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Biennale Africaine de la Photographie : Le réseau Kya interroge la structuration et l’accès au Marché

mercredi 11 décembre 2019

Le dimanche 1er décembre 2019, dans le cadre de la Biennale Africaine de la Photographie, les acteurs de la photographie ont animé une conférence débat sur la structuration et l’accès au marché de la photographie. Elle a été organisée par le Réseau KYA, réseau des organisations culturelles du Mali, en partenariat avec la fondation DOEN. C’était au Palais de la culture Amadou Hampaté Ba.

« L’objectif de cette conférence est de renforcer les capacités des photographies et acteurs culturels du Mali sur la structuration et astuces pour accéder au marché national et international dans le domaine de la photographie », a indiqué Fousseny Diakité, Président du Réseau Kya. Il a avait à ses côtés, Tidiani Sangaré, directeur général de la Maison africaine de la photographie du Mali.

Lors de cette conférence, il y a eu deux communications. Celle de Harandane Dicko, photographe culturel, sur : « la photographie d’art, Qu’est-ce que la photographie d’Art au Mali et quand est-ce qu’elle est née ? ». Il a aussi abordé la question des règles du marché de l’art contemporain et la convention d’originalité adaptée au marché des tirages photographiques. Youba Bathily, consultant culturel, a fait sa communication sur la structuration et l’industrie photographique.

Selon Harandane Dicko, les Rencontres africaines de la photographie, également appelées Biennale africaine de la photographie, est une manifestation bi annuelle organisée à Bamako au Mali depuis 1994 pour promouvoir les artistes africains dans le domaine de la photographie. « Depuis cette date, cette manifestation s’est imposée comme un évènement important des manifestations culturelles malienne et africaine », a-t-il déclaré. Il a ajouté que les Rencontres africaines de la photographie ont permis de révéler de grands photographes africains comme les maliens Seydou Keïta et Malick Sidibé.

« La Biennale de la photographie est un passage obligé pour tous les photographes de Bamako. Pour se faire connaitre, il faut passer par le biennale de Bamako », a déclaré Harandane Dicko. Selon lui, pour développer l’art, l’Etat doit mettre en place une politique d’art.

A propos des différents prix décernés au cours des Rencontres, il a salué l’initiative du Réseau KYA, qui va permettre de fixer les projecteurs sur un photographe malien.

Pour ce qui concerne les règles du marché de l’art contemporain, il dira qu’un marché ne fonctionne correctement que s’il y a un consensus sur les critères qui permettent d’en apprécier la qualité et que les offreurs comme les demandeurs sont en mesure d’évaluer cette qualité. Pour lui, il ne s’agit pas seulement de prendre la photo. Et selon lui, le photographe est comme un écrivain. Pour mettre l’accent sur le rôle important du photographe dans la société. « Pour cela, il pense que le photographe doit faire connaitre ce qu’il fait et avoir un blog pour se faire connaitre au niveau international », a-t-il conseillé.

Parlant de la convention d’originalité adaptée au marché des tirages photographiques, il a estimé que sur le marché de l’art contemporain, la valeur est assise sur trois critères : la nouveauté de la démarche de l’artiste, la rareté et l’authenticité de l’objet. « Ces trois dimensions renvoient à un concept unique, celui d’originalité. Donc, il faut choisir un meilleur support en tenant compte de la durabilité », a-t-il ajouté.

Pour conclure son intervention, il dira que la construction d’un marché des tirages photographiques calqué sur celui du marché de l’art contemporain, a le mérite d’offrir de nouveaux débouchés à la création photographique contemporaine dans un contexte de crise des autres marchés. Il a ajouté que, « l’idée de plus en plus couramment admise selon laquelle un photographe n’est un artiste que lorsque ses images passent le test de l’accrochage sur des cimaises conduit à déclasser des artistes dont la création s’exprime par le livre ou par un portfolio dans la presse ».

Ensuite, Youba Bathily s’est prononcé sur la structuration et l’industrie photographique. Sur ce point, il a proposé qu’il faille réorganiser pour le système afin que l’industrie photographique puisse répondre mieux à la demande des consommateurs. Pour ce faire, il a souligné les évènements qui peuvent servir de base pour que la photographie puisse subsister et se développer qu’il y est le maintien de cette biennale photographique qui est une porte et vitrine pour les photographes Maliens.

Aussi, il a souligné les aspects d’industrie qui est le mouvement vers la formalisation, car le secteur est caractérisé par l’informel qui nécessitera un appui de la part de l’Etat et des autres partenaires techniques et financiers. Il a ajouté l’adoption ou l’adhésion des nouvelles technologies avec laquelle photographie évolue très rapidement, comment elles peuvent être misent à la disposition des photographes Maliens afin qu’ils puissent s’en servir. Aussi, parler des droits et des reconnaissances parmi les acteurs culturels, des agents de développement, ce sont entre autres des pistes à suivre pour leur considération.

Pour lui, il y a aussi un travail que les photographes doivent faire en terme de réseautage pour se mettre ensemble afin d’étudier les besoins de leurs consommateurs, de faire le suivi des activités qui ont été épaulées par l’Etat et des partenaires. Ensuite d’évaluer de temps à temps ce qui peut développer leur secteur.

Les difficultés que les photographes ont actuellement, est que le marché est très rétrécis. Parce qu’ils sont pour la plupart confinés sur les évènements (mariage, baptême) pour vivre. Il dira les prix sont très cassés, il y a la pression sociale qui fait que le prix tombe alors qu’en réalité il y a une demande. A cela s’ajoute, l’arrivée des téléphones Smartphones avec des caméras très puissantes que les gens ont l’attitude de prendre eux-mêmes les photos. L’informel aussi sa tue, si elle existe, l’Etat ne prend pas en charge ce qui se passe généralement dans le secteur de la photo.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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