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Pourquoi IBK a limogé 3 chefs militaires : Dioura ou la tuerie de 134 personnes à Ogossagou-Peulh ?

mardi 26 mars 2019

Le dimanche 24 mars 2019, le lendemain de la grande tuerie de Ogossagou-Peulh qui a fait 134 morts, IBK a convoqué un conseil de ministre extraordinaire. A l’issue de ce conseil de ministre, des décisions importantes ont été prises. Plusieurs officiers supérieurs de l’armée malienne ont évolué en grade. Mais, trois chefs militaires ont été limogés et remplacés.

Le Général M’ Bemba Moussa Keita n’est plus le Chef d’Etat major général des Armées du Mali. Il a été remplacé par le colonel major Abdoulaye Coulibaly, son adjoint, qui a été nommé Général de Division pour la circonstance. Ce dernier est désormais secondé par le Général de Brigade Souleymane Bamba. Du côté de l’Armée de Terre, le Chef d’Etat major, le Général Baby a été évincé et remplacé par le nouveau Général de Brigade Kéba Sangaré. Il est secondé par le Colonel-Major Oumar Diarra. Le Général de Brigade Daouda Dembélé devient le chef d’Etat-major de l’Armée de l’Air. Il est secondé par le Colonel-major Ismael Wagué. L’ancien Chef de la sécurité militaire a été aussi remercié. Il a été remplacé par le Colonel-major Boukary Kodio, secondé par le Colonel Salif Mallé.

Mais, la grande question que les maliens se posent aujourd’hui, c’est de savoir pourquoi maintenant ? Pour la simple raison qu’il y a eu des tuerie dans le pays dogon, sans que l’on n’ait eu droit à un tel balayage à la tête de l’armée malienne. Du coup l’on pourrait douter du fait que le départ des trois chefs militaires a un rapport avec la tuerie de 134 personnes à Ogossagou-Peulh dans le Cercle de Bankass.

Et, si ce doute se confirmait, l’on pourrait sans risque de se tromper dire que la décision du Président de la République de limoger les trois Chefs militaires, est motivée par la chute du camp de Dioura, avec son cortège de morts et d’humiliation pour notre pays, à un moment où tous commençaient à saluer la montée en puissance de l’instrument de défense nationale.

Dioura dont personne ne connaît le nombre de victimes, pourrait être l’élément déclencheur du départ du Chef d’Etat major général des Armées maliennes, le Chef d’Etat major de l’Armée de terre et le chef de la sécurité militaire. Quand on sait qu’après cette chute humiliante du camp de Dioura, plusieurs grandes villes maliennes ont enregistré des mouvements de femmes de militaires. A Kayes, Kati, Ségou, Nioro et Sévaré, les femmes de militaires et leurs enfants, sûrement aidés par d’autres personnes pour grossir le lot, ont manifesté, souvent de façon violente, en brulant des pneus sur les artères principales des villes, pour demander que des têtes tombent. Elles ont même scandé des noms qu’elles voulaient voir loin des sphères de décisions de l’armée malienne : le Général M’Bemba Moussa Keita, Chef d’Etat major général des Armées et le général Baby, Chef d’Etat major de l’armée de terre.

Donc, la tuerie de Ogossagou-Peulh sera sûrement la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, sans en être la cause principale du grand chamboulement.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.