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Centre Soleil d’Afrique : Trois artistes Ougandais découvrent le Mali et proposent des œuvres impressionnantes

jeudi 13 février 2020

Trois artistes ougandais viennent de boucler un séjour d’environ 45 jours au Mali. Ils y sont arrivés dans le cadre d’une résidence de création artistique. La restitution de cette résidence était le 13 février 2020 au centre d’une cérémonie au Centre Soleil d’ Afrique à l’ACI 2000.

En cette période de crise sécuritaire au Mali. Décider d’y séjourner quand on n’est pas maliens, relève d’un exploit. Et c’est cet exploit qu’à fait trois jeunes artistes plasticiens ougandais. A l’instar de dix autres artistes ougandais, ils avaient la possibilité de choisir entre 25 pays à travers le monde pour participer à une résidence de création artistique initiée par Arts collaboratory et intitulé « Klark’Art ». Mais, voilà que nos trois mousquetaires, dont une jeune dame, par solidarité avec le peuple malien, ont décidé de déposer leur valise à Bamako et au Centre Soleil d’Afrique pour une résidence de plus d’un moins.

Depuis le 6 janvier 2020, Martin Kharumwa (artiste photographe ougandais), Charity Atukunda (artiste peintre ougandaise), Odur Ronald (artiste multimédia ougandais), ont entamé, selon eux un séjour très enrichissant au Mali. Et, comme toute chose a une fin, après un mois de découvertes et de travail, ils doivent quitter le Mali le 14 février 2020, pour rejoindre l’Ouganda.

Impressionné par l’engagement de ces artistes ougandais, le Centre Soleil d’Afrique a décidé de leur dire au revoir. A cet effet, une fête à l’honneur des visiteurs y a été organisée, en marge du vernissage de l’exposition de restitution de leur résidence au Mali.

En plus d’avoir eu la chance de bien découvrir la riche et diversifiée culture malienne, au contacte de maliens, nos trois visiteurs ont participé en marge de leur résidence de création à plusieurs activités culturelles. « En plus des nombreuses formations auxquelles nous avons participé, nous avons eu la chance d’apprécier le dynamisme des acteurs culturels maliens à travers plusieurs activités : Les Rencontres photographiques de Bamako, la 9ème édition de FAIVA, la 16ème édition de Ségou ‘Art/Festival Sur le Niger », a déclaré Charity Atukunda.

Mais, pour cette artiste ougandaise, le séjour malien a été des plus bénéfiques. Avant son séjour malien, elle s’était essayée à la technique du « tchin-tchin barri » sans grand succès. Mais, à Bamako, elle a eu l’opportunité de rencontrer notre compatriote Mamadou Diané, l’un grand adepte de la technique du « tchin-tchin barri » qui lui a filé en quelques séances de formation la maîtrise de cette technique. Et, pour prouver qu’elle part du Mali très enrichie, elle a réalisé deux belles œuvres avec des idéogrammes, mais avec une technique du « tchin-tchin bari » maîtrisée.

Quant à Martin Kharumwa, il a été impressionné, selon lui par le travail des artistes du Centre Soleil d’Afrique sur le thème de la paix. « Et, j’ai choisi d’aborder ce thème à travers des soldats en créant des images qui ont humanisé la machine militaire », a-t-il indiqué.

Effectivement, tous ceux qui auront la chance de voir cette exposition au Centre Soleil d’Afrique, seront impressionnés par le travail de cet artiste qui nous rappelle qu’au-delà de la machine de guerre, le soldat est un être humain comme nous tous. Et, en cette qualité d’humain, il a des moments de vulnérabilité, qu’il a volontairement choisi de symboliser par une très belle image colorée d’un soldat sans visage, entrain de prier. « J’ai dû protéger son identité pour protéger sa famille et lui-même », a-t-il déclaré. Avant de saluer le fait que les artistes maliens sont parvenus à un niveau de collaboration qui les poussent à travailler ensemble, chose rare dans son pays.

Enfin, le troisième mousquetaire ougandais a émerveillé avec son installation qui dénonce la censure en trois pièces essentielles. D’abord, une peinture expressive accrochée au mur et montrant quelqu’un qui a dû subir des brulures dans son parcours vers la réussite. Mais, qui reste débout malgré tout. Ensuite, des cannettes de boissons passées par le feu et accrochées entre ciel et terre. Et enfin, une toile blanche étalée qui reçoit dans l’imaginaire de l’artiste, les cannettes qui n’ont pas pu résister à la brulure (aux difficultés de la vie) et qui tombent. Moralité : quelques soient les difficultés de la vie, les brulures, il faut rester débout et fort.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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