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    Mariages au Mali : La dangereuse popularisation du bizutage

    vendredi 18 mai 2018 , par Assane Koné

    Le mariage est l’union entre une femme et un homme. Mariée et marié se jurent devant Dieu et devant les hommes de se soutenir le reste de leur vie. Des festivités exceptionnelles sont le plus souvent organisées, en de pareilles circonstances et en fonction de la capacité financière du couple et de ses proches. Mais, il faut dire aussi, que depuis un certain nombre d’année, ces moments de fête sont souvent transformés en moments de cauchemar, pour les bien heureux du jour, mais le plus souvent pour la femme qui se marie. Le phénomène du bizutage s’installe de plus en plus en demeure dans les mariages au Mali. Mais, pourquoi ?

    Dans nos traditions. Des belles sœurs, des beaux frères, souvent des grand pères de la mariée, demande une certaine compensation symbolique au marié ou à ses proches, parce qu’ils n’auront plus la chance d’avoir la mariée à leurs côtés. Cette pratique civilisée, n’a rien a voir avec la pratique du bizutage qui s’installe en demeure dans les mariages au Mali.

    La pratique condamnable était observée dans les mariages de civils et militaires ou para militaires. Mais, aujourd’hui, l’ont a le regret de constater que la pratique a tendance à atteindre tous les corps socioprofessionnels.

    Tout porte à croire que cette pratique avait été adopté par les soldats pour symboliser l’intégration de la nouvelle mariée au sein de leur groupe social (militaire et paramilitaire). Pour cela, la mariée ou le marié, dès la sortie de la mairie est pris en otage, en principe par les promotionnaires de son conjoint ou de sa conjointe. Il ou elle doit subir des exercices, le plus souvent militaires.

    Si déjà, lorsque cette pratique était dans le giron des militaires et des para militaires, des voix s’étaient élevées pour la dénoncée, parce que des accidents n’étaient pas à exclure ; aujourd’hui, nous pensons humblement qu’il faut interdire la pratique. De plus en plus, l’on assiste à des affrontements devant les mairies, entre ceux qui s’opposent à l’enlèvement et ceux qui tiennent à faire subir à la mariée ou au marié, ce que son conjoint ou sa conjointe à fait subi aux autres lorsqu’ils se mariaient. Nous sommes aujourd’hui dans des tableaux de vengeance. Et, cela démontre de la gravité de la pratique.

    A l’issue d’une enquête rapide, l’on apprend qu’au début, l’épreuve était réservée aux femmes d’officiers. Les cadets plaisantaient ainsi avec l’épouse des aînés. Dans la pratique, quand un officier se marie, ses cadets de promotion viennent enlever la nouvelle mariée après les cérémonies et lui font faire des exercices militaires. Elle pouvait subir des traitements les plus rudes. D’autres arrivent à les supporter. En revanche ce n’est pas le cas de tous. Certains s’en sortent souvent avec des séquelles irréversibles.

    Cependant, ceux qui pratiquent le bizutage, sont convaincus que la pratique n’a rien de méchant. Elle vise, disent-il, « à mettre dans le bain » de la rigueur militaire la femme qui a choisi de partager la vie d’un soldat. « Le bizutage lui permet de se faire une idée de la vie mouvementée d’une caserne », indique un soldat qui a voulu garder l’anonymat.

    Au-delà des militaires et des para-militaires, la pratique se popularise

    Chauffeurs de SOTRAMA, chauffeurs de spiros, les conducteurs de Katakatani, …. S’y donnent de plus en plus à la pratique du bizutage lors des mariages.

    Ici aussi, c’est pratiquement le même scénario que chez les militaires. Les apprentis et les cadets prennent en otage la mariée de leurs supérieurs en échange d’argent.

    Des victimes témoignent

    Lors de nos investigations nous avons rencontré certaine personnes, des hommes et des femmes qui ont été victimes du bizutage le jour de leur mariage.

