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Second tour de législative 2020 : Une journée dans un centre de vote à Missira

lundi 20 avril 2020

Le deuxième tour des élections législatives du 19 Avril 2020, offrait une seconde chance aux candidats encore en course pour l’Assemblée Nationale. De l’ouverture des bureaux de vote, à 8 heures jusqu’à la fermeture à 18 heures, les électeurs ne se bousculaient pas dans les urnes. L’ambiance dans la commune II, du district de Bamako, principalement dans le groupe scolaire de Missira Ibrahima Amadou Sangho n’ était pas celui des grands jours d’élection.

Il est 8 heures, dans une ambiance monotone, comme lors du premier tour, les électeurs viennent en petits groupes pour accomplir leur devoir citoyen : voter. Cette fois-ci le contexte particulier lié au covid-19, pourrait expliquer la faiblesse de la mobilisation. Et, du coup la capacité d’attroupement a été limitée dans plusieurs centres de vote.

Devant le groupe scolaire, qui comptait une trentaine de bureaux de vote, deux gendarmes veillaient à ce que chaque citoyen se présente muni de sa carte d‘électeur. Comme mesure sanitaire, à l’intérieur, des kits de lavage des mains ont été déposés de part et d’autres. Compte tenu du contexte, des agents du réseau national des associations et ONG des jeunes du Mali, s’étaient donnés la mission de sensibiliser les gens sur les pratiques d’hygiène recommandées dans le cadre de la lutte contre la propagation du covid-19 dans notre pays. Les autorités sanitaires donnaient au passage à chaque électeur un masque de protection.

Au constat du non respect de la distanciation sociale d’un mètre, ces agents n’ont ménagé aucun effort pour faire respecter les consignes de sécurité. « En Afrique surtout au Mali, il y a encore des gens qui ne croient pas à l’existence de la pandémie et cela rend plus difficile encore notre tâche », a déclaré Doussou Moriba Traoré, membre du réseau national.

Devant quelques bureaux, juste à l’entrée, on notait des lignes respectant la distanciation d’un mètre, entre les gens. A ajouter que, dans ce centre, des listes des électeurs n’étaient pas affichées devant tous les bureaux de vote.

Certains candidats étaient représentés dans les centres notamment, le président du club des amis de Karim Keita (CKK). « 51 % peut faire passer notre candidat mais nous voulons qu’il écrase les autres concurrents avec un score fleuve », a indiqué Bassirou Tandjigora, président du Club CKK. Il a assuré qu’ils ont fait tout leur possible pour assurer la victoire de leur candidat.

Pour le bon déroulement du scrutin, des partis politiques comme ADP-MALIBA, ont envoyé des délégués et des superviseurs dans le but de s’assurer du bon déroulement du vote. Malgré quelques retards dans l’ouverture des bureaux liés à l’acheminement du matériel de vote, des présidents de bureaux, étaient très tôt mobilisés par rapport au tour précédent. Interrogé, le coordinateur de tous les bureaux de vote Moustapha explique que le manque de mobilisation, des électeurs, pourrait être lié à la maladie à coronavirus. Plus loin, il suppose que l’affluence grimpera dans l’après-midi comme dans toutes les autres élections. « Au premier tour le niveau d’affluence était moins élevé », a déclaré Bassirou Traoré, président du bureau de vote numéro deux.

Les électeurs ont montré des signes de satisfaction quant au déroulement des élections, mais aussi du devoir civique accompli. Pour Ibrahim Koné dit Boby, le vote est un acte du bon citoyen. Car, c’est grâce au vote que le citoyen montre sa préférence. Pour Seydou Dansogo, le vote permet de faire avancer le pays. Cependant, il a fallu attendre l’après-midi comme l’avait annoncé le coordinateur pour voir l’affluence massive des électeurs de la commune. Les partisans politiques faisaient des allers-retours à toute allure. Le sourire était présent mais l’inquiétude aussi.

Bakary Samaté (Stagiaire)

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.