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    Maroc : Coup d’envoi de la COP22 à Marrakech en présence de 20 000 participants

    mardi 8 novembre 2016 , par Assane Koné

    La COP22 s’est ouverte le 7 novembre au matin à Marrakech. À cette occasion Ségolène Royal a transmis la présidence à Salaheddine Mezouar.

    Ça y est. La COP22 s’est ouverte le 7 novembre au village de Bab Ighli, à Marrakech. Sur son trente-et-un, la ville ocre accueille jusqu’au 18 novembre les quelque 20 000 participants à la 22e Conférence des parties sur les changements climatiques, sous l’égide des Nations unies.

    Sur la route depuis Casablanca, on mesure vite l’ampleur de l’événement. Deux gendarmes sont postés sur chaque pont surplombant l’autoroute jusqu’à Marrakech. Les quelques ondées qui ont humecté la capitale touristique ont parachevé son toilettage. Le visiteur est guidé jusqu’au site de la COP par une signalétique dédiée et installée à chaque intersection jusqu’aux abords du village, saturés en ce matin d’ouverture. À Bab Ighli, les participants pénètrent dans la zone bleue après avoir franchi un dispositif de sécurité digne de celui des plus grands aéroports internationaux.

    Il y a foule, car à 10 heures, les observateurs accrédités étaient réunis en assemblée plénière pour lancer leurs travaux. Dans son discours d’ouverture, Ségolène Royal, ministre française de l’Environnement et présidente de la COP21, a appelé à un engagement en faveur de l’Afrique. « L’Afrique est le continent qui subit le plus le réchauffement climatique, sans en être responsable. Je demande une nouvelle fois de la justice climatique et en particulier pour l’Afrique » a-t-elle plaidé, rappelant qu’elle a vu le jour au Sénégal. « J’ai parcouru le continent cette année. J’ai bien vu que les Africains étaient les plus engagés en faveur du climat, à l’image du Maroc et son engagement d’avoir 52 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2030 », a-t-elle poursuivi.

    Ségolène Royal, dans ses derniers instants de présidente, a ensuite procédé à l’élection du président de la COP22, « par acclamation ». Sans surprise, c’est le ministre marocain des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar, qui a été élu sous les applaudissements. Ségolène Royal lui a remis un marteau en bois, symbolisant ce passage de témoin. Salaheddine Mezouar, dans un discours en arabe a, lui aussi, rappelé l’ancrage africain de cette COP et l’importance d’arriver à des résultats lors de la conférence. « Des peuples s’interrogent sur leur devenir, voire sur leur existence. Notre conscience est interpellée, notre responsabilité collective engagée. Il nous appartient d’être à la hauteur de ce défi planétaire », a-t-il déclaré. Et d’ajouter : « Je vous invite à être plus ambitieux dans nos engagements. Partout, l’opinion publique doit percevoir le changement ».

    Sous le rugissement des avions qui décollent de l’aéroport de Marrakech à quelques encablures de là, Patricia Espinosa, secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, Hoesung Lee, le président du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et Mohammed Larbi Belcadi, maire de Marrakech ont également pris la parole. Patricia Espinosa, dans son allocution, a invité la communauté internationale à « développer des sociétés non tributaires du climat » et de poursuivre la mobilisation de fonds pour le climat, « présents mais pas encore suffisants ».

    Avant de se consacrer à l’ordre du jour — l’adoption du règlement intérieur — les participants ont allumé des petites lampes solaires en forme de fleur d’Éthiopie « pour marquer le droit de l’Afrique à la lumière ». Une troupe de percussionnistes marocains s’est également produite, pour donner le tempo des négociations qui se poursuivront jusqu’au 18 novembre.

    par Thomas Savage
    http://telquel.ma

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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