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FESPACO 2019 : Le président du Faso donne le coup d’envoi de la 26e édition

mardi 26 février 2019

C’est au stade Youssouf Joseph Conombo que le chef de l’Etat du Faso, Marc Christian Kaboré a donné le coup d’envoi de la 26e édition du Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (Fespaco). Cette édition coïncide avec les 50 ans du Fespaco.

Dans la loge officielle, le Président du Faso avait à ses côtés plusieurs ministres de la culture de la sous-région, et ceux du Cameroun, et du Rwanda, pays invité d’honneur. Parmi les ministres ouest africains, figurait le ministre malien de la Culture, Mme Ndiaye Ramatoulaye Diallo. On notait également la présence de la première présidente de la commission d’organisation du Fespaco en 1969, Mme Alimata Sananberé.

Cette dernière, a rendu un hommage mérité aux pionniers du Fespaco sans lesquels le festival n’allait avoir le succès escompté. Le même hommage a été rendu au président Aboubacar Sangoulé Lamisana qui, à ses dires n’a pas lésiné sur les moyens pour l’avènement du Fespaco.

Selon elle, le Fespaco est arrivé à la croisée des chemins. Elle amis l’accent sur l’exploration de sources de financements additionnels pour accroître les ressources pour le développement de la manifestation.

Cet appel n’est pas tombé dans l’oreille de sourd. Le président de la Commission de l’Union Africaine, a annoncé que son organisation a crée un fond pour financer le cinéma africain. Il a exhorté la Fepaci a joué pleinement son rôle auprès de l’UA afin que le fonds puisse être une réalité.

Le ministre de la Culture du Burkina, le président de la Commission d’organisation du Fespaco, ont à leur tour félicité et rendu hommage aux pionniers du Fespaco toutes générations confondues.

Pour l’édition 2019 du Fespaco, ce sont 165 films, toutes catégories confondues, qui sont retenus pour la compétition. Ils sont repartis dans 7 catégories que sont les longs métrages de fiction, les courts métrages, la compétition documentaire long métrage, la compétition documentaire court métrage, les séries, les films des écoles et les films d’animation.

Parmi les films de fiction long métrage en compétition figure « Barkomo » (la grotte) de nos compatriotes Aboubacar Bablé Draba et Boubacary Ombotimbé.

La nouveauté cette année est que la 26ème édition du Fespaco placée sous le thème : « Confronter notre mémoire et forger l’avenir d’un cinéma panafricain dans son essence, son économie et sa diversité », coïncide avec la célébration des 50 ans d’existence du festival.

En effet, c’est en 1969 à Ouagadougou à l’initiative d’un groupe de cinéphiles, dont notamment François Bassolet, Claude Prieux (directeur du Centre culturel Franco-Voltaïque) et Alimata Salembéré qui en a été la première présidente de la Commission d’organisation, en 1969 et 1970 que le premier festival de Cinéma Africain de Ouagadougou a vu le jour. La manifestation se déroule du 1er février au 15 février 1969. Cinq pays africains y sont représentés : le Sénégal, la Côte d’Ivoire, la Haute-Volta (actuel Burkina Faso), le Niger et le Cameroun mais également la France et les Pays-Bas. 24 films, dont 18 africains, y ont été présentés. Ce premier rendez-vous draine alors 10 000 spectateurs. Et de cette date a aujourd’hui que d’eau a coulé sous le pont. Bref, dès les années 1970, les cinéphiles africains ont manifesté leur espoir de voir le cinéma africain imposer ses marques.

Malgré les difficultés

La manifestation a évolué dans tous ses compartiments. Et a même changé de nom. De la semaine du cinéma africain de Ouagadougou, la manifestation a été rebaptisée en devenant le Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (Fespaco). Des reformes majeurs ont même été par la suite introduites.

Si au premier moment l’écho du Fespaco mobilisait timidement les cinéphiles et les partenaires, de nos jours, il est devenu le plus grand carrefour des professionnels des cinémas d’Afrique et d’ailleurs.

Cinq décennies après, le Fespaco, malgré les difficultés financières, est aujourd’hui la vitrine du cinéma africain. Tous les cinéastes du continent rêvent de voir leurs films dans la compétition officielle ou à défaut être projeté en off.

D’édition en édition le Fespaco confirme ses objectifs qui visent la promotion du cinéma africain.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le cinéma africain s’est enraciné au fil des temps à véhiculer la culture africaine. « Il joue un rôle de catalyseur dans la valorisation de l’identité africaine car dans la majorité des cas, c’est un cinéma qui conscientise, éduque et interpelle le public sur les bonnes mœurs ».

Outre la première responsable de la Culture du Mali, ont effectué le déplacement de Ouagadougou, le directeur général du Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM), Modibo Souaré à la tête d’une forte délégation de cinéastes, comédiens, techniciens maliens.

Mamadou Sidibé
(envoyé spécial à Ouagadougou)

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.