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Unité, paix et réconciliation : Les fils du « Dinandougou » se retrouvent autour du Coran

vendredi 23 mars 2018

Depuis cinquante ans, les fils de la commune rurale du « Dinadougou » sont divisés. Cette division était très visible à Kénenkoun, chef-lieu de la commune, où pour des raisons politiques, il était devenu difficile, voire impossible aux habitants de désigner leur chef de village et grand Imam. Dans l’espoir d’inverser la donne pour favoriser l’entente et la cordialité dans l’ensemble de la commune de Dinandougou, pour la restauration de la paix, la réconciliation et l’unité, le site Dinadougou a initié une rencontre inclusive des populations autour de l’ensemble des chefs et imams des 29 villages de la commune de Dinandougou. Bénie par une lecture de Coran, cette rencontre a eu lieu, le 18 mars 2018, sur l’esplanade de l’Ecole fondamentale de Kénenkoun, archi-comble.

L’Association pour l’Unité et le Développement de Kénenkoun (AUDK) a été mandatée par le site Dinandougou pour organiser ladite cérémonie. Sous la diligence de son président, Dr Soumana Kané, Directeur général du CNR-ENF (ex-DNAFLA), elle a inlassablement œuvré pour mettre les uns et les autres d’accord sur l’essentiel. Ce labeur a visiblement payé, vu l’affluence des ressortissants du Dinandougou. Ceux de l’extérieur sont venus très nombreux pour communier avec leurs frères du terroir en faveur de la paix et de la réconciliation. Les membres de l’Association pour l’Unité et le Développement de Kénenkoun étaient heureux d’avoir réussi leur pari : réunir tous les fils du Dinandougou.

Le maire de la commune rurale de Dinandougou, après avoir remercié les participants, a invité les religieux, sous la direction d’Abdoul Aziz Kouma, grand Imam de Kénenkoun, à lire le Coran. Les Imams des 29 villages de la commune, y ont pris part. Avant de clore la cérémonie de lecture, le grand Imam s’est adressé à l’audience par des bénédictions et a prié le Tout-Puissant pour qu’il permette la restauration de l’entente, la paix, la réconciliation et l’unité entre l’ensemble des fils de Dinadougou. Il a aussi et surtout recommandé, les larmes aux yeux, aux populations de ne plus se prêter à la suspicion les uns envers les autres. Il les a tous invités à se rapprocher pour ne prêcher désormais que les bonnes causes. Il a spécialement prié pour toutes les personnes qui ont financièrement contribué à la réalisation de cette rencontre.

L’honorable Labass Kané, député élu de la circonscription de Koulikoro et ressortissant de Dinandougou, s’est dit très heureux de vivre cette rencontre pour la paix et la réconciliation. A cet effet, il a remercié et félicité toutes les personnes ressources qui ont contribué à sa réalisation.

Le président des ressortissants de Dinandougou à l’extérieur, Souleymane Doucouré, a estimé que les citoyens de Dinandougou doivent s’estimer heureux. Car, c’était de cette manière que leurs aïeux procédaient pour résoudre leurs problèmes. Il a informé que son association est ouverte à tous les ressortissants de Dinadougou, vivant à l’extérieur. Il n’a pas manqué de saluer vivement les chefs de villages, les Imams, maires et l’ensemble des ressortissants de sa commune. Il a aussi espéré que les populations de son terroir procèdent dorénavant à de telles rencontres pour résoudre leurs divergences, voire leurs différends.

Le président du site Dinandougou, Mohamed Allassane Touré, est allé sur la même lancée que ses prédécesseurs. Il a expliqué que le site a été créé pour la recherche de l’entente, la solidarité, la paix et la réconciliation entre les populations de la commune. Il a informé qu’un site web interactif est ouvert à tous pour la diffusion en temps réel des informations. Ce qui, selon lui, permettra d’éviter les suspicions.

Dr. Soumana Kané, visiblement satisfait d’être sur le point de réussir son pari, a indiqué que son association n’est pas surprise d’avoir pu mettre d’accord tous les fils de Dinandougou sur l’essentiel. Il a expliqué que l’entente, la solidarité et la réconciliation sont nécessaires pour surmonter tous les écueils de la vie. Pour lui, c’est grâce à cela que son association est parvenue à réunir, à travers cette rencontre, tous les fils du terroir. C’est pourquoi, Dr. Kané a invité les ressortissants du Dinandougou à s’investir davantage pour l’atteinte de l’idéal de paix, d’entente, d’unité et de réconciliation dans la pérennité.

Correspondance particulière de
Gaoussou Madani Traoré


A propos de Kénenkoun
(En encadré)

La commune de Dinandougou couvre une superficie de 534 km2 avec une population estimée à 21 360 habitants. Elle est limitée à l’est par la commune de Tamani (Cercle de Barouéli), à l’ouest par la commune du Méguétan (Cercle de Koulikoro), au nord par la commune de Tougouni (Cercle de Koulikoro) et au sud par la commune de Guégneka (Cercle de Dioïla). Le Chef-lieu de commune de Dinandougou est Kénenkoun (éthymologiquement : Kendégoun, lieu propice pour la culture du sorgho). La commune est située à 45 km de la ville de Koulikoro sur la rive droite du fleuve Niger. C’est une sous-préfecture d’arrondissement du Cercle de Koulikoro, dans la deuxième région administrative du Mali. A l’époque coloniale, le Dinandougou constituait un canton dont le chef exerçait son pouvoir sur 15 villages. Actuellement, la commune rurale de Dinandougou regroupe 29 villages.

D’après les archives du vieux notable Bakoroba Touré, Kénenkoun serait créé il y a plus de six siècles. Sa première mosquée fut construite en 1639 sous le règne de Sakolè Kané. Mais la première mosquée de vendredi a vu le jour en 1898. Soumounou Forè venant de Tiérikala (à 6 km), serait le fondateur du village. Mary Tinèkè lui succéda. Puis vint la dynastie des Kané, lesquels sont venus de Séribala, cercle de Kolokani dans le Bélédougou. Ainsi, Issoufou Kané fut le cinquième chef de village et le premier des Kané. Le dernier chef de village, Bantou Kané, est décédé il y a trois ans et n’a toujours pas de successeur.

Si à ce jour, l’agglomération de Kénenkoun est majoritairement habitée par les Kané (considérés comme des Marakafing), on dénombre également des Nimaga, Kouma, Sylla, Doucouré, Haïdara, etc. Des Bozos et Somonos y vivent également. La population de Kénenkoun parle majoritairement le Bamanankan.

G.M.T.

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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