Un autre regard, les maliens de France s’expriment/ Moussa Sidibé à propos de Kidal : « Il faut que le PM ou les ministres concernés démissionnent »

mercredi 28 mai 2014

Dans notre rubrique un « AUTRE REGARD, les maliens de France s’expriment », Moussa Sidibé, malien installé en France et diplômé de la Sorbonne, réagit sur les événements de Kidal. En substance, il pense qu’il n’était opportun pour Moussa Mara, le Premier ministre malien d’aller a Kidal. Et de passage il déclare : « Entre temps, nous devrons accepter de négocier avec la France sur Kidal, en ayant des négociateurs très aguerris. Je dis bien, négocier avec la France car ne nous voilons pas la face, le nœud Kidal est autour des richesses de cette zone ». Lisez !

Notre Nation.com : Quel est votre impression sur les événements de Kidal ?

Moussa Sidibé : Pour moi la visite du PM était inopportune même si elle était nécessaire, légale et légitime. Mais on ne gère pas un pays par des barouds d’honneur du genre « l’autre n’a pas pu, moi je peux. Je le dis et je le fais ». Elle aurait dû être minutieusement préparée et planifiée. Pour l’offensive, j’ai le même avis : une offensive militaire est planifiée dans les moindres détails et répond à des objectifs précis sur la base d’une évaluation des réalités du terrain. Donc celle engagée par le Mali, dans l’état actuel de notre armée était vouée à l’échec.

Qu’est-ce que vous proposez comme solution ?

Pour les propositions, d’abord il faut tirer toutes les conclusions de cet échec. Au besoin il faut que le PM ou les ministres concernés démissionnent, pour une vraie réhabilitation de notre démocratie par la responsabilité et la volonté d’assumer. Connaissant les réalités des forces, le Mali avait tout intérêt à se préparer d’abord. Peu importe le temps que cette préparation prendrait. Entre temps, nous devrons accepter de négocier avec la France sur Kidal, en ayant des négociateurs très aguerris. Je dis bien, négocier avec la France car ne nous voilons pas la face, le nœud Kidal est autour des richesses de cette zone. Acceptons car nous ne sommes pas dans l’état d’imposer notre point de vue. Quant au MNLA, plus nous faisons moins de dépit à la France, plus on affaiblit le MNLA et nous nous positionnerons mieux. Mais notre orgueil et le patriotisme irréalistes nous poussent à réfléchir autrement. Nous avons tout intérêt à travailler pour renforcer nos institutions : politiques, militaires, économique, sociale pour nous permettre de peser dans nos rapports avec les autres. Cela demande des années de travail, nécessité par des années de gabegies et de laisser aller.

Propos recueillis par Aboubacar Eros Sissoko

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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