord du Mali par des groupes armés s’est traduite par d’importants dégâts causés au patrimoine culturel du pays y compris les manuscrits anciens. « Les populations de ces régions, sous la domination de groupes armés terroristes, ont vécu, impuissantes, la destruction ou la spoliation des ressources de leur riche et inestimable patrimoine culturel, au nom d’une idéologie et d’une guerre aux contours difficilement perceptibles », a-t-il rappelé.

Selon lui, le présent atelier offre l’opportunité de mener une profonde réflexion, de diagnostiquer les multiples menaces auxquelles les manuscrits anciens du Mali sont confrontés. « Il s’agira au cours de cet atelier de proposer des stratégies adéquates et durables pour leur sauvegarde, leur conservation et leur mise en valeur », a-t-il indiqué. Avant d’ajouter que l’atelier offre également l’occasion d’une prise de conscience de la nécessité et de l’urgence de sauvegarder, de gérer, de valoriser et d’exploiter les manuscrits anciens du Mali à travers l’implémentation d’une politique dont vous définirez les contours au cours de vos travaux.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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