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PAIX, RECONCILIATION, COHESION SOCIALE ET VIVRE ENSEMBLE : La caravane de la paix est passée par Ségou avec son aiguille en or

lundi 1er novembre 2021

Pour la paix, la cohésion sociale et le vivre ensemble, aucun sacrifice n’est de trop. Sans paix point de développement. Et, cela a été vite compris par les initiateurs de la Caravane Culturelle pour la Paix : Festival sur le Niger, Festival au Désert et le Festival Teragalte du Maroc. Dans leur volonté de mettre à contribution la culture qu’ils ont toujours perçu comme une aiguille d’or capable de recoudre le tissu social, ils ont initié depuis 2014, une Caravane Culturelle pour la Paix qui sillonne le Mali, des pays de l’Afrique de l’Ouest et même d’Europe pour apporter le message de la paix. L’étape de Ségou de la 8ème édition de cette Caravane devenue incontournable dans le paysage culturel malien, qui devait se tenir en janvier 2021 et qui avait été reporté pour cause de crise sécuritaire et sanitaire, a finalement eu lieu le 30 octobre 2021, à la Fondation du Festival sur le Niger.

A la faveur de l’étape de Ségou de la 8ème édition de la Caravane pour la paix, un certain nombre d’activités culturelles se sont données rendez-vous pour magnifier la paix, la cohésion sociale, l’unité et le vivre ensemble. Les rencontres communautaires autour de la gastronomie avec les communautés du nord et du sud, mais aussi du Maroc ; le vernissage des expositions d’art des artistes Daouda Traoré et Mariam Niaré et la soirée de Caravane consacrée à un Concert géant de musique avec des artistes du nord et du sud, sont les activités culturelles qui étaient au programme de cette étape qui reste l’une des plus importante de la Caravane Culturelle pour la Paix.Au regard de l’importance de l’étape de Ségou, le Ministre de l’Artisanat, de la Culture et de l’industrie Hôtelière et Touristique, y a dépêché Yamoussa Fané, son Chef de Cabinet.

« La Caravane Culturelle pour la Paix se tient un mois après la ‘’Nuit de la Paix’’, un grand rendez-vous de la culture malienne spécialement dédié à la Paix », a déclaré Yamoussa Fané. Il a déclaré que la Caravane Culturelle pour la Paix qui est née de la volonté de trois festivals (Festival sur le Niger et Festival au Désert au Mali et Festival Taragalte du Maroc), soutient la paix, la tolérance et la solidarité au Sahara et dans la région du Sahel ». Mieux, il dira que cette Caravane s ’impose aujourd’hui comme un évènement majeur dans l’agenda culturel de notre pays. A ce titre, il a indiqué qu’elle revêt une importance capitale pour le département.
Au nom du Ministre Andogoly Guindo, il a salué les caravaniers pour la spontanéité avec laquelle ils ont répondu à l’appel à la résistance culturelle. « Un appel qui n’est porté que par une seule foi : la foi en notre capacité à rester fidèles à notre destin ; la foi en notre capacité à rester un peuple uni dans la diversité, un peuple débout sur les remparts de l’unité nationale ! ».

Yamoussa Fané y a délivré des messages très forts. « Le Mali pays des hommes d’honneur, a toujours été une terre de rencontres, de brassage et d’interpénétration où diverses communautés ethnolinguistiques ont vécu en parfaite symbiose, partageant un héritage commun et une communauté de destin », a-t-il déclaré. Et, fort de cela, il a rappelé aux sceptiques que « notre pays est un bassin millénaire de sédimentation de valeurs humaines supérieures, qui ont toujours permis de réguler les tensions sociales et d’instaurer un climat de paix et d’humanisme, au travers des valeurs culturelles de tolérance, de pardon, de solidarité et d’entraide ».

Au regard de tout cela, le Chef de Cabinet du Ministre Andogoly Guindo, a rappelé que la « culture malienne a été et reste le ferment et le ciment de la cohésion sociale, du vivre-ensemble et de l’unité nationale ». Pour cela, il s’est interrogé : Quel meilleur pays que le Mali pour le dialogue interculturel ? Avant de rappeler que le Mali est un pays chargé d’histoire, où des grands conquérants se sont combattus avant de s’accepter et de se tolérer dans une estime réciproque, où différentes religions et des croyances se côtoient pacifiquement. Et, comme « C’est dans les esprits que germent les conflits », Yamoussa Fané dans un emprunt à Frederico Mayor, ancien secrétaire général de l’UNESCO, a proposé que « c’est dans les esprits que se préparent les défenses de la paix ».

