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FRUITS ET LEGUMES : Les poisons qui nous viennent du Maroc

mercredi 22 juin 2022

Et, si le contenu de nos assiettes expliquait la plupart de nos maladies ? La question mérite d’être posée. Pour la simple raison qu’il n’y a plus de doute, la plupart des bamakois par méconnaissance sont devenus des grands consommateurs des OGM de fruits et de légumes. Dans le cadre des activités de la Quinzaine de l’environnement, la révélation a été faite par le laboratoire de Biologie moléculaire appliquée et le Laboratoire national de Biosécurité, sous la direction du Professeur Ousmane Goïta.

Il y a de cela bientôt 15 ans, des maliens et non des moindres s’étaient mobilisés contre l’introduction des Organismes génétiquement modifié (OGM) ou Organismes vivants modifiés (OVM). Et, c’était à juste raison. Aujourd’hui, tout porte à croire que notre pays n’a pas la capacité ou la volonté de protéger sa population. Mais, encore plus grave, il ne fait rien pour éviter la contamination de nos semences ancestrales ou de nos semences améliorées mis au point par nos chercheurs nationaux.

Si non comment comprendre que des produits agricoles en provenance de certains pays étrangers rentrent au Mali sans aucun contrôle. Est-ce le fait de la corruption de ceux qui sont chargés de faire les contrôles nécessaires, ou bien c’est parce que l’Etat ne leur a pas donné les moyens pour le faire à hauteur de souhait. Ou, c’est tout simplement la combinaison des deux raisons qui fait que le Mali et les Maliens soient aujourd’hui exposés aux OGMs qui nous viennent d’un peu partout du monde.

Si, jusqu’à une époque récente, il y a avait un doute sur le fait que les OGM ont envahi les marchés maliens, aujourd’hui le doute n’est plus permis. Une étude conduite par des chercheurs maliens vient de dissiper le doute. Et, elle affirme qu’il y a belle et bien des OGMS de fruits et légumes qui sont vendus sur nos marchés. Et, que dire des autres produits de grande consommation qui n’ont pas été analysés.

Le laboratoire de Biologie moléculaire appliquée et le Laboratoire national de Biosécurité, dans le cadre de la 23ème édition de la Quinzaine de l’environnement, sous la direction du Professeur Ousmane Goïta, ont levé un coin du voile d’une étude actuellement en cours, mais dont les résultats déjà obtenus, sont suffisamment graves pour qu’on les passe sous silence.

« Au cours de ces deux dernières années, nos résultats indiquent qu’il existe une circulation des OGM de fruits et de légumes dans la ville de Bamako », nous indique l’étude dont les résultats feront bientôt l’objet d’une thèse de doctorat. Et, comme pour mettre un accent sur la gravité du problème, les chercheurs ont tenu à préciser que : « ces résultats ne concernent que 3 des 6 communes du district de Bamako ».

Aujourd’hui, sans risque de se tromper, l’on peut affirmer que des OGM de fruits et légumes sont consommés par des maliens à leur insu à travers les circuits de commercialisation. Ce sont : le piment hindou en provenance de l’Inde, des oranges en provenance du Maroc, la banane de la Côte d’Ivoire, le choux violet d’une origine inconnue, le poivron du Maroc, le melon d’Afrique du sud, les petites tomates et des tomates du Maroc.

Selon des chercheurs maliens, 8 échantillons sur les 62 échantillons prélevés sur des marchés, des supers marchés et des points de vente des Communes 2 et 5, après analyse, se sont révélés être des OGMs.

La moitié des échantillons qui se sont révélés OGM sont du Maroc

En commune 2 et en commune 5 du district de Bamako, il y a de fortes chances que les fruits et légumes consommés par les populations soient des OGM. En tout cas les résultats des échantillonnages effectués par les chercheurs maliens dans ces deux communes se sont révélés être des OGMs.

Plus grave, l’étude a révélé que 50% de ses fruits et légumes proviennent du Maroc, 12,5% de l’Afrique du Sud, 12,5% de l’Inde, 12,5% de la Côte d’Ivoire et 12,5% sont d’une origine inconnue.

Les résultats pourraient être beaucoup plus importants, et l’ampleur des dégâts incommensurable, pour la simple raison que c’est un petit échantillonnage qui a été fait dans trois communes de Bamako. Sûrement à l’échelle de toute l’étendue du district, l’on allait avoir d’autres résultats beaucoup plus inquiétants.

Et, comme la science n’a pas fini de cerner les dégâts possibles des OGMs, la prudence serait conseillée pour éviter de grosses surprises dans l’avenir. Notre pays devait être beaucoup plus regardant sur l’importation de certains produits de consommation.

Et, si cela expliquait nos maladies inexpliquées ?

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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