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Ciné-à-Dos 2019 : L’artiste Awa Maïga confirme sa maîtrise des grandes scènes de concert

mardi 30 avril 2019

A force de forger, l’on devient forgeron. L’artiste Awa Maïga a fait sienne ce leitmotiv et aujourd’hui, aucune scène n’a de secret pour elle. Cette gazelle qui nous vient du grand nord malien avec sa voix suave et pénétrante, est en passe de dompter les scènes de concerts au Mali et non des moindres.

Décider de vivre de son talent, c’est décider de ne rien faire au hasard, surtout quand on est artiste. La jeune artiste Awa Maïga a décidé de vivre de son talent. Et, pour cela, elle ne fait rien au hasard. Chose rare au Mali, voilà une artiste, après moult-formations et surtout après avoir bien assimilé les leçons apprises, a décidé de mettre son talent au service de son professionnalisme.

Déjà à Ségou, elle avait annoncé les couleurs lors de l’édition passée de Ségou’Art II/Festival sur le Niger. Sans stress et sans complexe, elle y avait donné un spectacle de belle facture qui ferait plaisir à tous les spectateurs habitués des grandes scènes de festival à travers le monde. A Ségou, nous croyons que l’artiste s’était surpassé parce qu’elle voulait envoyer un message aux nombreux programmeurs qui étaient dans les parages. Mais, en réalité, nous ignorons qu’une véritable bête de scène, à l’allure d’une gazelle habituée des grands espaces dans le nord du Mali, venait de naître. Aujourd’hui, Awa Maïga a atteint une maturité artistique qui fait d’elle l’une des valeurs les plus sûrs de la musique malienne, surtout cette musique pentatonique qui nous vient de Gao, Tombouctou, Kidal, Menaka et Taoudénit.

Professionnelle jusqu’au bout des ongles, Awa Maïga a compris qu’un artiste n’existe que par ses fans. Pour cela, elle prend toutes les dispositions pour faire une prestation de qualité quelque soit la scène où elle doit prester. Le Samedi 27 avril 2019, elle nous a donné la preuve palpable de sa démarche à Koulikoro lors de la 8ème édition du Festival Ciné-à-Dos. Programmée pour tenir la scène avec le groupe de Van Guitare et le groupe de Rap Calibre 27, Awa Maïga et ses musiciens sont arrivés pratiquement 6 à 7 heures avant le concert. Ils se sont donnés la peine de faire la balance.

Quand on sait que « faire la balance » est le moment où l’artiste et ses musiciens procèdent au réglage du matériel avant le début d’un spectacle ou d’un concert, aucun artiste ou groupe d’artistes ne devaient en principe négliger cette étape. Refuser de faire la balance équivaut à un refus de se donner le temps d’accorder les instruments, de vérifier les retours du son et d’installer les micros qu’il faut pour la qualité du son. C’est pratiquement professionnel de faire la balance. Et, le professionnalisme de Awa Maïga a payé. Elle a fait un spectacle sans faute. Le public est reparti avec une très belle d’image de cette jeune dame avec laquelle il va falloir désormais compter quand on parle de grands artistes maliens.

A Koulikoro, Awa Maïga et ses 4 musiciens, dans un jeu sans déchets, ont fait danser les festivaliers du Ciné-à-Dos qui s’était offert un site d’une convivialité exceptionnelle : L’espace culturel « Vision du Niger, qui offre un espace tout indiqué pour de tels évènements. Et, comme le son et la lumière étaient au rendez-vous, l’on a pu apprécier à sa juste valeur la prestation et tout le talent de Awa Maïga qui a fait voyager les festivaliers entre des aires de « Takamba » et de « Holey Holey », la danse des possédés.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.