Yamoussa Fané a rappelé que la culture a un rôle avant-gardiste à jouer dans le processus de paix et de réconciliation au Mali. Selon lui, « la culture est dans son essence un partage de valeurs. Comme telle, elle peut devenir un antidote puissant à l’extrémisme violent ». Et, mieux, il a estimé que la culture malienne renferme tous les ingrédients sur lesquels notre peuple devrait s’appuyer pour rebâtir le havre de paix qu’il a toujours été. « La culture, ne saurait s’éclore dans le moule rigide de l’uniformise. Comprendre le potentiel culturel de chacun est une source d’enrichissement mutuel », a-t-il déclaré.

Pour Yamoussa Fané, la culture est une source d’inspirations et d’énergies positives pour réconcilier les cœurs, renforcer la paix et la cohésion sociale, renforcer notre identité, nous forger un destin commun et nous affirmer en tant que peuple ou nation respectée. A ce titre, il a déclaré qu’au cours de cette Caravane, des filles et des fils nourris à la même mamelle, revendiquant le même héritage ancestral, un destin commun, magnifieront leur mère Patrie. Ils ont des valeurs communes qui transforment les spécificités en complémentarités, donc en richesses. « Et c’est le message de cette caravane culturelle pour la paix orientée vers ce que l’homme a de meilleur, ce lait de la tendresse humaine qui abreuve ceux qui viennent du Sud et du Nord, de l’Ouest, de l’Est et du Centre », a-t-il déclaré.

Mais, avant lui, Attaher Maïga, pour le compte de la Fondation du Festival sur le Niger, a souhaité la bienvenue à tous les caravaniers. Il a rappelé que la manifestation devait se tenir en janvier 2021, mais avait été reporté en avril 2021, puis à cette date du 30 octobre 2021, à cause de la pandémie à coronavirus et la crise sécuritaire. Il a rappelé que l’évènement s’inscrit dans le cadre de Ségou’Art/festival sur le Niger 2021. Attaher Maïga a profité pour annoncer la date prochaine édition de Ségou’Art/Festival sur le Niger qui est fixé du 1er au 6 février 2022, à Ségou.

Ensuite les représentants des trois festivals initiateurs de cette manifestation qui marque leur engagement pour la paix, ont successivement pris la parole. Mani Ansar, premier responsable du Festival au Désert et non moins coordinateur de la Caravane Culturelle pour la Paix, a rappelé le rôle important que cette Caravane joue entre le Mali et les filles et fils du Mali qui sont dans des camps de réfugiés dans les pays limitrophes et dans des camps de déplacés à l’intérieur du pays.

Mohamed Doumbia de la Fondation du Festival sur le Niger et administrateur de la Caravane Culturelle pour la Paix, a insisté sur les grandes tournées organisées par cette Caravane au Mali, en Afrique et dans le Monde, pour amener la culture à recoudre le tissu social fortement entamé.

Venu du Maroc à la tête d’une délégation, Ibrahim Sbaït du Festival Taragalte, a insisté sur l’objectif premier de cette initiative : promouvoir la paix, la solidarité, la cohésion sociale, le vivre ensemble et l’unité.

Pour sa part, Nouhoun Diarra, Maire de la Commune urbaine de Ségou, très ému et satisfait de cette initiative qui met chaque année sa commune au centre des initiatives culturelles en faveur de la paix et de la cohésion sociale, s’est engagé à soutenir les actions de la Caravane chaque fois que le besoin se fera. « La Mairie de Ségou sera toujours à vos côtés pour cette noble mission de reconstruction de la paix et de la cohésion sociale. Ce genre d’initiative », a-t-il déclaré.

A signaler que cette phase officielle de l’étape de la 8ème édition de la Caravane Culturelle pour la paix, a été animée de main de maître par l’Ensemble instrumental de Ségou, qui a nous a fait revivre les grands classiques de la musique bambara de la cité des 4444 balazans.

Et, la nuit a été consacrée au concert géant.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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