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    Primature : Pourquoi Soumeylou Boubeye Maïga a accordé sa première audience à l’Ambassadeur d’Algérie au Mali

    mercredi 3 janvier 2018 , par Assane Koné

    C’est pratiquement 24 heures après sa nomination que Soumeylou Boubeye Maïga, nouveau Premier Ministre du Mali, a reçu en audience Son Excellence Boualem Chebihi, Ambassadeur d’Algérie au Mali. Du coup, tous se demandent pourquoi Soumeylou Boubeye Maïga a accordé sa première audience à l’Ambassadeur d’Algérie au Mali ?

    Ce fait pouvait passer inaperçu, si Soumeylou Boubeye Maïga n’est pas étiqueté très proche de l’Algérie. Dès l’arrivée d’IBK à la tête du Mali en 2013, des milieux politiques avaient déjà annoncé l’arrivée de Soumeylou Boubeye Maïga, à la Primature. A l’époque, ça se disait déjà qu’il allait être imposé par l’Algérie au nouveau Président malien. Mais, tel ne fut pas le cas. Même si sa nomination à la Primature était le souhait de l’Algérie, il lui a fallu attendre et voir 4 Premiers ministres se succédés. En effet, IBK, lui a d’abord préféré Oumar Tatam Ly, Moussa Mara, Modibo Keita et Abdoulaye Idrissa Maïga.

    Aujourd’hui, même s’il est vrai que l’Algérie peut et doit jouer un rôle important dans la résolution de la crise malienne, l’on pourrait penser que Soumeylou Boubeye Maïga a urgemment accordé sa première audience à l’Ambassadeur d’Algérie au Mali, pour dire merci au pays de Bouteflika pour son soutien permanent dans sa quête permanente à devenir Premier Ministre du Mali.

    L’on pourrait aussi dire que le soutien dont il bénéficie du côté de l’Algérie, a énormément pesé dans la décision d’IBK. En effet, après avoir grillé 4 premiers ministres comme des fusibles, sans parvenir à une solution durable du conflit malien, Ibrahim Boubacar keita, conscient du poids que doit jouer l’Algérie dans la résolution de cette crise, a surement pensé qu’en nommant celui que le pays de Bouteiflika à toujours souhaité depuis son arrivée à la tête du Mali, pourrait être une aubaine qui l’obligerait à s’investir pleinement dans la quête de solution.

    L’Algérie l’a longtemps souhaité et l’Algérie l’a obtenu. Donc, nous espérons voir rapidement l’Algérie s’engager de façon plus dynamique pour la résolution du conflit malien.

    Et, sûrement, c’est pour réitérer l’accompagnement de l’Algérie qui a toujours été présenté comme son soutien de taille, que Soumeylou Boubeye Maïga n’a pas hésité à recevoir pour sa première audience, en moins de vingt-quatre heures seulement après son installation à la Primature, Son excellence Boualem Chebihi, ambassadeur d’Algérie au Mali, pays qui assure la présidence du Comité de suivi de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale.

    Il nous revient de cette rencontre que le tout nouveau chef du gouvernement malien a rappelé au diplomate algérien les excellentes relations de fraternité et d’amitié qui ont toujours unis le Mali à l’Algérie. Selon notre source, il n’a pas manqué d’exprimer sa ferme volonté de consolider et raffermir la coopération bilatérale entre le Mali et l’Algérie.

    Comme cela est d’usage en pareille circonstance, Son Excellence Boualem Chebihi, a réitéré l’engagement de l’Algérie aux côtés du Mali pour la mise en œuvre effective de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale, fruit du processus d’Alger, qu’il considère comme un gage d’un retour durable de la paix et de l’unité nationale. Et, comme, il fallait s’y attendre l’Ambassadeur algérien a chaleureusement félicité le Premier ministre Soumeylou Boubèye MAIGA pour la haute confiance que vient de lui témoigner le Président du Mali.

    Avec ce soutien algérien qui s’ajoute à celui de la France, en principe les points chauds sur le territoire malien devront retrouver une accalmie dans les jours à venir.

    De passage à Bamako le 31 décembre 2017, Florence Parly, Ministre français des Armées, avait clairement déclaré : « Ce changement de gouvernement a vocation à permettre l’ouverture d’un dialogue plus large ». Selon elle, « c’est ce que le président IBK sait qu’il doit faire car c’est une condition sine qua non du retour progressif à une situation stable au sein du Mali ». Elle avait même laissé entendre qu’ « Aujourd’hui ce n’est pas le cas ».

    Cette sortie du Ministre français des Armées est on ne peut être plus clair. En même temps qu’elle accuse le précédent Premier ministre de n’avoir pas pu donner le « la » pour « l’ouverture d’un dialogue plus large », elle a le mérite de soutenir doublement la décision d’IBK : le départ de Abdoulaye Idrissa Maïga et l’Arrivée de Soumeylou Boubeye Maïga.

    Mais, l’on peut se demander si le soutien français et algérien est suffisant pour que Soumeylou Boubeye Maïga réussisse sa mission de ramener la paix et la sécurité d’ici la fin du 1er mandat d’IBK à la tête du Mali. Est-ce que le fait que le nouveau Premier Ministre est soupçonné d’être très proche de l’Algérie, ne sera pas une source de difficultés pour la réalisation de sa mission, parce qu’une forte implication de l’Algérie ou le succès de l’Algérie dans la résolution de la crise du Mali, n’est pas du goût de tous. Géopolitique et géostratégie obligent.

    Assane Koné

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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