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Zahabi Ould Sidi Mohamed, Président du CN-DDR : « La culture est un vecteur pour la paix dans le monde »

mardi 2 mars 2021

Au regard du fort potentiel de la contribution du Festival AG’NA au retour de la paix et de la cohésion sociale entre les différentes communautés maliennes, Zahabi Ould Sidi Mohamed, en sa qualité de Président la Commission Nationale de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion (CN-DDR), est devenu un habitué de la manifestation. Du 25 au 28 février 2021, il a participé à toutes les activités. Et, n’a jamais rater l’occasion de dire aux uns et aux autres que les maliens ont une seule issue : s’entendre sur l’essentiel pour le développement de leur pays.

Dans le cadre d’un débat télévisuel intitulé « AG’NA TV », produit par Walaha Web TV, il a insisté sur la place que la culture doit jouer dans la paix et la cohésion sociale. Mais, il a profité de l’occasion pour rappeler la nécessité de l’application de l’Accord d’Alger pour la paix au Mali.

Après avoir félicité les organisateurs du Festival AG’NA que sont Mani Ansar et Fousseny Diakité, à travers leur structure respective (Festival au Désert et Festival Ciné à dos), l’ancien ministre des affaires étrangères du Mali a déclaré que « la culture est un vecteur pour la paix dans le monde ». Selon, lui, le Festival AG’NA est un facteur d’union nationale, où l’on lie l’utile et l’agréable.

C’est précision faite, il a tenu à faire comprendre que le processus de désarment est la pierre angulaire de l’application de l’Accord pour la paix au Mali, issu du processus d’Alger. Après avoir rappelé sa longue expérience de faiseur de paix dans plusieurs pays d’Afrique, il dira qu’un accord est un outil pour la paix qui engage un processus pour aider les parties à construire la paix.

« Contrairement à ce qui se dit par-ci et par-là, il faut reconnaître que le Mali a beaucoup progressé dans le chemin du retour définitif de la paix », a-t-il indiqué. Selon lui, la Commission Nationale de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion (CN-DDR), une des exigences fondamentales de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger, est parvenu aujourd’hui à boucler le recensement de tous les hommes en arme. Il a ajouté qu’ils ont même entamé l’intégration de 1 800 personnes, dans les forces armées maliennes reconstituées. « Notre objectif, est d’arriver à 3 000 combattants intégrés dans l’armée reconstituée pour participer à la lutte contre le terrorisme. « Avec ça, nous avons fait un grand pas vers la bonne direction », a-t-il déclaré.

Mais, qu’à cela ne tienne, il dira que les quotas définitifs seront déterminés par deux facteurs : les besoins du terrain en matière de sécurité et les moyens dont dispose l’Etat. « Une fois ce besoin connu, le reste des ex-combattants ira dans la réinsertion », a-t-il précisé. Avant d’ajouter que le secteur de la culture pourra aussi être mis à profit pour recevoir des anciens combattants. A ce titre, il a pris l’exemple du groupe Tinariwen qui a troqué les armes contre les instruments de musiques, notamment la guitare.

Sans dévoiler des secrets d’état, il estime à 25 000 hommes, les besoins pour la sécurité du pays et environ 7 500 projets qui seront mis en place pour les jeunes du Mali, afin de leur donner des espoirs.

Et, comme tout cela est conditionné aux moyens dont dispose l’Etat, aux plus sceptiques il dira que le Mali n’est pas un pays pauvre. Selon lui, le pays regorge d’énormes ressources connues et même dans son sous sol. « Ce n’est pas normal que les maliens soient pauvres avec tout ce potentiel. Le Mali peut être et doit être un pays émergent, comme tant d’autres en Afrique », a-t-il déclaré.

A la question da savoir pourquoi le Mali n’arrive pas à exploiter son potentiel afin d’enclencher son développement, Zahabi Ould Sidi Mohamed dira qu’on est sur la bonne voie. « Je prie Dieu que ce soit le dernier accord pour la paix que nous soyons obligés d’appliquer », a-t-il déclaré.

Et, comme il est très sûr de ses actions à la tête de la Commission Nationale de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion (CN-DDR), il a déclaré « dans deux ans, nous aurons la 1ère édition du Festival au désert, après la crise, à Essakane ». Selon lui le Mali est unique dans sa diversité. Et, bénéficie d’une grande chance du point de vu culturel. « Il n’ya pas de racisme au Mali », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que le Mali a une diversité culturelle inclusive. Pour preuve, il dira que l’esprit du Festival AG’NA, c’est la paix et le vivre ensemble.

Et, pour cela et au regard de tout ce qui a été fait par les acteurs culturels au Mali, Zahabi Ould Sidi Mohamed dira : « au moment du bilan, on verra que la culture à jouer pleinement son rôle dans le retour de la paix au Mali ».

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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