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Master class en calligraphie : pour la sauvegarde des manuscrits anciens

jeudi 17 mars 2022

Le lundi 7 mars 2022, Andogoly Guindo, ministre de la Culture, de l’Industrie Hôtelière et du Tourisme, a présidé l’ouverture des travaux de l’atelier de formation (Master class) sur la calligraphie à l’attention des jeunes artistes créateurs. C’était au Musée national de Bamako.

Le présent master class en calligraphie a l’attention des jeunes artistes créateurs au tour de l’économie des manuscrits anciens du Mali a duré du 7 au 13 mars 2022. Il a été initié à la suite de l’exposition itinérante des manuscrits anciens de Tombouctou, tenue entre le 15 septembre et le 10 novembre 2021 à Bamako. Il s’inscrit dans le cadre du Projet de sauvegarde et la promotion des manuscrits anciens du Mali, financé par le Royaume d’Espagne. Il cible une trentaine de jeunes étudiants de trois grandes écoles d’art et d’architecture au Mali à savoir l’Ecole Supérieure d’ingénierie, d’Architecture el d’Urbanisme (ESIAU) ; l’Institut National des Arts (INA) et le Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia Balla Fasseké Kouyaté (CAMM- BFK) et de la galerie Médina.

L’objectif de cette activité est, non seulement, de favoriser la recherche scientifique autour des manuscrits anciens du Mali, mais surtout de conduire des actions de promotion à travers des stratégies et approches axées sur l’économie de ce riche patrimoine documentaire au sein de la jeunesse et en particulier les artistes créateurs.

Edmond MOUKALA, chef de bureau, représentant de l’UNESCO au Mali, a rappelé que les manuscrits anciens du Mali, constituent une masse de documents de grande valeur pour les travaux sur l’histoire, la vie économique, les rapports sociaux et culturels au Mali, en particulier et en Afrique subsaharienne en générale. Ils couvrent divers domaines dont la philosophie, le droit de l’homme, la bonne gouvernance, la gestion des conflits, la sociologie, la religion, la mathématique, l’astrologie et l’astronomie, la médecine, la musique etc.

A Tombouctou, ils forment un ensemble d’environ 450 000 documents dont les plus anciens remontent au 11ème siècle. À l’époque où l’Université Sankoré de Tombouctou rayonnait, les conférences des oulémas, savants musulmans étaient retranscrits sur divers supports comme l’écorce d’arbre, la peau d’animaux, puis sur du papier en provenance d’Orient et plus tard d’Italie. Les voyageurs eux-mêmes, ainsi que certains érudits ont rapporté de nombreux ouvrages.

Ces manuscrits, d-t-il qui sont écrits en arabe pour la plupart, mais aussi en adjami sont une mine de savoirs intellectuels et peuvent nous apprendre énormément, non seulement sur le Mali ou sur l’histoire de l’Afrique, mais aussi de l’humanité. Il a indiqué qu’aujourd’hui encore près de 95% de ces manuscrits sont inexploités, d’où tout l’intérêt, pour eux, de les protéger et de les promouvoir. Cette protection pour lui est une nécessité absolue afin de rendre les manuscrits anciens accessibles à tous. C’est pourquoi, selon lui l’UNESCO, s’engage au côté du gouvernement du Mali, et les acteurs culturels pour faciliter la sauvegarde et la promotion, des manuscrits, à travers une exploitation sous différentes formes de leurs contenus pour un développement économique, social et culturel du Mali, avec l’appui des partenaires dont le Royaume d’Espagne, l’Union européenne et la MINUSMA.

Le représentant de l’UNESCO a invité tous les artistes créateurs et particulièrement les trente jeunes qui auront le privilège de participer à cette formation, à s’en approprier à travers des créations artistiques. En lançant un appel de soutien auprès de tous les partenaires Techniques et Financiers en faveur de la protection et de la promotion du patrimoine culturel en général et des manuscrits anciens en particulier.

Andogoly Guindo, ministre de la Culture, de l’Industrie Hôtelière et du Tourisme, dira que cet atelier de formation qui est une étape décisive du projet de sauvegarde et de promotion des manuscrits anciens du Mali, vient donc à point nommé au moment où les impacts de la crise et la pandémie de la maladie de COVID-19 persistent, où les jeunes artistes créateurs sont en quête inespérée de nouvelles ressources de leur maintien en activité en s’investissant dans des initiatives diverses qui traduisent leur volonté de surmonter la difficile situation actuelle pour trouver des réponses à la résilience.

Pour le ministre, sa mise en œuvre permettra de renforcer les capacités techniques et professionnelles des jeunes artistes créateurs sur la calligraphie en vue de leur permettre de produire des œuvres d’art. En outre, il contribuera à consolider les acquis et à exploiter les manuscrits anciens comme une source d’économie et de génération de revenus. D’après lui, il permettra aux participants, d’améliorer leurs compétences et connaissances sur les arts et métiers liés aux manuscrits, notamment la calligraphie, d’exploiter le contenu des manuscrits anciens et de cerner la dimension d’adaptation de leurs métiers à l’évolution. Il les a invités à suivre attentivement les modules qui seront présentés au cours de cet atelier.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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