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FANTA DIAKITE, TEINTURIERE : « La beauté d’une femme n’est pas que physique, elle réside aussi dans l’habillement »

lundi 9 septembre 2019

Au Mali, la teinture est de plus en plus utilisée. Ceci est remarquable grâce au « Dali-fini », au « Bogolan » et au « Bazin ». La teinture est devenue une véritable œuvre d’art, une mode pour les femmes, les hommes et les enfants. Nous avons approché Fanta Diakité teinturière qui a accepté de répondre à nos préoccupations.

Arc-en-ciel : présentez-vous à nos lecteurs !

Fanta Diakité  : Je me nomme Fanta Diakité, mariée sans enfant, j’habite à Boulkassonbougou.

Depuis quand vous faites la teinture et comment vous êtes venues dans le métier ?

Cela fait maintenant plusieurs années que je fais la teinture et j’ai commencé en tant qu’apprentis. Je n’ai pas été loin dans les études. Je n’avais pas de travail, donc je faisais de la tresse. Quand nous avons déménagé dans notre nouveau quartier, je ne connaissais personne au début. Mais, après je me suis faite une amie et cette dernière m’a dit d’aller apprendre la teinture chez eux et c’est-là que tout a commencé.

Vous avez combien d’employées ?

En ce moment le marché est lent. Au départ j’avais jusqu’à 12 employées. Avec la situation actuelle, je n’ai que 5 personnes. Mais, je ne prends pas les 5 à la fois souvent 3 ou 2.

Qui sont vos potentiels clients et est ce que vous tirez des profits ?

Mes potentiels clients étaient les commerçants qui sont au grand marché. Je leur envoyais les Bazins teints, mais avec la venue du nouveau Bazin de 10 000 F, tout a changé. Du coup, je travaille que sur commande. Je rends grâce à Dieu parce que j’arrive à subvenir à mes besoins et à ceux de ma famille. Le métier me permet de vivre et de faire face à mes dépenses.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confronté ?

Les agents de la Mairie me fatiguent trop, avec leur histoire de payer les taxes et même les impôts. Ça fait un certain temps que je ne paye pas mes impôts à chaque fois qu’ils viennent, je les envoie balader parce que le marché est lent. Toute fois, je paye mes taxes à la Mairie.

Vous êtes exposées à la vapeur de ces produits, quelles sont les mesures que vous adoptez vous ne pas tomber malade ?

Je demande à mes employés de s’éloigner un peu pour ne pas qu’ils tombent malade. Vous savez, exercer cette profession nécessite certains moyens. Malgré les conditions assez difficiles, je fais ce qui est possible pour les travailleurs en termes de protection pour leur santé.

Quels conseils donnez-vous aux femmes au foyer qui sont à la maison ?

Je demande à toutes les femmes de faire quelque chose pour s’occuper, car il n’y a pas de sot métier. Rester assises à ne rien faire et demander tout le temps de l’argent à son mari, amènera des disputes. Chose qu’on peut éviter si on s’adonne à un métier lucratif.

Aminata Coulibaly
(Stagiaire)
ARC EN CIEL

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.