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Festival international de Sélingué urban et mode : Le Kanaga de Mopti enflamme les berges du Sakarani

dimanche 8 avril 2018

Devenue une date incontournable dans le calendrier culturel malienne, la 7ème édition du Festival international de Sélingué urban et mode, a lieu à Sélingué du 5 au 7 avril 2018. Dans le cadre de cette manifestation, les organisateurs ont concocté un programme très attrayant. Le premier acte de ce programme a été le concert live du 5 avril 2018. Bibi Samaké et les magiciens, le Groupe Ko Saba et l’orchestre Kanaga, ont tenu le public en haleine, dans une soirée qui a duré au moins 3 heures de temps.

Comme inspiré par le nouveau site des concerts, l’Orchestre Kanaga de Mopti, bien rajeuni , a démontré que la transition entre les anciens, a été une réussite exceptionnelle dans la Venise malienne. Et, comme le phœnix, le Kanaga est né de ses cendres. Il a survolé par son talent, la première nuit des concerts live.
Dans un jeu d’orchestre bien maîtrisé par les musiciens qui assurent pleinement la relève du côté de Mopti, le leader vocal du groupe, en fin connaisseur du Mali, a décidé d’inviter les festivaliers à un tour musical du Mali. Du peulh au Targui, en passant par le Bobo, le Bozo et le Dogon, les festivaliers ont été invités à apprécier la maîtrise des rythmes, chants et pas de danses des airs culturelles susmentionnés. Quant on associe à cela, le recours à la technique de l’alliance à plaisanterie entre les ethnies et les noms de familles, le Kanaga, en plus de faire danser les festivaliers, a su fouetter leur égo pour les inviter à se ressourcer de façon permanente dans ce qu’on a de plus cher : la culture malienne riche de sa diversité.
Pour cette première soirée, en plus du Kanaga, le plus de Sélingué a eu l’opportunité d’apprécier les prestations de Bibi Samaké et son groupe les magiciens et le Groupe Ko Saba. Ce fut une soirée de découverte de talents montants de la musique malienne. Chaque groupe dans son style particulier, mais tous avec une forte dose de cette musique particulière qui fait résonner la culture malienne, au-delà des frontières maliennes et africaines, ont rivalisé d’ardeur pour enflammer les festivaliers.

Comme le hasard fait bien souvent les choses, tous ces deux groupes ont proposé des morceaux inspirés du patrimoine national : le « kôrèdougafoli » ou la musique des kôrèdouga. Les kôrèdouga, ces bouffons qui tournent la vie en dérision, utilisent la technique de la comédie populaire pour assener certaines vérités qui ne peuvent se dire autrement. Et, le groupe Ko Saba l’a bien fait. La lead vocal du groupe, dans un bambara limpide comme l’eau de roche, sûrement en rapport avec la situation actuelle du Mali, a eu les mots justes pour dire « Kèlètchè ou bana » ou les guerriers sont devenus rares au moment où les guerres frappent à nos portes. Mais, en le disant sur un rythme de la musique des kôrèdouga, cette vérité passe mieux chez tous. D’autant plus qu’elle ne se fera pas prier de dénoncer les déviation de la décentralisation au Mali, dans un contexte démocratique que de nom.

Mais, avant la prestation de ces trois groupes, dont les deux derniers doivent désormais compter dans le paysage très sélectif de la musique malienne d’inspiration traditionnelle, la programmation a eu l’intelligence de proposer aux festivaliers une dizaine de jeunes qui ont décidé de s’installer dans la pratique du Rap du côté de Sélingué. Ils ont du talent pour certains et feront bientôt parler d’eux pour d’autres, mais le public a aimé cette approche qui fait la promotion des artistes locaux.

Aussi, après le concert, les festivaliers, dans un mouvement qui ne demande pas plus de 100 pas de marche, ont eu le privilège de constater qu’une boîte de nuit à ciel ouvert, les y attendait. Et certains s’y sont laissés surprendre par le levé du jour. En sommes, cette première du Festival International de Sélingué annonce une très belle édition.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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