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FIWA 2021 : Quand la culture devient un facteur de rassemblement et de cohésion à Yanfolila

jeudi 15 avril 2021

La cohésion nationale, l’unité et l’entente entre maliens, sont en passe de devenir des denrées rares au Mali. De telle sorte que, la présence de la quasi-totalité des filles et fils cadres maliens originaires du Wassulu, ne pouvait pas passer inaperçue lors de la 4ème édition du FIWA. Et, cela a été salué par la célèbre artiste de la musique malienne Oumou Sangaré. C’était lors de la cérémonie d’ouverture de l’édition 2021 du FIWA qui devait se tenir du 8 au 10 avril 2021.

Bien que la 3ème nuit de concerts, prévue pour la nuit du samedi 10 avril 2021, n’ait pas eu lieu, il faut reconnaître que les deux premières nuits (Jeudi 8 et vendredi 9 avril 2021), ont convaincu du grand potentiel de cette manifestation, qui était à sa 4ème édition cette année.

Au moment, où les artistes s’apprêtaient à monter sur scène pour le concert de la soirée du vendredi 9 avril 2021, une nouvelle des plus surprenantes arrive du côté de Bamako. Le Conseil national de la défense, dans le cadre de la lutte contre la COVDI-19, a décidé de suspendre toutes les festivités et autres manifestations pour une durée de 15 jours à compter du 9 avril 2021. Avec cette décision, artistes, festivaliers et organisateurs, venaient de comprendre qu’il n’y a avait aucune possibilité d’organiser la dernière nuit du festival. Et, comme un seul homme, l’on a eu l’impression qu’ils ont décidé de se donner à fond pour boucler une édition du FIWA, selon Oumou Sangaré, qui était menacée, n’eut été l’engagement de Mme Kadiatou Konaré, ministre de la culture, de l’artisanat et du tourisme.

Et, dans la logique de soutien à Oumou Sangaré et à toute la population de Yanfolila et environ qui se mobilisent depuis 4 ans pour la réussite du FIWA, Mme le Ministre de la Culture, de l’artisanat et du tourisme, accompagnée d’une forte délégation, a présidé la cérémonie d’ouverture de l’édition 2021 du FIWA. « Nous sommes venus soutenir l’artiste international Oumou Sangaré, initiatrice de ce festival, mais aussi salué tout l’apport de Wassulu à la culture musicale du Mali, à travers des artistes de renommée internationale », a indiqué en substance Mme le ministre.

Catalyseur de l’union et de l’unité des filles et fils du Wassulu

« Nous avons initié cette manifestation pour contribuer au développement du Wassulu. Et, comme le développement ne peut se faire sans union et unité, nous avons pris notre bâton de pèlerin pour la mobilisation de toutes les filles et fils du Wassulu. Ce soir nous sommes heureux de saluer la présence de tous les cadres du Wassulu au FIWA ». Ces propos ont été tenus par Oumou Sangaré. Très émue, elle a déclaré que l’objectif de ce festival c’est d’unir tout le Wassulu pour la construction du terroir.

Pour Oumou Sangaré, en plus de la mobilisation des ressortissants du Wassulu dans une cohésion sociale exemplaire, le FIWA doit être un espace de promotion économique, à travers l’exposition du savoir faire et des attraits touristiques du cercle.

Conformément à l’objectif de la manifestation qui veut joindre l’utile à l’agréable, les initiateurs ont pris les dispositions pour l’organisation d’une foire commerciale où est mise en valeur le savoir faire des artisans de la localité et ceux venus d’ailleurs.

Et, comme pour dire que Oumou Sangaré est sur la bonne voix en termes de promotion de son « fatherland », Kader Tounkara, un malien qui résiderait à Washington depuis 30 ans, a accompagné Guy Jocker, pour remettre à Oumou Sangaré, une distinction du Maire de New-York, pour saluer son engagement pour la promotion de l’entente entre les peuples du monde. « Nous saluons ses messages de paix et d’union qu’elle dissémine un peu partout dans le monde », a déclaré Guy Jocker.

« Il est temps que Wassulu puisse bénéficier des retombées liées aux talents de ses filles et fils », a déclaré Mme Sidibé Rokya Diakité, Maire de la Commune de Wassulu Balé. Et, pour donner un écho aux propos de Madame le Maire, des jeunes de 8 à 18 ans, dans une chorale sous la direction du Mestro Massambou Wélé Diallo, ont rappelé à qui veut l’entendre qu’ils sont engagés pour le développement de leur localité.

Des milliers de spectateurs pour deux nuits de concerts

Il n’y a aucun doute. Avec une parfaite maîtrise de l’organisation de l’évènement, les initiateurs du FIWA pourront l’inscrire parmi les grands festivals du Mali. Le potentiel de développement de cet évènement est énorme.

Déjà, en termes de nombre de participants, cet évènement n’a rien à envier à d’autres évènements du même type au Mali. Sans être exceptionnellement touristique, le site du festival dégage un attrait particulier avec l’hôtel de Oumou Sangaré, fait de cases rondes avec des toits rouges. Un autre avantage, quelque soit le nombre des participants, il n’y a aucun risque d’un accident, tant l’espace est vaste.

Et, c’est dans cet espace situé à environ 2 km 500 de la ville de Yanfolila, durant deux nuits, des artistes ont rivalisé d’ardeur pour faire danser les milliers de festivaliers venus d’un peu partout. Mais, pour le gros lot de Yanfolila et environ. Et, du coup, faire venir le maximum de bamakois et des étrangers sur l’évènement, devrait être un défi des organisateurs.

Mais, en attendant, les festivaliers qui étaient à Yanfolila ont pu apprécier dans la soirée du jeudi 8 avril 2021, des prestations de Sigui et de Sogonikun. Ensuite les groupes de Modibo Diabaté, de Maïmouna Soumounou et de Paye Camara, se sont succédés sur la scène.

Dans la nuit du vendredi 9 avril 2021, après un « didadi » bien conduit, Mamou Kalana a eu l’opportunité de faire apprécier son talent. Ce fut ensuite le tour de Van Guitare de nous rappeler ses belles mélodies dans des rimes dont il est le seul à en avoir le secret. Arby le succès a impressionné avec sa belle voix. Djoss Saramani y a moralisé la jeunesse qui doit faire face à de nombreux défis.

Mais, de tous ces artistes programmés, nous avons été, en même temps que le public, impressionné par la prestation de Adama Sidibé, le violoniste peul. Avec une bonne maîtrise du jeu du violon, ce jeune artiste peul est parvenu à faire danser les milliers de festivaliers. Et, pour boucler la boucle, la célèbre Oumou Sangaré en signe d’apothéose est arrivée sur la scène aux environs de 2 heures du matin.

Talent, voix et mélodie. Toutes les qualités de Oumou Sangaré ont été mises à contribution pour dire merci aux milliers de festivaliers qui ont fait le déplacement. A dire vrai, le gros lot des festivaliers de cette soirée de vendredi était venu pour voir Oumou Sangaré. Pour preuve, le public est resté jusqu’à la fin de sa prestation, au petit matin. Et, il avait raison. Pour leur plaisir, Oumou Sangaré a revisité son riche patrimoine.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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