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Bandiagara : Un nouveau projet pour protéger le patrimoine dogon face aux changements climatiques

jeudi 10 septembre 2026, par Assane Koné

La Région de Bandiagara a abrité, le 2 septembre 2026, le lancement du projet « Atténuation des impacts des changements climatiques et mise en valeur du patrimoine du site des Falaises de Bandiagara ». Une initiative qui entend renforcer la préservation du patrimoine culturel dogon tout en améliorant la résilience des communautés face aux effets du changement climatique et aux différentes crises qui affectent le territoire.

À Bandiagara, le patrimoine culturel se trouve au cœur des préoccupations. Dans cette région emblématique du Pays dogon, où les paysages, les traditions et l’architecture témoignent d’une histoire séculaire, la préservation du patrimoine constitue désormais un enjeu à la fois culturel, environnemental et communautaire.

C’est dans ce contexte que le projet « Atténuation des impacts des changements climatiques et mise en valeur du patrimoine du site des Falaises de Bandiagara » a officiellement été lancé, mercredi 2 septembre 2026, dans la salle de conférence du Gouvernorat de la Région de Bandiagara.

La cérémonie était placée sous la présidence du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, représenté par son conseiller technique, Mamadou Cissé.

Elle a réuni le gouverneur de la Région de Bandiagara, le Colonel-Major Olivier Diassana, le représentant du Bureau de l’UNESCO à Bamako, ainsi que des représentants du Centre national de la cinématographie, de la Direction nationale du patrimoine culturel, des autorités administratives et des collectivités territoriales. Les autorités et légitimités traditionnelles, de même que les représentants des communautés concernées, ont également pris part à la rencontre.

Capitaliser les acquis et répondre aux nouveaux défis

Ce nouveau projet s’inscrit dans la continuité d’une première phase consacrée à la « Reconstruction et réhabilitation du patrimoine bâti du site des Falaises de Bandiagara (Pays dogon) », mise en œuvre entre 2022 et 2025 avec le financement de la Fondation Alliance internationale pour la protection du patrimoine (ALIPH), en partenariat avec l’UNESCO et le Gouvernement du Mali.

La nouvelle phase entend capitaliser les acquis obtenus au cours de cette première expérience, tout en intégrant davantage la question des changements climatiques dans les stratégies de conservation et de valorisation du patrimoine.

L’objectif est notamment de mieux prendre en compte les effets du changement climatique sur les sites patrimoniaux, les infrastructures traditionnelles et les communautés qui vivent au cœur de cet environnement exceptionnel.

Au-delà de la conservation des biens culturels, le projet entend ainsi placer les populations locales au centre des efforts de sauvegarde et de valorisation du patrimoine.

La culture au service de la résilience des territoires

Dans son intervention, le représentant du ministre de la Culture, Mamadou Cissé, a souligné l’importance de cette initiative dans le contexte actuel.

Selon lui, le projet intervient dans une période consacrée à l’éducation et à la culture au Mali pour 2026-2027, et offre une opportunité de renforcer la place du patrimoine culturel dans le développement des territoires.

Il a également insisté sur la nécessité de protéger et de valoriser le patrimoine exceptionnel des Falaises de Bandiagara, confronté à plusieurs défis, notamment les effets des changements climatiques et les conséquences des crises sécuritaires.

Pour les acteurs présents à Bandiagara, la sauvegarde du patrimoine ne peut donc être dissociée de la résilience des communautés. La protection des bâtiments, des objets, des traditions et des espaces culturels doit aller de pair avec le renforcement des capacités locales et la transmission des savoirs.

Le Sigi, autre rendez-vous majeur

Le lancement du projet a été suivi d’un atelier consacré à la capitalisation des acquis de la première phase du programme de reconstruction et de réhabilitation du patrimoine bâti.

Les participants ont également tenu une réunion d’échanges autour des préparatifs des festivités du Sigi, le grand rite soixantenaire dogon, dont les prochaines célébrations sont annoncées à partir de 2027.

Ce rendez-vous culturel majeur constitue un autre enjeu pour la préservation et la transmission du patrimoine dogon. Sa préparation intervient alors que les acteurs culturels et communautaires cherchent à renforcer les mécanismes de sauvegarde d’un patrimoine soumis à de profondes mutations.

« Patrimoine entre défis et résilience » : le témoignage d’un territoire

Le lendemain, jeudi 3 septembre 2026, les activités se sont poursuivies avec le vernissage de l’exposition « Pays dogon : patrimoine entre défis et résilience », organisée dans la salle d’exposition du Musée de Bandiagara, au sein du Gouvernorat de la Région.

À travers des objets patrimoniaux, des photographies et des supports audiovisuels, l’exposition propose un regard historique, culturel et humain sur le Pays dogon.

Elle met notamment en lumière les conséquences des crises sur le patrimoine et les communautés, mais aussi les efforts entrepris ces dernières années pour sauvegarder, reconstruire et relever les espaces et biens culturels affectés.

L’exposition apparaît ainsi comme un espace de mémoire, mais également comme un témoignage de la capacité des populations à préserver leur identité culturelle malgré les difficultés.

Préserver le patrimoine, préserver une identité

À Bandiagara, le patrimoine ne se résume pas aux constructions anciennes ou aux objets conservés dans les musées. Il englobe également les savoir-faire, les traditions, les rites, les paysages culturels et les connaissances transmises de génération en génération.

Face aux effets du changement climatique et aux multiples défis auxquels le territoire est confronté, la question de sa préservation devient plus urgente.

Le nouveau projet entend apporter une réponse à ces enjeux en associant conservation du patrimoine, adaptation climatique et implication des communautés.

Une démarche qui rappelle que la protection du patrimoine culturel constitue aussi un investissement dans l’avenir des territoires et dans la transmission de l’identité culturelle aux générations futures.

M. T. Koné


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