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    Harcèlement Judiciaire des militants de Dynamique Citoyenne à Yaoundé au Cameroun : Le réseau CADTM Afrique condamne

    mercredi 8 mars 2017 , par Assane Koné

    « Le Comité pour l’Abolition des Dettes Illégitimes (CADTM) Réseau Afrique suit régulièrement le harcèlement judiciaire des militants de Dynamique Citoyenne, un mouvement social camerounais dans le cadre de la campagne internationale « Tournons la Page » dont Jean Marc BIKOKO, Coordinateur de la Plateforme d’Information et d’Action sur la Dette (PFIAD) au Cameroun, également membre du Réseau CADTM Afrique est le coordonnateur de cette campagne. Leur seul tort a été de demander qu’une alternance politique soit possible à la prochaine élection présidentielle, prévue 2018 ». Telle est la synthèse d’un communiqué de presse publié par le CADTM Afrique. Lisez !

    Communiqué de Presse Contre le Harcèlement Judiciaire des militants de Dynamique Citoyenne à Yaoundé au Cameroun

    Le Comité pour l’Abolition des Dettes Illégitimes (CADTM) Réseau Afrique suit régulièrement le harcèlement judiciaire des militants de Dynamique Citoyenne, un mouvement social camerounais dans le cadre de la campagne internationale « Tournons la Page » dont Jean Marc BIKOKO, Coordinateur de la Plateforme d’Information et d’Action sur la Dette (PFIAD) au Cameroun, également membre du Réseau CADTM Afrique est le coordonnateur de cette campagne. Leur seul tort a été de demander qu’une alternance politique soit possible à la prochaine élection présidentielle, prévue 2018.

    Pour mémoire, le Sous-préfet de YAOUNDE II, M. Yampen Ousmane en compagnie d’une horde de policiers armés jusqu’aux dents avaient arbitrairement réprimé le 15 septembre 2015 au palais des Sports de Yaoundé le lancement de la campagne internationale « Tournons la Page ». Une campagne citoyenne qui milite pour le respect et la promotion de la démocratie. Alors qu’aucune infraction de la législation sur les manifestations publiques n’avait été commise Neuf personnes dont Jean Marc BIKOKO ont été, arbitrairement arrêtées avec violence. Des coups furent donnés dans tous les sens, les appareils de projection ont été endommagés, les caméras et les téléphones des participant-e-s et des journalistes arrachés. Les personnes arrêtées ont été soumises à une garde-à-vue administrative de 15 jours renouvelables avant d’être libérées une semaine plus tard, elles devraient comparaître lors de l’audience du 28 octobre 2015 au Tribunal de Première Instance de Yaoundé pour « rébellion et manifestation illégale ».

    Le camarade BIKOKO, son épouse et ses enfants, ses proches et tous ses collaborateurs font l’objet d’arrestations, des intimidations de toutes sortes et des menaces de mort de la part du régime de Paul Biya. A titre d’illustration, son domicile a été volontairement et criminellement incendié le 26 juin 2016 à 01heure du matin par un inconnu lequel a causé des dégâts matériels considérables sans perte de vie humaine.

    En outre, le 01 octobre 2015, le Sous - Préfet de l’Arrondissement de Yaoundé IV, Martin Locko Motassi, par la décision n° 45/D/J06 04/SP, a interdit la réalisation des activités de l’ONG Dynamique Citoyenne dans le cadre de la campagne internationale « Tournons la Page. La décision d’interdiction est arrivée alors que Dynamique Citoyenne tenait une réunion en prélude à la tenue d’une conférence de presse au siège de la plate-forme d’organisations de la société civile située au quartier Anguissa, annulant du coup cet échange avec la presse.

    D’après la décision de l’autorité administrative, le motif de cette annulation est que cette « réunion » que devait tenir la plate-forme d’organisations de la société civile (OSC) « n’a pas été déclarée » et est de nature « à porter gravement atteinte à l’ordre public ».
    Depuis lors, le procès des membres de Dynamique Citoyenne a été sans cesse repoussé dans le but d’essouffler le mouvement pour l’alternance démocratique au Cameroun. Mais la défense des droits humains ne peut pas avoir deux poids deux mesures, sous prétexte de ne pas heurter un dictateur en place depuis plus de 34 ans, une longévité au pouvoir qu’il doit justement à la France.

    Nous demandons en conséquence au président camerounais Paul Biya que cessent ces intimidations et ces harcèlements à l’encontre de ces militants pour la démocratie et les libertés au Cameroun, et au Ministère public que soient abandonnées les charges qui pèsent à leur encontre.

    Fidèle à ses principes de promotion et de défense de la justice sociale et économique, le Réseau CADTM Afrique condamne fermement ce harcèlement judiciaire :
    1. Exprime sa solidarité totale à Jean Marc BIKOKO et l’ensemble des militants-es et à celles ou ceux qui subissent les intimidations et de tracasseries judicaires à tort ;
    2. Invite toutes les organisations de défense des Droits de l’homme, les politiques, la Société civile au Cameroun, en Afrique et partout dans le monde, à se mobiliser pour leur libération et mettre fin aux atteintes graves aux libertés individuelles et collectives des citoyens ;
    3. Demande l’audit citoyen de la dette du Cameroun pour l’annulation totale et inconditionnelle des parties jugées illégitimes, illégales, odieuses et insoutenables.

    Le Groupe de Coordination du CADTM Afrique

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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