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RAPPORT 2019 DES USA SUR LA TRAITE DES ETRES HUMAINS : « Le gouvernement du Mali ne se conforme pas aux normes »

lundi 9 septembre 2019

Le gouvernement du Mali ne se conforme pas pleinement aux normes minimales pour l’élimination de la traite des personnes, mais il fait des efforts importants dans ce sens, a révélé le Rapport 2019 du Département d’Etat Américain sur la Traite des Etres Humains qui vient d’être publié.

Dans l’ensemble, il a intensifié ses efforts par rapport à la période visée par le précédent rapport ; le Mali a donc été placé dans la catégorie supérieure, la catégorie 2. Le gouvernement a globalement accru ses efforts en intensifiant les poursuites dans les affaires de traite, en entamant des poursuites concernant deux policiers présumés complices, en continuant de travailler en partenariat avec des organisations internationales et des ONG pour former les responsables des services de répression et les dirigeants communautaires et en approuvant le Plan d’action national de lutte contre la traite des personnes 2018-2022. Cependant, le gouvernement n’a pas satisfait aux normes minimales dans plusieurs domaines clés. Le rapport souligne que le gouvernement a continué de soutenir le Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (GATIA), groupe armé non gouvernemental dirigé par un officier de l’armée « qui recrutait et utilisait des enfants soldats, et à collaborer avec lui. Le gouvernement n’a pas enquêté sur des personnes, notamment des responsables publics, soupçonnées de s’être rendus coupables de recrutement d’enfants soldats ni fait d’efforts pour empêcher les groupes armés d’en recruter ou d’en utiliser. Les services de répression ont continué à manquer de ressources et de compréhension de la traite des personnes, ce qui entravait leurs efforts ».

A cette occasion, le rapport fait ressortir une série de recommandations dites « recommandations prioritaires ». Il s’agit : d’arrêter de soutenir les groupes armés qui recrutent et utilisent illégalement des enfants, et tenir pour responsables au pénal tout fonctionnaire de l’Etat complice de recrutement d’enfants soldats. Dans le cadre du processus de paix, dialoguer avec les groupes armés non gouvernementaux pour mettre un terme au recrutement et à l’usage d’enfants ; suivre le protocole en place pour aiguiller les enfants présumés associés à des groupes armés vers des soins adaptés et libérer les enfants injustement détenus ; mener avec vigueur des enquêtes sur les infractions de traite, engager des poursuites à ce sujet, et condamner et punir les trafiquants, notamment les responsables publics complices, en imposant les peines prévues dans la loi de 2012 relative à la lutte contre la traite. Le rapport demande aux autorités maliennes d’ « élargir et renforcer la mise en œuvre de programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion des anciens enfants soldats répondant à leurs besoins spécifiques, notamment soins psychosociaux, réunification des familles, services éducatifs et formation professionnelle ; former les services de répression aux techniques efficaces d’enquête et leur fournir du matériel pour leur permettre d’enquêter ; former régulièrement des juges et des procureurs à la loi de 2012 relative à la lutte contre la traite et normaliser les formations de remise à niveau ». Et enfin, le rapport demande de continuer à fournir un appui financier et en nature aux ONG qui aident à identifier et à aider les victimes de la traite ; élaborer des mécanismes normalisés d’identification des victimes de la traite et former les responsables publics à leur utilisation ; affecter un budget, des ressources et un personnel dédiés au comité de lutte contre la traite et institutionnaliser des réunions mensuelles de ce comité afin d’améliorer l’opérationnalisation des politiques de lutte contre la traite et la coordination interministérielle.

ARC EN CIEL

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.