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Bilan des 100 Jours d’IBK : Soumaïla Cissé dénonce un catalogue d’actions à réaliser et des projets dont les financements sont loin d’être acquis

jeudi 27 décembre 2018

« Au vu de l’objet de cette cérémonie "les cent jours du président de la République", les Maliens s’attendaient à l’exposé d’un bilan détaillé comme l’exige un tel exercice sous tous les cieux. Au lieu de cela, on a eu droit à un catalogue d’actions à réaliser, de projets dont les financements, loin d’être acquis, ne sont même pas inscrits au budget 2019. Ce catalogue d’intentions en dit long sur le sens des priorités du régime », indique Soumaîla Cissé dans un communiqué publié le 27 décembre 2018, au nom du FSD. Lisez !

L’ORTM, l’organe de propagande au service exclusif du gouvernement a diffusé le 24 décembre une cérémonie au cours de laquelle, le président et le premier ministre d’un
régime massivement rejeté par notre peuple ont célébré les 100 jours du régime issu de l’élection présidentielle frauduleuse de juillet-août 2018.

Au vu de l’objet de cette cérémonie "les cent jours du président de la République", les Maliens s’attendaient à l’exposé d’un bilan détaillé comme l’exige un tel exercice sous tous les cieux. Au lieu de cela, on a eu droit à un catalogue d’actions à réaliser, de projets dont les financements, loin d’être acquis, ne sont même pas inscrits au budget 2019. Ce catalogue d’intentions en dit long sur le sens des priorités du régime.

Rarement, les Maliens médusés n’avaient été sidérés par un tel exercice d’autocongratulation confinant au narcissisme. Il est maintenant établi que ces deux responsables sont détachés et coupés des réalités. Ils sont loin de la tragédie quotidienne de notre peuple. Ibrahim Boubacar Keïta et Soumeylou Boubèye Maïga ont tenté maladroitement de masquer le bilan de leurs 100 jours en s’adressant mutuellement des félicitations alors que, sous leur administration, les Maliens vivent :

- le recul de la paix et de la sécurité ;
- la recrudescence des conflits inter- communautaires ;
- le martyre des populations civiles au Nord et au Centre du pays ;
- la partition de fait du pays ;
- le pourrissement du climat social à cause de la surdité, du mépris et de l’arrogance devant les légitimes revendications des travailleurs ;
- la violence et les attaques répétées contre la presse, contre les libertés démocratiques notamment le droit de réunion et de manifestation, la liberté d’expression.

Le FSD condamne l’opération d’auto-validation célébrée en circuit fermé, le 24 décembre, devant les seuls obligés du prince du jour, piètre tentative de communication visant à faire accepter l’imposture et l’usurpation du pouvoir.

Le FSD tient à préciser à l’attention de l’opinion nationale et internationale que, contrairement aux propos de Soumeylou Boubèye Maïga, il n’y a pas le moindre début de consensus sur les réformes institutionnelles, ni sur la révision constitutionnelle, encore moins sur un prétendu calendrier électoral, ou sur le découpage administratif.

De même, le Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD), note avec préoccupation et gravité que Ibrahim Boubacar Kéita n’a aucune conscience de l’ ampleur de la crise politique, sécuritaire, économique, financière et sociale que traverse le pays. Cette crise multidimensionnelle s’empire de jour en jour. Sa dernière manifestation est bien la décadence programmée de l’éducation de nos enfants au travers de programmes pervers sur la sexualité, en réalité sur l’homosexualité.

Le FSD s’étonne par ailleurs du silence des autorités de fait sur la vie chère, le sort de la diaspora malienne, le martyre que vivent les cheminots abandonnés à eux-mêmes neuf mois sans salaire, leur grève de la faim qui dure depuis dix jours.

Le discours lénifiant du 24 décembre de Ibarhim Boubacar Kéita, prouvait bien que le peuple malien n’est pas le principal souci de ce régime intrinsèquement inapte à engager un dialogue sincère et fécond avec toute la nation. Seul, un tel dialogue est susceptible de conjurer les dangers qui menacent le Mali.

Bamako, le 27 décembre 2018.

Le Président du FSD
Honorable Soumaïla Cissé

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.