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13ème édition du fescauri : Siby explore la thématique de l’identité, de la paix et du développement

mardi 17 décembre 2019

Dans l’objectif de connaître nos identités culturelles pour la paix et le développement durable au Mali, l’Association pour la Promotion de la Culture et des Arts du Mandé (APROCAM) a organisé du 12 au 15 décembre 2019, la 13ème édition du festival international des cauris du Mandé sur le terrain communal de Siby.

Placée sous le parrainage de Gaoussou Berthé dit Lalabi, le programme des activités de cette 13ème édition prévoyait : la visite des sites touristiques les expositions, les ateliers de réflexion, la consultation pour des soins des guérisseurs venus du Mali, du Burkina Faso et du Bénin. Il faut dire l’attraction forte de cette édition a été les concerts animés par des artistes comme : Habib KOÏTE, Saramba KOUYATE, Ami DIABATE et Vieux PARE.

Depuis le 8 décembre 2019, la 13ème édition du fescauri a été précédée par une formation initiée par Tétou GOLOGO, promotrice de la marque TAMACALLI sur les techniques de création, de commercialisation des perles au profit d’une dizaine de jeunes filles déscolarisées de Siby. Cette initiative avait pour but d’inoculer en elles les gènes de l’entreprenariat. Et, ce fut avec l’appui du FONDS MAAYA.

A la veille de la 13ème édition et dans le cadre de l’annonce de la manifestation de cette année, 3 livres produits sur les thèmes des éditions passées du festival, ont été lancés à l’Institut français du Mali, le 5 décembre 2019. Ce sont : « la Médecine Traditionnelle et Arts Divinatoires : le cas du Mandé au Mali » ; « Changements climatiques et Savoirs locaux : Paix, Résilience et Développement intégré au Mandé (Mali) » et « Espaces, Sociétés et Santé : les Rites de Passage ».

En ce qui concerne la 13ème édition et eu égard à la situation que traverse notre pays, les organisateurs ont décidé de placer l’évènement sous le thème : « Identités, paix et développement ». Selon Mandjou Yattara, Directeur du Festival, ce thème est d’actualité, dans le contexte de la crise sécuritaire et identitaire de notre pays. « Nous avons choisi ce thème dans l’espoir d’apporter notre contribution à la recherche de solutions, à travers des réflexions qui seront conduites par les festivaliers, sous la vigilance d’un comité scientifique commis à cet effet », a-t-il déclaré.
Pour la circonstance, en l’absence de Madame le ministre de la culture, Mandjou Yattara avait à ses côtés Almamy Kourechi, Chef de cabinet du ministre de la culture.

Bénéficiant du soutien total des notabilités traditionnelles et des élus communaux, la cérémonie d’ouverture du festival a enregistré une intervention bien appréciée du Maire de Siby. Daouda Keïta, maire de la Commune rurale de Siby, dira que le débat sur le thème de cette édition, permettra aux couches juvéniles de cultiver l’entente, la cohésion, le pardon, la paix et la concorde, pour relever ensemble le défi du développement.

Il a ensuite dit merci à Mandjou Yattara, pour son engagement citoyen, aux côtés des élus de Siby qui souhaitent chaque année la tenue de cet évènement qui est devenu un rendez-vous annuelle du Mandé. Il a salué le courage de Mandjou et de son équipe, qui malgré les difficultés économiques et conjoncturelles du pays, la difficulté de mobilisation des ressources, arrivent à relever le défi de l’organisation réussie du festival. Il l’a exhorté à continuer dans cette lancée pour inscrire le festival dans la durabilité au bonheur des populations locales et des festivaliers, qui se sont appropriés de l’évènement et qui le soutiennent avec fierté. « Nous encourageons le promoteur et les acteurs à soutenir d’avantage cet évènement annuel qui constitue une rare occasion de la valorisation de nos valeurs culturelles traditionnelles, de promotion du tourisme, des expressions artistiques et culturelles, de développement socio-économique à travers des échanges, de partage, de réjouissances populaires, de brassage et de rencontres de la culture du Mandé » a-t-il indiqué.

Pour sa part, Almamy Kourechi, représentant du Ministre de la Culture, dira que depuis 12 ans, le fescauri a fait de Siby une destination et un important moment de l’agenda culturel malien. « Chaque année, à la même date, nous sommes ici pour montrer la contribution du Mandé à la civilisation universelle en révélant les grands centres naturels et culturels comme l’arche de Kamajan, les grottes de Fanfamba, et de revisiter le savoir-faire de tout genre », a-t-il indiqué.

Et, très lyrique ce soir-là, le Chef de Cabinet du ministre de la culture, s’est offusqué du fait que « Nous dévalorisons, déconstruisons le fondement de notre société sous prétexte de modernisme ». Il s’est ensuite posé un certain nombre de questions pleines de sens. Ce sont : Quand tu ne sais pas qui tu es, que peut-on prétendre de toi ? Que peut-on attendre de toi ? Peux-tu connaître tes limites, tes obligations ? Tes interdits ? Que dire ? Que faire ? Où se trouver ? Quoi accepter ? Quels sens et importances donnons-nous aujourd’hui au « Sanakuya », au « Balimaya », au « nimôgôya », au « diatigiya » et tant d’autres valeurs exceptionnelles.

Selon lui, ces aspects important de notre identité, sont aujourd’hui totalement calomniés. Il a insisté sur le fait primordial qu’il faille se connaitre soi-même pour mieux vivre ensemble dans la communauté, dans la tolérance, et dans la compréhension de l’autre pour la paix et la solidarité.

Enfin, Mandjou Yattara dira que le fescauri est un projet culturel mondialement connu pour le travail qu’il fait autour de la promotion de l’art divinatoire et des savoirs locaux, de l’attrait en matière de tourisme et de plus en plus de l’écotourisme qu’il développe. « C’est un rendez-vous incontournable d’année en année pour rendre plus attractive, plus adapté et plus utile pour les festivaliers et pour les populations locales », a-t-il indiqué. Il a ajouté que le fescauri reste fidèle à son objectif : contribuer au développement socio-économique de la population locale par la création d’activités génératrices de revenus, et créer des emplois temporaires et permanents.

La cérémonie d’ouverture a pris fin par le défilé des chasseurs de Siby, la prestation de la troupe de Nana Kéniéba, la visite des stands d’exposition et du village cauri par les officiels.

Et, ce fut le départ d’une série de concerts non stop.

Mohamed CAMARA

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.