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DECENTRALISATION AU MALI : Le Conseil national de la société civile veut rétablir la confiance entre les citoyens et les élus

lundi 11 novembre 2019

« Instaurer la confiance entre les citoyens et leurs élus communaux par la restitution des budgets communaux », est l’objectif que s’est assigné le Conseil national de la société civile pour renforcer le processus de décentralisation du pays.

Convaincu que « la Redevabilité est un élément du contrat social », le Conseil national de la société civile, en partenariat avec la cellule d’appui à la réforme des finances publiques (CARFIP), a initié avec la Mairie de la Commune I, la restitution du compte administratif 2018 et la présentation du budget 2020.

Le 31 octobre 2019, la Salle de délibération de la Mairie de la Commune I du District de Bamako, a connu une animation particulière. Sur invitation du Conseil national de la société civile de la Commune I, de nombreux habitants se sont mobilisés pour être les témoins de la restitution du compte administratif 2018 et la présentation du budget 2020.

Oumar Togo, 1er adjoint au Maire de la Commune I, accompagné de plusieurs conseillers municipaux et du régisseur de la Mairie, ont pris une part active à cette rencontre, comme pour montrer leur engagement pour de telles initiatives.

« Depuis quelques années, le Conseil national de la société civile s’est engagé dans un partenariat avec la cellule d’Appui à la réforme des finances publiques (CARFIP), afin de contribuer à l’amélioration de la participation, de la transparence et de la réédition de comptes dans la gestion des politiques publiques au Mali, dans l’espoir d’impulser le développement à la base et réduire la pauvreté », a indiqué Mme Barry Aminata Touré, Présidente du Conseil National de la société civile de la Commune I.

Selon elle, l’un des objectifs fondamentaux du processus de la décentralisation est la promotion du développement local à travers le renforcement de la démocratie en général et de la gouvernance locale en particulier. « Dans ce dispositif, les autorités locales jouent un rôle de premier plan », a-t-elle déclaré. Avant de mettre l’accent sur le fait que le transfert de compétences consacre le principe de la gestion par les collectivités territoriales des attributions légales qui leur sont reconnues en vue d’une meilleure prise en charge des préoccupations.

« Toutefois, ces autorités locales se trouvent confrontées à des contraintes d’ordre financier, politique et institutionnel ne leur permettant pas de répondre aux attentes légitimes de leurs populations », a indiqué Mme Barry. Selon elle, cette situation peut compromettre le processus de la décentralisation et retarder considérablement le développement local espéré. En guise de solutions, elle propose le développement de nouvelles stratégies, notamment le renforcement de la gouvernance locale en créant un cadre de dialogue et de concertation entre les autorités locales représentées par le Conseil communal et les populations dans leur diversité.

Pour Mme Barry, cet échange permettra de concrétiser l’objectif de redevabilité nécessaire à l’instauration de la confiance au niveau local. « Il faut briser le mur de méfiance que l’on observe le plus souvent entre les élus locaux et leurs mandants », a-t-elle déclaré.

C’est dans cette logique que Mme Barry dira que le Conseil national de la société civile, dans la mise en œuvre du PREM, a initié une série de dialogues intercommunautaires pour renforcer la gouvernance locale et créer des conditions idoines de développement participatif et durable au niveau communal.

Dans son action, le Conseil national de la société civile a installé des comités de veille citoyenne dans 100 Communes à travers le pays.

Oumar Togo, 1er adjoint au Maire de la Commune I, a salué l’initiative du Conseil national de la société civile. Selon lui, elle est de nature à créer un cadre de dialogue entre les élus communaux et leurs administrés.

Effectivement, ce fut le cas. Des habitants de la commune I ont tenu à entendre le Conseil municipal sur plusieurs de leurs préoccupations. Et, la sempiternelle question du ramassage défectueux des ordures est revenue sur la table. En plus de plusieurs routes de commune qui attendent depuis des années d’être bitumées pour soulager la douleur de la population, des habitants de Sikoroni ont tenu à dénoncer le fait qu’ils payent l’éclairage public depuis des années sur leurs factures d’EDM, malgré le fait que leur quartier s’est installé dans l’insécurité à cause de l’absence de lampadaires.

Du côté de la Mairie, les représentants du Conseil municipal à la rencontre ont laissé entendre que les populations ne payent pas la TDRL et de telle sorte que la Mairie manque permanent de ressources pour faire face à ses obligations.

Mais qu’à cela ne tienne, le régisseur est intervenu pour lever le voile sur le compte administratif 2018. Selon lui, en termes de ressources, la Mairie de la Commune I a mobilisé la somme de 2 409 142 105 FCFA et a dépensé 2 412 460 057 FCFA.

En ce qui concerne 2020, il a annoncé que la Mairie a prévu un budget de 4 541 954 170 FCFA de ressources et le même montant en dépenses.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.