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Application de la charge à l’essieu au Sénégal : Grave menace sur l’économie malienne

mercredi 24 juillet 2019

Contre toute attente, le Sénégal a décidé d’appliquer dans toute sa rigueur le Règlement n°14/2005/CM/UEMOA du 16 décembre 2005, relatif à l’harmonisation des normes et des procédures du contrôle du gabarit, du poids et de la charge à l’essieu des véhicules lourds de transport de marchandises. Cette décision sénégalaise bloque aujourd’hui plus de 500 camions maliens à Dakar. Du coup, cela crée un manque à gagner considérable pour l’économie malienne, notamment du côté de la Douanes.

De prime à bord, l’on pourrait penser que le Sénégal est dans son droit. Du moment que le pays de Macky Sall, ne fait qu’appliquer un Règlement de l’UEMOA qui date de 2005. En effet, ce règlement est rentré effectivement en application dans tous les Ports de l’espace UEMOA, ainsi qu’au Ghana et en Guinée, depuis le 1er février 2017 par un communiqué de la Commission de l’UEMOA, informant l’ensemble des acteurs, notamment, les Administrations, les opérateurs économiques, les transporteurs et acteurs du transport ainsi que tous les usagers de la route. « Tous étaient donc invités au respect scrupuleux des normes communautaires en matière de Poids total autorisé en Charge, de charge à l’essieu et de gabarit des camions de transport de marchandises et d’hydrocarbures », nous a indiqué notre source.

Mais, il se trouve que la mise en œuvre de cette disposition a toujours été différée. Et, voilà que contre toute attente, et sans informer la partie malienne, le Sénégal décide le mois dernier d’appliquer la réglementation.

Du coup, depuis un mois, le trafic routier entre le Mali et le Sénégal a pris de l’eau. Les Autorités de Dakar, probablement soucieuses de préserver leurs routes, ont décidé d’appliquer à la lettre les dispositions communautaires relatives aux charges à l’essieu. Mais la surprise avec laquelle, la partie sénégalaise a pris cette décision, laisse penser qu’il y a des anguilles sous la roche.

Et, si le prétexte était tout trouver pour donner un coup de piston aux transporteurs sénégalais

Nombreux sont aujourd’hui les maliens opérant dans le secteur du transport qui pense que cette décision sénégalaise cache mal la volonté des autorités de protéger leurs opérateurs économiques transporteurs de la concurrence rude malienne.

Tout compte fait, cette décision sénégalaise a eu pour conséquence de bloquer plus de 500 camions maliens à Dakar. Ce qui provoque d’énormes pertes de recettes pour les services d’assiette malienne.

Du côté de la douane malienne, le mois de juin 2019, n’est pas loin de la catastrophe. Et, des alternatives ont été mises en place pour que le mois de juillet 2019, soit plus rose.

En effet, seules des alternatives nouvelles pourraient mettre notre pays à l’abri de l’entêtement du Sénégal à vouloir coûte que coûte appliquer dans l’immédiat la réglementation de l’UEMOA en ce qui concerne la charge à l’essieu.

D’autant plus que le déplacement de Ibrahima Abdoul Ly, ministre malien des Transports et de la mobilité urbaine, à Dakar n’a pas produit les effets escomptés.

Face à ce protectionnisme sénégalais qui ne dit pas son, le Mali doit rapidement développement des stratégies pour nouveau port d’attache. Et, en termes de distance, le port de Conakry étant distant de Bamako que de 914 km, serait plus avantageux en termes de distances que le port de Dakar qui est à 1 346 km environ. Même, le Port d’Abidjan, situé à 1 112 km environ de Bamako, serait plus proche que celui de Dakar.

Quand on sait que l’utilisation du port de Dakar par les opérateurs économiques maliens contribue considérablement à l’augmentation du chiffre d’affaire de cet instrument que le Sénégal veut mettre au centre de son développement, le Mali doit avoir le courage de dire à son partenaire sénégalais de réfléchir à un partenariat gagnant-gagnant.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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