    « Le jour de mon mariage, j’ai dû réaliser quelques exercices et entonner des chants militaires. Je n’avais pas été informée officiellement que les amis de mon marie allaient me demander ça », a déclaré Kadidiatou Camara, mariée à un officier de l’armée. Avant d’ajouter : « Je savais très bien que ça allait se passer. Ça ne m’a pas dérangée. Au contraire, j’étais contente car tout s’est déroulé dans une bonne ambiance ».

    Pratiquement du même avis que Kadiatou Camara, la dame Aïcha Porgo, mariée à un lieutenant des Sapeur-pompier, a estimé que : « C’est vrais que ces fatigants. Ces difficiles à faire ce que l’on nous demande. Mais au finish ces amusants. Tout dépend de la manière de le faire ».

    Et, c’est sur la dernière partie de l’intervention de Aïcha Porgo que celle de dame Salimata Coulibaly trouve son sens. « Ils m’ont dégouté du mariage »nous a fait savoir Salimata Coulibaly, mariée à un agent de l’abattoir. Elle a ajouté que les collègues de son mari l’ont malmené. « Ils m’ont obligé à porter une peau de bœuf dégoulinant de sang de surcroit sur ma robe de marié. J’ai vraiment subit des choses horribles », s’est-t-elle écriée.

    Des hommes aussi y ont droit

    Les femmes ne sont pas les seules victimes du bizutage. Il y a aussi des cas où se des hommes qui passent par la casserole des bizuteurs.

    Daouda Coulibaly a été victime du bizutage. Il est marié avec une inspectrice de police. Pour avoir ce privilège d’épouser une policière, Daouda a subit une petite formation militaire le jour de son mariage. « J’ai été manœuvré tel un policier. Je ne m’y attendais pas car je pensais que ça s’appliquait qu’aux femmes seulement », a-t-il indiqué.

    Cela dit, il n’est pas rare de voir certains mariages, des moments de bonheur et de joie, se transformés en moments de désolation et de drames. Il y a des cas malheureux, où les bizuteurs ne s’imposent pas des limites et font dans l’excès. « Non seulement nous pouvons assister à des accidents lors du bizutage (blessure physique) ; mais encore des séquelles psychologiques selon le degré de manœuvre », a déclaré Mamadou Traoré, père d’une fille qui a été blessée le jour de son mariage.

    Moussa Koné nous a laissé entendre qu’il a assisté au mariage d’un apprenti de sotrama qui a tourné au cauchemar. Les collègues du marié ont pris sa femme. Ils l’ont fait monter sur le toit de la sotrama et ont fait une conduite dangereuse avec elle. Malheureusement, la femme était enceinte et elle a fait une fausse couche suite à ce qu’elle a subit.

    Que pense le sociologue ?

    Nous n’aurions pu finir cette enquête sans avoir recueilli l’avis d’un sociologue sur l’impact de ce phénomène sur la vie du couple.

    Mr Timothée Kassogué, socio-anthropologue, nous a fait savoir que « ce phénomène, est un phénomène qui ne date pas d’aujourd’hui. C’est une forme de tradition que l’on cherche a perpétué (selon la lecture sociologique). Sauf que dans sa pratique de nos jours, il laisse à désiré ». Cependant, il ajoutera que « ce qu’il y a a déploré, c’est que ce phénomène va jusqu’à mettre la vie des mariés en péril, et de plus conduit même à la séparation du couple ». Il terminera avec cette phrase : « il faut que nous revoyons nos traditions, c’est à dire que garder le meilleur et rejeter le mauvais côté ».

    Le bizutage dans les mariages était en soi une manière de s’amuser. Mais, aujourd’hui, il est devenu du n’importe quoi. Et, au regard de tous les dangers encourus par les mariés, nous pensons qu’il est temps et même grand temps de revisiter cette pratique pour la rendre plus conforme à la marche du monde. Pourquoi, ne pas tout simplement réfléchir à sa suppression.

    Aly Poudiougo

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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