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Rencontre inter-régionale : les communautés de Mopti et de Ségou sous le signe de la cohésion sociale et de la paix

mercredi 24 juillet 2019

Du 21 au 22 juillet 2019, sous l’égide du ministère de la cohésion sociale de la paix et de la réconciliation nationale, l’Association Faso Dambé Ton a organisé dans la région de Mopti une rencontre inter-régionale entre les communautés de Mopti et de Ségou. L’objectif visé est de pouvoir inscrire tous les protagonistes armés dans un processus pérenne de paix et de cohésion.

Cette rencontre de deux jours a enregistré la présence du Gouverneur de la région de Mopti, du Maire de la commune urbaine de Mopti, du Chef de la Mission d’appui à la réconciliation nationale (MARN), des Chefs traditionnels, religieux, les communicateurs traditionnels de Mopti et de Ségou, des représentants de la société civile, des représentants des Chasseurs, des Peulhs de Ségou et de Mopti, des représentants des jeunes et des femmes de ces deux localités.

Issa Makalou, vice-président de l’Association Faso Dambé Ton, a constaté que tous les conflits sociétaux trouvaient leurs solutions dans le cadre bien structuré de nos valeurs traditionnelles et les problèmes intercommunautaires que nous vivons aujourd’hui ne se seraient jamais produits ou n’auraient jamais atteint une telle proportion si nos valeurs sociétales ne s’étaient pas effritées.

L’Association Faso Dambé Ton se veut défenseur et promotrice de nos bonnes valeurs traditionnelles, culturelles et ancestrales qui ont fait la gloire de nos différentes sociétés d’antan et qui méritent d’être entretenues et transmises de génération en génération.

Aux dires du vice-président de cette association, la crise intercommunautaire, sciemment orchestrée par les ennemis de la république, s’est donc installée et en l’absence de l’Etat, les milices communautaires d’auto défense ont vu le jour avec son corollaire de dérives de toutes sortes. Les bandits de grand chemin profitent de cette situation confuse pour s’adonner à leur exercice favori à savoir : le vol de bétail, les assassinats, les agressions de toutes sortes.

Par la même veine, il dira qu’aujourd’hui au Mali, les représentants de l’Etat à savoir les préfets, les sous-préfets, les gendarmes, les policiers, les agents des eaux et forêts, les percepteurs des impôts, les agents de santé et autres, présents dans nos régions, nos cercles, nos communes, nos villages font du quotidien des populations locales un véritable enfer. A cela s‘ajoute, les mauvais maires, qui s’adonnent à la spéculation foncière, véritable source de conflits entre les populations, font partie des ennemis de ce pays.

« L’Etat Malien est par voie de conséquence détesté dans nos contrées. Quand un mur se fissure, le lézard y entre facilement », a-t-il illustré. Avant de préciser que la persistance des crises au nord et au centre réside largement dans le fait que beaucoup d’acteurs concernés par ces évènements y trouvent leur compte sur le plan pécuniaire.

Par la suite, il a indiqué qu’aujourd’hui au Mali, beaucoup de nos chefs religieux et traditionnels ont aussi déserté nos mosquées et nos cases traditionnelles au profit du terrain politique et pour des intérêts bassement matériels et financiers. « Nous leur disons qu’ils n’ont pas leur place dans ce milieu. On leur demande de se ressaisir pendant qu’il est encore temps », dit-t-il.

Pour Faso Dambé Ton, il est du devoir de chaque citoyen d’un pays de contribuer à l’avènement de la paix et de la sécurité, afin de préserver la cohésion sociale et la quiétude, garantes des libertés fondamentales, du bien-être social et du développement harmonieux. Pour cela Faso Dambé Ton a donc décidé de s’impliquer au centre du pays dans la recherche de solutions aux conflits fratricides et destructeurs entre les fils d’une même nation. Elle a entrepris dans cette optique, de 2015 à nos jours, des démarches auprès de nos autorités administratives, de toutes nos légitimités traditionnelles, religieuses, nos communicateurs traditionnels et la société civile.

Faso Dambé Ton appelle ses frères peuls, dogons, bambaras …. Qui ont pris les armes de rejoindre le camp de la paix car les armes ont toujours détruit ce que les hommes ont construit. Elle compte capitaliser sur ces acquis très importants en adoptant le schéma opérationnel qui suit : Organisation de cette grande rencontre à Mopti avec la participation de tous les acteurs des localités concernées par les conflits, diffusion d’images vidéos attestant le retour de la paix sur le terrain (cas de Diafarabé), déplacement dans les jours à venir de Faso Dambé Ton dans les 10 cercles (Niono, Macina, Teninkou, Djenné, Douentza, Bandiagara, Bankass, Koro, Youwarou, Mopti), organisation de rencontres dans les cercles susvisés avec les légitimités traditionnelles, religieuses, les communicateurs traditionnels, les autorités administratives, les populations locales pour information et sensibilisation.

Il est à noter que Faso Dambé Ton est une association avec des milliers d’adhérents ayant en partage les mêmes idéaux, les mêmes visions quant à la promotion de nos valeurs traditionnelles, culturelles et ancestrales sur toute l’étendue du territoire de la République du Mali, dans un souci de bien-être social, économique de toute la population malienne.

Pour témoigner l’entente mutuelle entre les différents protagonistes, le représentant des chasseurs a remis au représentant de la communauté Peulh des noix de cola en guise de réconciliation.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.