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Boeing 737 du Président IBK : Le PARENA revient à la charge après le rapport du BVG et demande des comptes à IBK

mercredi 5 novembre 2014

« L’histoire du Boeing 737 malien n’est rien d’autre que l’histoire d’une " ingénierie" financière diabolique d’essence mafieuse mêlant sociétés-écrans et paradis fiscaux, le tout, au détriment du trésor et du contribuable maliens.
Face à des révélations aussi graves dans un rapport officiel et public, le PARENA invite le président de la République, pour donner le minimum de crédibilité à son "année de lutte contre la corruption" à : S’adresser à la Nation par rapport aux conclusions des investigations du BVG et de la Cour Suprême ». Telle est la substance d’une déclaration que le PARENA vient de publier suite à la publication du Rapport du vérificateur général sur le Boeing Présidentiel. Lisez !

DÉCLARATION DU COMITÉ DIRECTEUR DU PARENA SUR LES REVELATIONS CONTENUES DANS LE RAPPORT DU BVG SUR LE BOEING PRÉSIDENTIEL

Le rapport désormais définitif du Vérificateur Général sur l’acquisition d’un second avion présidentiel contient des informations graves qui méritent la réaction des plus hautes autorités de l’État, en particulier du président de la République.

1. Selon l’ancien ministre de la Défense, entendu par les vérificateurs, l’avion présidentiel n’aurait coûté que 7 milliards 470 millions alors que le président avait déclaré qu’il avait coûté 17 milliards, tandis-que le Premier ministre avait solennellement affirmé devant l’Assemblée nationale que le Boeing 737 avait été acquis à 20 milliards. De son côté, le ministre de l’Économie et des finances avait avancé le chiffre de 21 milliards !

2. En outre, l’ex-ministre de la Défense soutient que le ministre de l’Industrie et des investissements, Moustapha Ben Barka, était le négociateur principal pour l’achat dudit avion.

3. Selon les enquêteurs du BVG, un "mandat de recherche exclusif" a été signé, le 22 décembre 2013, en faveur d’un prétendu " conseiller du gouvernement" pour effectuer des "recherches" et acheter un avion. Les frais de "recherche" ont coûté au contribuable malien 145. 350. 000 francs CFA . Ce " conseiller du gouvernement" est la société Sky Color, immatriculée à Hong-Kong avec un numéro de téléphone mobile du Gabon ! Les honoraires de conseiller payés à Sky Color se sont élevés à un milliard 28 millions de francs CFA. Le représentant de Sky Color est M. Marc Gaffajoli, par ailleurs Administrateur de la compagnie d’aviation Afrijet dont le propriétaire est, selon l’ancien ministre de la Défense, M. MICHEL TOMI qui fait l’objet d’une enquête judiciaire en France pour " blanchiment" et " corruption d’agent public étranger" !!!

4- le 10 février 2014, la société Akira Investments Limited immatriculée aux Îles Vierges britanniques (petites Antilles) a établi avec le Mali un " contrat de cession-acquisition" d’un Boeing 737. Les signataires étaient le ministre de La Défense du Mali et M. Marc Gaffajoli de Sky Color agissant en lieu et place d’Akira Investments Ltd. L’ancien ministre de la Défense a dit, le 24 août, aux vérificateurs, que Akira Investments est une "société-écran" créée pour l’opération d’acquisition du Boeing présidentiel !!

5- Le ministre signataire du contrat d’achat du Boeing 737 a avoué, selon le BVG, que l’avion n’est pas propriété du Mali malgré les décaissements effectués à hauteur de 19 milliards de francs CFA.

6- Le 737 a été immatriculé sur le registre de l’aviation civile de l’île d’Aruba (Antilles néerlandaises) située au large du Vénézuela au nom de la société " Mali BBJ Limited". Cette Société a été constituée le 7 mars 2014 à Anguilla (un territoire britannique d’outre mer situé dans les petites Antilles) selon un mandat donné, le 5 mars, à un avocat d’affaires par leGouvernement du Mali aux fins de constituer une société pour immatriculer l’avion et l’exploiter.

7- Pour l’exploitation du Boeing, le Gouvernement d’Aruba a attribué une licence radio avec des fréquences à une société dénommée "Jet Magic Limited" située à St-Julian sur l’île de Malte !

8- En vue de l’utilisation de l’avion par le Président du Mali, un contrat-bail a été signé entre le ministère de la Défense du Mali et la société "Mali BJJ Ltd" (une société créée par le Gouvernement du Mali). "Mali BJJ Ltd" étant une société créée par le Mali, les redevances générées par l’exploitation de l’avion devraient être payées au Mali. Or, nul ne sait si un franc a été versé au trésor au titre de la location de l’avion par le Gouvernement malien ou par d’autres.
Car Jet Magic loue l’avion à d’autres quand IBK ne l’utilise pas. Ainsi le 737 " malien" a été aperçu récemment sur les aéroports d’Istanbul (Turquie) et de Dakar (Sénégal).

Ainsi donc, l’histoire du Boeing 737 malien n’est rien d’autre que l’histoire d’une " ingénierie" financière diabolique d’essence mafieuse mêlant sociétés-écrans et paradis fiscaux, le tout, au détriment du trésor et du contribuable maliens.
Face à des révélations aussi graves dans un rapport officiel et public, le PARENA invite le président de la République, pour donner le minimum de crédibilité à son "année de lutte contre la corruption" à :

* S’adresser à la Nation par rapport aux conclusions des investigations du BVG et de la Cour Suprême ;
* Ordonner une expertise indépendante du prix d’achat de l’avion et rendre publiques les conclusions de cette expertise ;
* Ordonner, le cas échéant, le reversement au trésor public des montants indûment encaissés par les intermédiaires maliens et étrangers concernés ;
* Diligenter, en tant que président du Conseil Supérieur de la Magistrature, des enquêtes judiciaires sur les révélations contenues dans les rapports du BVG et de la Cour Suprême ;
* Rassurer que le Mali n’est pas devenu un Etat mafieux en clarifiant les relations entre notre pays et Sky Color, Akira Investments Ltd, Mali BBJ Ltd, Jet Magic Ltd d’une part et les hommes d’affaires corso-gabonais qui rodent autour de ces sociétés d’autre part.

Bamako, le 4 novembre,
Le Comité Directeur.

PS : Une autre déclaration sera publiée prochainement sur les mic-macs financiers du contrat attribué à Guo-Star.

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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