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RAPPORT 2020 DU VERIFICATEUR GENERAL : Mention honorable à la gestion de l’Opam

lundi 5 octobre 2020

La direction de l’Office des produits agricoles du Mali est à pied d’œuvre pour rentrer en possession des impayés constatés par une Mission du Vérificateur général. D’ores et déjà, l’irrégularité relative au non reversement des recettes qui s’élève à 721 millions F CFA a été entièrement corrigée. Celle relative à « la non-application des procédures de recouvrement des frais de location de magasins » (60 millions F CFA) est en passe de l’être. Sur l’irrégularité relative aux pénalités de retard, des lettres ont été adressées aux opérateurs économiques concernés pour le règlement du montant incriminé.

L’Office des produits agricoles du Mali ( Opam) est un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Il a pour mission de : constituer, gérer et conserver un stock national de sécurité alimentaire permettant d’intervenir en cas de besoin, sur toute l’étendue du territoire national ; assurer l’approvisionnement des zones déficitaires sur la base d’un plan national de ravitaillement ; gérer et distribuer les aides alimentaires en céréales dans le cadre des conventions conclues avec les partenaires.

Du 1er janvier 2016 au 30 juin 2019, le montant total des dépenses effectuées par l’OPAM s’élève à 10,362 milliards de FCFA. Pendant la même période, il a réalisé des recettes à hauteur de 10,127 milliards de F CFA. Tenant compte de tout ce qui précède, a t-il initié une vérification de la gestion de l’Opam au titre des exercices 2016, 2017, 2018 et 2019 (31 août).

Le rapport publié fait état d’une « irrégularité financière total qui s’élèverait à 830 438 105 F CFA ». Elle a trait aux dires du Vérificateur général : au non reversement des recettes issues de la vente du SNS pour un montant de 734 765 060 F CFA » « à la non-application des procédures de recouvrement des frais de location des magasins pour un montant de 60 914 754 F CFA ; à des livraisons de sacs non conformes pour un montant de 8 536 125 FCFA ; à la non-application des pénalités de retard sur des contrats pour un montant de 26 222 166 F CFA.

Ce qu’il faut noter dans ce rapport, c’est que les « irrégularités financières » citées par le Végal, sont loin d’être des cas de détournements de fonds. Elles résultent du simple fait des retards de reversements de somme d’argent soit de l’Opam vers le Commissariat à la sécurité alimentaire soit des locataires des magasins de l’Opam vers la DFC de l’opam.

Sur « la non-application des procédures de recouvrement des frais de location de magasins », l’Opam a travers la Direction des finances et du controle a dejà entrepris des démarches pour recouvrer les créances non recouvrées auprès des locataires. D’ailleurs, le rapport y fait mention : « Suite aux travaux de la Mission de vérification, la directrice financière et comptable (DFC) a pu recouvrer, à travers les services d’un huissier recruté à cet effet, un montant total de 19 676 000 F CFA ». Ce faisant, le montant restant non recouvré est de 60 914 754 FCFA ». Les créanciers sont des operateurs économiques, des structures de l’Etat, des structures privés. Voici la clé de répartition des 60 millions : Oumar S Diallo doit à l’Opam 1, 156 000 F CFA, EDM SA ( 1747 928 F CFA), Nicolas Bittar ( 5 075 000 F CFA), société CCM-SA Kayes ( 15 340 000 F CFA), Sera Mali ( 25 537 007 F CFA), R Logistique ( 4 160 000 F CFA), ARAA ( 7 898 819 F CFA). Des huissiers sont déjà à leur trousse pour recouvrer lesdites sommes.

Sur le « non reversement des recettes issues de la vente du SNS ». En 2017-2018, après la vente des produits du SNS, l’Office devrait verser au compte du Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA) 721 024 780 F CFA ce, conformément au code de gestion du SNS. A cette époque, puisque les caisses de l’Opam étaient en souffrance, la direction a du coup utilisé ladite somme pour assurer le fonctionnement régulier du service en attendant des entrées financières.

Après la Mission de Vérification séjournait à l’Opam, la direction du CSA dans une correspondance en date du 15 septembre 2020 informa le PDG de l’Opam de sa décision de procéder à une rétention de 721 024 780 F CFA sur le montant à payer à l’Opam pour le rachat par le CSA des 6000 tonnes de riz importé. Le montant de cette vente s’élève à plus 1, 2 milliards F CFA. Autrement dit, avec ce compromis, l’Opam éponge ce qu’il doit au CSA dans le cadre des 721 millions F CFA. Comme pour dire que l’irrégularité financière sur le « non reversement des recettes issues de la vente du SNS » n’est plus d’actualité, le PDG de l’Opam a accepté la demande de rétention du DG du CSA et notifié ledit accord au Vérificateur général.

En sommes, les irrégularités portant sur le « non reversement des recettes issues de la vente du SNS » et « la non-application des procédures de recouvrement des frais de location de magasins » ont été entièrement corrigées.

Sur l’irrégularité relative aux pénalités de retard, des lettres ont été adressées aux opérateurs économiques concernés pour le règlement du montant incriminé soit 26 222 166 F CFA. Il s’agit de : Dramera et frère ( Sodraf) 3 248 000 F CFA, Etablissement Gaakoye et Frères SARL pour 4 480 000 F CFA, Kouma et frères pour 17 472 000 F CFA, Abdoulaye Touré pour 415 776 F CFA, Sté Nour Transport pour 550 000 F CFA, Fatoumata Sogoba 575 840 F CFA.

Le moins que l’on puisse dire c’est que la direction de l’Opam s’est mise à la tache pour prendre en charge les différentes irrégularités constatées par la Mission du Végal et ce depuis la production du Rapport provisoire. A titre illustratif, dans le Rapport le Vérificateur Général mentionne « A l’issue de la production du Rapport provisoire, la Direction générale de l’Opam a pris des dispositions pour procéder à des recouvrements à hauteur de 106 701 944 F CFA ».

Nous pouvons affirmer sans risque de nous tromper qu’aucune irrégularité constatée dans le rapport du Végal ne peut être qualifié de détournement de fonds publics.

Au contraire, le rapport du Végal donne une mention honorable à la gestion de l’Opam.

Amadou Sidibé
ARC EN CIEL

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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