Médiation à Alger de la crise du nord malien : Le désaccord des groupes armés

mardi 21 janvier 2014

Annoncé en grande pompe, la visite à Alger du président IBK, a eu un retentissement très peu reluisant du fait de l’échec de la rencontre en prélude entre les groupes armés du nord Mali. Cette rencontre qui entrevoyait un accord a eu du mal à mettre d’accord les participants sur une simple plateforme.

La rencontre d’Alger a doublement échoué par l’absence de certaines figures de taille de la rébellion comme les Intalla, le refus de certains de signer la plateforme et sa dénonciation par d’autres. De son côté le MNLA a tout simplement boycotté le round. Ce groupe rebelle serait hostile à la présence des groupes sédentaires d’une part. Et le MAA d’autre part connaîtrait deux tendances opposées à propos de la présence des groupes sédentaires à la rencontre d’Alger. Mal emmanché, la plateforme dont la caducité ne tardera pas à se faire constater ne se dévoile pas comme la voie indiquée pour parvenir à un bon accord de sortie de crise au nord du Mali.

Le constat a été fait qu’aucun des Ifoghas n’a effectué le déplacement d’Alger, ni Mohamed Ag Intalla ni Alghabass Ag Intalla, encore moins Cheick Ag Haoussa. Or c’est une constance qu’il n’ya pas de paix sans eux. Si le HCUA était représenté à la rencontre d’Alger, il nous revient que Hamada Ag Bibi proche d’Iyad Ag Ghali, n’a pas signé la plateforme, laissant la porte ouverte à une ultime contestation de la représentativité de Mohamed Ag Aharib, qui y a apposé sa signature.

Nombreux sont les observateurs qui s’interrogent sur l’objectif visé à travers ce déplacement de lieu de rencontre entre Maliens. Que vise le changement de capitale, de Ouagadougou à Alger ? On parle de la présence d’Iyad Ag Ghali dans les coulisses de la rencontre d’Alger. Veut-on le réhabiliter ?

Le processus de réappropriation de la résolution de la crise par le Mali est peu perceptible dans les variations des gouvernants maliens. Mais aussi la médiation de la CEDEAO qui a permis à notre pays d’engranger des avancées réelles en prend un coup. Des leaders des groupes armés ont été élus comme députés pour dit-on faciliter le dialogue inter maliens. Alors des Maliens se posent des questions sans réponse : pourquoi ne trouverait-on pas une réponse dans l’accord de Ouaga ? C’est cet accord préliminaire qui a permis de tenir l’élection présidentielle et les élections législatives. Personne n’ignore le rôle déterminant joué par l’organisation sous-régionale aux côtés du Mali après le reversement de ses institutions le 22 mars 2012. Avec l’échec de la rencontre d’Alger, la réappropriation de la résolution de la crise par le Mali doit s’imposer.

B. Daou
(LE REPUBLICAIN)

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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