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OFFICE DES PRODUITS AGRICOLES DU MALI : Que cache la grève du comité syndical CSTM ?

lundi 23 mars 2020

La grève est un droit des travailleurs. Mais, faudrait-il qu’elle soit fondée et guidée par des revendications légitimes et légales. Le comité syndical CSTM de l’Office des produits agricoles du Mali (Opam), le 19 mars 2020, lors d’un point de presse, a annoncé sous la houlette d’Oumar Diaby son secrétaire général, sa décision d’observer une grève de 72 heures allant du mercredi 25 mars au vendredi 27 mars 2020. Sauf que cette grève n’est pas motivée par des revendications pertinentes, légales et légitimes.

De quoi Oumar Diaby et ses camarades du comité syndical CSTM de l’Office des produits agricoles du Mali (Opam), ont-t-ils peur ? Que cache leur fébrilité face à une probable résolution du conseil d’administration de l’Opam relative au choix d’un cabinet de recrutement ? Le comité syndical CSTM dirigé par Oumar Diaby n’est-t-il pas devenu un bureau de placement qui ne dit pas son nom ? Toutes ces questions, entre autres, sont motivées par le fait ; qu’à la lecture de la liste des revendications diffusée par le comité syndical d’Oumar Diaby pour motiver cette fameuse grève, l’on doute fort de sa légitimité et sa légalité.

Et, du coup l’on pourrait sans risque de se tromper soutenir qu’Oumar Diaby, comptable de son état, a peur de voir sa structure recruter d’autres comptables, qui pourront par leurs compétences, prétendre rapidement à sa place un jour. Sinon, rien de sérieux ne peut motiver sa fébrilité à exploiter un acte légal (la notification de fin de contrat de qualification), pour embarquer ses camarades dans une grève inutile et surtout sans motivation légale et illégitime.
Oumar Diaby, pour motiver son préavis de grève, s’arcboute sur « la non signature du contrat plan Etat-Opam ».

Selon lui, le contrat a expiré le 31/12/2017. Incapable de dire aux journalistes les conséquences de l’expiration du contrat plan Etat-Opam sur les conditions de vie et de travail des agents, il va s’installer dans une délation sans fondement en accusant les responsables de l’Opam de mauvaise gestion des ressources financières et humaines. Mais, ici, il n’a pas eu le courage de dire que cette importante structure de l’Etat souffre énormément de la qualité et de la compétence de ses travailleurs, dont la plupart ont été recrutés grâce à des coups de piston.

Un contrat de qualification ne donne pas droit à un recrutement de facto

Oumar Diaby est passé maître dans l’art de faire des amalgames. Et, dans le cas contraire sauf une malhonnêteté intellectuelle pourrait guider un cadre à motiver un préavis de grève par « la notification de fin de contrat de qualification ». Autant dire aux Maliens qu’à l’Opam « le contrat de qualification » donne droit à un recrutement de facto. Quelle est la faute d’un PDG, lorsque celui-ci décide, conformément aux dispositions de l’alinéa premier de l’article D.9-6 du décret n°96-178/P-RM du 16 juin 1996, portant application de la loi n°92-020 du 23 septembre 1992 portant code du travail en République du Mali, de respecter les délais d’un contrat de qualification dont la durée est comprise entre 6 mois et deux ans.

Ici, le tort du PDG de l’Opam qui a provoqué le courroux de son partenaire social, le comité syndical CSTM d’Oumar Diaby, c’est d’avoir décidé, conformément aux dispositions du code du travail du Mali, de notifier à des stagiaires la fin de leur contrat de qualification. Sûrement, le PDG a touché à des protégés du responsable syndical, à qui il avait garanti des recrutements.

Par ailleurs, sous le fallacieux prétexte de la violation du manuel de procédures et de l’accord d’établissement de l’Opam, Oumar Diaby, a embarqué ses camarades dans une grève illégitime pour s’opposer à un programme de recrutement de 14 agents : deux auditeurs de catégorie A, un chargé de suivi évaluation de la catégorie A, un ingénieur de catégorie A, trois comptables de la catégorie A, deux agents en passation de marchés de la catégorie A, deux informaticiens de la catégorie B et trois magasiniers phyto de la catégorie A.

La mauvaise foi aidant, Oumar Diaby et son comité syndical CSTM ont décidé de faire une lecture biaisée de l’article 10 du manuel de procédures. L’article 10 dispose que : « En cas de vacance d’emploi ou de poste, il sera fait appel de préférence à l’agent le plus gradé et ou le plus compétent du service et éventuellement des autres départements de l’entreprisse… ». Pourquoi, sur la base de cet article, vouloir imposer des stagiaires comme des agents de l’Opam, quand on sait qu’est agent de l’Opam, un individu recruté comme tel et non un stagiaire régit par un contrat de qualification.

La motivation d’une grève sur la base de cette revendication est tout à fait illégitime. Il serait plutôt judicieux pour le responsable syndical de conseiller à ses protégés à s’apprêter pour postuler comme tous les autres Maliens qui le souhaitent lorsque le conseil d’administration aura choisi le cabinet de recrutement et annoncé la date du recrutement. Ayant déjà fait leur stage à l’Opam, sûrement ils seraient parmi les meilleurs.

Nous doutons fort que tout autre stratagème puisse marcher ici. Même une grève illégitime et illégale, ne devrait, en principe, pousser aucun responsable de service de l’Etat à accepter de telles revendications.

Assane Koné
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Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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