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Collision politique/Religion : une régression pour le Mali

lundi 22 avril 2019

Chers concitoyens, une observation de l’actualité politique des derniers jours m’amène au constat suivant. Les chefs politiques au Mali à quelques exceptions près, respectent peu le malien duquel il tire sa substance et son pouvoir. Le dernier voyage des partis politiques de l’opposition auprès du Chérif de Nioro en dit long.

Je pense que les intellectuels patriotes, les politiques libres, les Universitaires, les chercheurs, les Hommes de culture, les Étudiants doivent dénoncer, refuser l’inacceptable qui est entrain de prendre forme sous les yeux de tous, il s’agit de la collision politique-religion dans notre pays : les chefs de partis politiques - surtout candidats - vont prendre des engagements qui, une fois élu, lient après le fonctionnement normal des Institutions de la République. Le Mali est certainement à plus de 80% musulmans, il n’en demeure pas moins un pays laïc. Il ne s’agit pas de dire qu’un croyant ne doit pas parler de politique, mais ne doit pas faire la politique.

Les maliens doivent prendre le recul nécessaire pour réaliser que cette collision n’est pas dans l’intérêt du pays mais de quelques individus. Est-ce que c’est cela que nous chérissons pour le Mali, du moins ce qu’il en reste ???

En effet, ils sont convaincus, ces hommes politiques, que les gens ne font pas la part des choses, et c’est pour cette raison qu’ils pensent pouvoir tirer avantage de tout et sans scrupule.

Si non comment comprendre que des chefs de partis politiques de l’opposition tambour battant se rendent auprès du chérif Bouyé Haïdara, dans ce contexte si trouble. Nous n’avons pas besoin de savoir ce qu’ils se sont dit à Nioro, mais par cet acte ils viennent de briser le peu d’espoir qu’on pouvait attendre d’eux quant à la séparation du politique et du religieux. Je vais du principe qu’ils ont considéré IBK pour le modèle et la référence, ainsi puisque lui l’avait fait pour avoir le pouvoir, pourquoi devrions nous nous en priver, ainsi donc blanc bonnet, bonnet blanc, du coup ce reproche à IBK tombe.

Les histoires d’argent aux religieux circulent encore sur les réseaux sociaux, de même que les aveux et désaveux religieux et candidats aux élections. Pourquoi ces exemples malencontreux ne servent pas nos politiques ? C’est tout simplement ahurissant, décevant et désobligeant. Quelle confiance avoir dans des hommes politiques qui utilisent tous les moyens et toutes les combines pour bousculer afin de s’installer ?

L’opposition ne peux pas se mettre de faire ce qui est reproché à IBK, c’est à dire interférer le religieux dans la politique et espérer la confiance du peuple malien, ça ne fait pas sérieux et ces politiques doivent respecter au moins la dignité du malien lorsqu’ils bafouillent sans cesse son intelligence et son esprit critique. Ces politiques doivent arrêter de prendre le malien juste pour escalier, trop c’est trop !

L’observateur le moins critique comprend que le premier objectif de ces hommes politiques ces temps-ci est de conjuguer et faire conjuguer tous les efforts sains et malsains pour arriver à la démission du PM SBM et son gouvernement.

Puisqu’il n y a que les religieux par qui ça pourrait marcher - immixtion du religieux dans la politique ou pas ils s’en foutent, l’important est de parvenir à leur fin, mais un adage dit " si tu creuses une fosse pour ton ennemi, élargi le diamètre, car on ne sait jamais".

Ces chefs de partis politiques sont entrain d’enterrer la démocratie et avec, le quatrième pouvoir qui soutend les trois autres. Tout le monde le sait, lorsque rien ne va c’est le pouvoir religieux qui vient pour tenir la charpente afin qu’elle ne s’écroule. Si aujourd’hui l’avidité des acteurs politiques et le nombrilisme fait perdre cette opportunité, que dirons nous aux générations futures et à l’histoire.

Ne condamnons pas le Mali pour ce qui en reste. Travaillons pour le Mali et sortons des calculs personnels étriqués et égoïstes.

Mais les patriotes doivent se dresser comme un seul homme pour dénoncer cette reculade grave pour le Mali.

Ismaïla Maiga dit Bacho

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.