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    Suspension du mot d’ordre de grève du SYNACOR : Le carburant pourra couler dans les stations services du Mali

    vendredi 26 mai 2017 , par Assane Koné

    Aujourd’hui, dans le mali de IBK, pour qu’un syndicat ait gain de cause, il faut passer à l’étape de la grève illimitée. Le Syndicat national des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali (SYNACOR-Mali) vient d’expérimenter cette nouvelle démarche de la lutte syndicale au Mali. Son mot d’ordre de grève illimitée lancé le 17 mai 2017, a été des plus efficaces. Tous les maliens, ou du moins ceux de la capitale Bamako, l’ont senti de façon grave et en ont déduit la menace d’une pénurie de carburant.

    Déjà le jeudi 25 mai 2017, jour férié au Mali, à cause de la fête de l’Afrique, quelques automobilistes ont été surpris d’apprendre au niveau des stations de vente de carburant que l’essence était en rupture de stock. Mais, c’est le mardi 26 mai 2017, que la menace a été perceptible, avec la reprise du travail.

    Devenue une denrée rare, l’essence attirait les automobilistes comme le miel attire les mouches. Dès qu’une station disposait de quelques litres dans ses cuves, elle était prise d’assaut par de nombreux automobilistes et motocyclistes.

    Comme l’essence, la grève du SYNACOR – Mali a crée une situation qui devenait de minute en minute très volatile. Avec les grèves, rares sont les stations qui sont parvenues à se ravitailler. Et, la menace grave sur l’économie du pays et l’ordre public, a amené les autorités à prendre le dossier à bras le corps.

    Face à la détermination du SYNACOR-Mali, les autorités n’avaient pas le choix que de trouver des solutions à leurs revendications.

    A l’issue d’une rencontre urgente, un procès verbal de conciliation a été publié. Signé pour le synacor par Moctar Dabo, pour le CMTR par Youssouf Traoré, pour la CSTM par Mahamane Kounta, pour la Direction nationale du Travail par Fassoum Coulibaly et pour la DNTTMF par Mamadou Koné, le procès verbal de conciliation indique que qu’Après les échanges et discussions sur toutes les questions objet du préavis, les parties ont convenu de :

    • La convocation dès mardi 30 mai 2017 à 10 heures de la Commission paritaire de relecture de la Convention collective des chauffeurs et personnel des transports routiers privés du Mali pour discuter de toutes les questions relatives au salaire,
    • La transmission des dossiers INPS des travailleurs à la Direction National du Travail pour examen

    Se voulant précis et sans ambigüité, le Procès verbal a indiqué que « les discussions ont aussi porté sur la mise en œuvre des dix points de revendications qui ont fait l’objet d’accord total entre les parties ».

    Et de conclure que « de tout ce qui précède le syndicat après avoir remercié toutes les parties a décidé de suspendre son mot d’ordre de grève illimitée ».

    Moralité de l’histoire, il faut passer par des grèves illimitées pour avoir gain de cause au Mali. Il faut que le Gouvernement reprenne en main la gestion des grèves au Mali. Parce que s’il faut que les partenaires sociaux passent toujours à la vitesse supérieure en déclenchant des grèves illimitée pour entrer en possession de leurs droits, cela donne une mauvaise image de notre pays.

    Il est connu de tous que le Mali fait des pays au monde qui réserve le plus mauvais traitement salarial à ses filles et fils, mais, nous ignorons que le Gouvernement du Mali, se soit engagé dans une compétition pour remporter la palme du gouvernement le moins regardant des droits des travailleurs.

    Assane Koné

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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