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CENTRE DU MALI : Les représentants de l’Etat dénoncent l’appel au suicide du Ministre de l’administration territoriale

lundi 24 juin 2019

« Les représentants de l’Etat n’ont pas de leçons de patriotisme à recevoir d’aune autorité de ce pays ». La déclaration a été faite par Ousmane Christian Diarra, secrétaire général du Syndicat autonome des administrateurs civils (SYNAC), le 22 juin 2019, lors d’une conférence de presse co-organisée avec le Syndicat libre des travailleurs de l’administration territoriale (SYLIMAT), pour faire une mise au point suite au communiqué du 19 juin 2019 et à l’interview du ministre de l’Administration territoriale en date du 20 juin 2019 en réaction à leur communiqué conjoint du 17 juin 2019.

Souvenez-vous ! Boubacar Bah, ministre de l’administration territoriale, sous la plume de son secrétaire général, déclarait dans un communiqué le 19 juin 2019 : « La seule réponse que le Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation donne aux responsables du corps préfectoral (NDLR), sont les prescriptions de l’Hymne National du Mali ‘’ Au-dedans ou au dehors, Débout sur les remparts, Nous sommes résolus de mourir’’ l’une de ces prescriptions fait de chacun de nous des soldats de la République ».

Cette déclaration du ministre a été perçue comme une injonction aux représentants de l’Etat de mourir à leur poste s’il le faut. Mais, mieux que leurs concitoyens, les représentants de l’Etat, à travers le SYNAC et le SYLIMAT, ont perçu la déclaration du Ministre de l’administration territoriale comme un appel au suicide. Et, comme il fallait s’y attendre le 22 juin 2019, ils ont organisé une conférence de presse pour dénoncer les propos de leur ministre.

Méthodique et souvent pathétique, Ousmane Christian Diarra, appuyé par Olivier Traoré, secrétaire général du SYLIMAT, a d’abord dépeint le contexte sécuritaire des représentants de l’Etat de 2018 au 15 juin 2019, avant de revenir sur toutes les démarches entreprises auprès des autorités pour demander la sécurisation des représentants de l’Etat.

Et, pour ne pas donner l’impression de quelqu’un qui parle sans preuve, après avoir levé le voile sur le nombre des représentants de l’Etat tués, Christian Diarra a rappelé quelques cas d’agressions récents uniquement dans la région de Mopti. Et, au regard de ce sacrifice, il a ouvert un volet sur le patriotisme des administrateurs civils et représentant de l’Etat, pour conclure qu’ils n’ont pas de leçon de patriotisme à recevoir d’aucune autorité de ce pays.

Après avoir estimé que les propos du Ministre sont « des appels au suicide, car n’offrant aucune garantie de sécurité à part les habituelles annonces sans suites ni effets », Ousmane Christian Diarra a fait remarquer que ces propos « soulignent avec force le rôle de Capitaine à quitter le dernier le navire en perdition ». Mais avec beaucoup de regret, il dira que ceux qui pensent que le représentant de l’Etat est le capitaine qui doit quitter le dernier le navire, « au moment de la ‘’distribution’’ de médailles, ils ne les trouvent pas si méritants pour être décorés ». Le Secrétaire du SYNAC a révélé qu’ « exceptés les gouverneurs, moins de dix représentants de l’Etat sont décorés sur toute l’étendue du territoire ».

Mais, dans tous les cas, il dira qu’ « à ces appels au suicide, le SYNAC et le SYLTMAT répondent simplement mais avec fierté et dignité que les représentants de l’Etat, de par leurs carrières et leurs parcours faits de sacrifices, d’abnégation, de don de soi, de défense de l’intérêt général, de méconnaissance absolue de luxe et de confort dans leur vie quotidienne, n’ont de leçons de patriotisme à recevoir d’aucune autorité de ce pays ».

Selon lui, « depuis l’éclatement de la crise multiforme en 2012 dans notre pays, les représentants de l’Etat (Gouverneurs de Région, membres des Cabinets des gouverneurs, préfets, préfets-adjoints et sous-préfets) ont payé un lourd tribut : des morts, des pertes et destructions de biens de toute une vie, des séquelles physiques indélébiles ». Précis, il dira que les représentants de l’Etat sont le deuxième contingent en termes de pertes en vies humaines après les forces armées et de défense. « De 1990 à nos jours, au total, 17 représentants de l’Etat, sans les épouses et les enfants, ont été tués du fait des différentes rébellions et des assassinats ciblés. Les cas d’assassinats liés à la crise de 2012 sont au nombre de 7 », a-t-il déclaré.

En fin, en ce qui concerne les menaces de sanction du Ministre de l’administration territoriale à l’encontre des représentants de l’Etat, les deux responsables syndicaux ont estimé qu’on ne plus gérer le Mali par les menaces. Mais, tirant leçon de la volonté des autorités du département de l’Administration territoriale de mettre les représentants de l’Etat dans une situation d’insécurité sans défense, les CEN SYNAC et SYLTMAT s’engagent désormais à poursuivre en justice, au pénal comme au civil, toute autorité par la faute de laquelle il y aurait atteinte à la vie d’un représentant de l’Etat.

Pour terminer les CEN SYNAC et SYLTMAT demandent de nouveau à tous leurs militants dans les huit (8) cercles et 55 arrondissements de la Région de Mopti à rejoindre la ville de Mopti ou toutes autres localités plus sécurisées, jusqu’au désarmement total de toutes les milices ou jusqu’à la prise de mesure de protection sécuritaire par les autorités compétentes.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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