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Sécurité dans le centre du Mali : L’Etat doit surveiller le secteur de Macina comme du lait sur le feu

dimanche 16 avril 2017

Décidément le Mali, après avoir perdu une bonne partie du nord, ne veut rien faire pour préserver le centre du pays. Il ne se passe de jour que des nouvelles inquiétantes ne viennent du secteur de Macina. Que se passe à Macina ? Pourquoi l’Etat malien n’y bande pas les muscles pour mettre fin à ce que ressemble à un début de conflit communautaire ?

Des dozos ou chasseurs traditionnels, sous le couvert de milices sécuritaires, se rendent justice. Excédés par le niveau sans précédent de l’insécurité, ils s’en prennent aux peulh qu’ils accusent d’être des Djihadistes. Et, malheureusement, certains peulhs fanatiques de Amadou Koufa ne font rien pour améliorer la situation. Enlèvements d’enfants bambara par-ci, ou vol de troupeaux appartenant aux bambaras par-là. Et, pour pourrir les relations séculaires, des communautés dans un réflexe primaire ont décidé de s’auto-défendre. Mais contre qui ? Sûrement contre la communauté la plus proche.

L’Etat pratiquement quasi-inexistant, n’a aucune capacité d’envoyer des signaux rassurant. Et, de jour en jour le secteur de Macina, Ténékou et Diafarabé, voir tout le centre du Mali sombre petit à petit d’ans un chaos indescriptible.

Dans ce climat généralisé d’insécurité qui s’installe dans le centre du Mali, deux faits très graves doivent interpeller les autorités à prendre les taureaux par les cornes.

Il y a environ deux semaines que des enfants de retour d’un dispensaire de brousse, où ils étaient allés faire penser leurs plaies, ont été enlevés par des soit disant Djihadistes. En tout cas la population locale jure la main sur le cœur que ce sont des Djihadistes. Pour la simple raison que les Dozos accourus pour les secourir ont été pris dans une embuscade qui aurait fait deux morts et un blessé grave.

Attention, enfants soldats arrivent

Ce fait est grave, parce que traduit l’existence d’un réseau d’enlèvement d’enfants. Mais à quelle fin ? Sûrement pour en faire des enfants soldats.

Et, c’est ici que l’on ne peut pas et ne doit pas comprendre, l’attitude de l’UNICEF et de la MINUSMA, sans égard pour l’Etat du Mali, qui se sont permis de passer un accord avec la CMA, pour mettre fin au enlèvement des enfants, afin d’en faire des soldats.

A l’époque de la signature de ce document, nous avons dénoncé la caractère liberticide de l’approche qui n’allait qu’encourager le phénomène, pour la simple raison qu’elle avait tout l’air d’une prime à l’impunité.

Donc, aujourd’hui si du côté de Macina, des éléments armés se prêtent à ce jeu, l’on ne peut que déplorer l’approche complaisante de l’ UNICEF dans le traitement du dossier d’enfants soldats dans le nord du Mali.

Le second fait dangereux, qui doit pousser l’Etat du Mali à agir dans l’urgence c’est ce système de la vendetta qui a tendance à se mettre en place dans les secteurs de Macina, Ténékou, Youwarou et Diafarabé.

La justice privée s’installe

Comment comprendre que pour des bœufs disparus que des bambaras s’organisent pour enlever des peulhs ?

En effet, le 15 avril 2017, jour de foire de Macina, il n’y avait pratiquement pas de peulhs au Marché. Pour cause : à 40 Km de Macina, des individus ont pris la lourde décision de faire débarquer les peulhs des véhicules qui ont quitté Ténékou et Diafarabé pour rallier Macina.

Au moins, une vingtaine de peulhs (sûrement plus) a été ainsi soustraite des véhicules pour se voir conduire dans la forêt avoisinante.

Selon notre source, ces peulhs ont été menacés de morts par leurs ravisseurs, s’ils ne dénoncent pas les siens qui sont à la base des multiples vols de bétail des bambaras.

L’Eta doit rapidement prendre des dispositions pour faire libérer ces peulhs et mettre fin à de tels enlèvements, qui sont de nature à braquer les communautés, les unes contre les autres.

Entre nous, il est temps que les uns et les autres comprennent tout peulh n’est pas Djihadiste et tout Djihadiste n’est pas peulh.

Mais, nous pensons que l’Etat doit se donner les moyens pour être beaucoup plus présent dans le centre du pays. Cela va rassurer les populations et garantir la sécurité.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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