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"58 ans après la proclamation de l’indépendance du Mali : la jeunesse face aux défis".

lundi 24 septembre 2018

Ibrahima KEBE est le Commissaire principal de l’association politique FASO KANU.

Journal Combat du Peuple : Pourquoi le 22 septembre 1960 ?

Ibrahima Kebé : Le Mali est un pays dont le peuple s’est farouchement opposé à la pénétration coloniale. La lutte de résistance a durée plus de 50 ans. Puis notre pays a connu plus de 70 ans de domination étrangère.

Cette domination coloniale est un crime contre l’humanité. Nous avons été victime de l’agression physique et morale, de l’exploitation, de l’oppression, des pires formes d’humiliation, de génocide etc.

Notre peuple a continué à se battre sous la forme de révoltes armées toujours noyées dans le sang. Tirant les leçons de ces combats et de ces défaites, une lutte politique consciente s’est engagée sous la direction de l’Union Soudanaise RDA.

Et le 22 septembre 1960, le Président Modibo Keita et ses Camarades de l’US-RDA,ne voulaient pas du tout le maintien de notre Patrie sous domination colonialiste, capitaliste, Impérialiste aux objectifs antipatriotiques.

C’est ainsi qu’avec dextérité, à la tête de la phalange de patriotes ils arrachèrent l’indépendance, en boutant dehors l’occupant étranger impénitent. Ils ont extrait notre Patrie, notre cher et grand Mali, des cendres fumantes du colonialisme malgré l’oppression, les brimades et les emprisonnements.

Journal Combat du Peuple : Et après cette Phase ?

Ibrahima Kebé  : Après cette phase, il a été entrepris la construction d’un Etat, capable de garantir la dignité du peuple. L’édification nationale s’est déroulée sur la base de l’option socialiste avec la primauté accordée au secteur d’Etat et au secteur coopératif. Cette option conforme aux aspirations du peuple était le choix délibéré de notre peuple. De nombreuses réalisations ont été enregistrées dans l’industrie, l’agriculture, le commerce, le transport, l’éducation, la santé, le système monétaire etc.

Le parti au pouvoir, les syndicats et la jeunesse ont travaillé dans une coordination harmonieuse. Le Mali de cette époque était respectée.

Malheureusement le coup d’Etat du 19 Novembre 1968 est venu interrompre brutalement cette expérience, qui n’aura duré que huit ans.

Après la libération et plus de 132 grandes réalisations notre père Modibo Keita fut trahi et lâchement assassiné.

La dictature s’installa durant 23 ans avec le mensonge, le crime de sang, le crime économique et l’attaque à tous les droits de l’homme. Ce régime dirigé par un général de fait sans gloire fut renversé par le peuple en mars 1991.

Journal Combat du Peuple : Que faire après cet assassinat lâche ?

Ibrahima Kebé  : Je vous dis avec conviction que, si le président Modibo Keita et ses compagnons fidèles ont été arrêtés dans leur élan, vaincus par l’intervention étrangère greffée de trahison domestique puis maltraités, déportés, calomniés, assassinés férocement. Nous ne perdrons pas notre temps en lamentations, sur les dimensions de cette défaite momentanée.

Nous ferons le Mali, nous ferons l’Afrique. Nous sommes conscients que le Mali a perdu juste une partie, pas la guerre. Nous garantirons son indépendance et sa souveraineté.

En tout cas, notre association politique FASO KANU œuvre à développer les acquis de l’indépendance et de la construction nationales sous la conduite de l’USRDA afin de sauver à tout prix le Mali et ses valeurs sociétales cardinales en refondant l’Etat sur de nouvelles bases solides et durables.

Journal Combat du Peuple : Que retenez-vous des 58 ans d’indépendance du Mali ?

Ibrahima Kebé  : Il est vrai que dans l’incandescence, nous avons proclamé notre volonté de vivre digne et libre pour que vivre éternellement indépendante et souveraine notre Patrie dans une Afrique libre et unie.

Du jeudi 22 septembre 1960 au samedi 22 septembre 2018, mon cher et grand Mali à 58 ans.

Ainsi, il est nécessaire de recadrer pour mieux orienter. Le Mali a connu 8 ans d’indépendance et de souveraineté sans nuance aucune, sous la direction éclairée et vigilante du président Modibo Keita et 50 ans de néocolonialisme, de privation de souveraineté et d’assassinat de pensée libératrice. Donc, il est évident que depuis 50 ans, l’indépendance du Mali a perdu son couronnement.

Journal Combat du Peuple : La jeunesse a t-elle- un rôle à jouer dans la situation actuelle ?

Ibrahima Kebé  : La jeunesse Malienne a un rôle décisif à jouer dans la situation actuelle du Mali. Le président Modibo Keita a dit à la jeunesse avant le fameux 19 Novembre 1968 : « le Mali sera ce que vous en ferrez ! ». La jeunesse est donc l’espoir. Elle doit arracher sa place pour jouer son rôle dans le processus de sortie de crise au Mali. Mais il faut pour cela qu’elle soit formée, organisée, structurée, courageuse, désintéressée, capable de faire le sacrifice suprême pour le Mali et pour l’Afrique.

C’est dans ces conditions que la jeunesse pourra prendre sa place de 1er rang pour sauver le Mali de cette crise. Pour atteindre la victoire la jeunesse doit être courageuse et déterminée. Elle doit être armée d’une conscience aiguë et d’un moral d’acier.

Journal Combat du Peuple : Comment voyez-vous l’état de la jeunesse actuelle ?

Ibrahima Kebé  : Nous avons l’occasion de traiter cette question avec notre Maitre Amadou Djikoroni. Nous retenons de cet exercice que depuis le 19 novembre 1968, on travaille à ce que nous restons assis ou pire couchés, vivant de dons, d’aumône et d’assistance sous tutelle, moyens sûrs de l’impérialisme et de la mondialisation, pour bloquer l’évolution, asservir et exploiter un peuple. On veut nous castrer la conscience, nous endormir, nous chosifier, nous anéantir. Car toujours ils veulent une jeunesse uniquement malléable ; une jeunesse sans âme, sans foi, sans loi et sans repères. Pour reconquérir l’Afrique et disposer de ses richesses.

Nous jeunes conscients, suivrons les pas du Président Modibo, on veut extirper de nos cœurs tous les gènes de combattants, on veut nous river au thé, au tabac, à la drogue et à l’alcool, nous réduire en tubes digestifs flasques à gaver de mensonges. Cela ne passera pas.

La jeunesse sait non seulement qu’elle va affronter d’énormes difficultés mais aussi que la lutte sera longue et dure et même très dure et la victoire est certaine. TOUS POUR CHACUN, CHACUN POUR TOUS.

Journal Combat du Peuple : Votre mot de la fin ?

Ibrahima Kebé : Je rends un hommage mérité à tous ceux qui sont tombés tout au long de notre glorieuse histoire pour la dignité de notre peuple, c’est-à-dire pour un Mali un et indivisible, indépendant, souverain et laïque dans une véritable démocratie ; pour une Afrique libre et prospère.

Bamako, le 22 septembre 2018
Propos recueillis par la rédaction du journal Combat du Peuple (web journal) sur facebook : http://fkcombatdupeuple.ml

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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