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    Mali : Le Mouvement vert jaune rouge propose une transition consensuelle

    dimanche 13 mai 2018 , par Assane Koné

    En lieu et place de l’élection présidentielle du 29 juillet 2018, convaincue qu’elle n’est pas la solution au problème du Mali, le Mouvement vert jaune rouge, dans une lettre ouverte au Peuple souverain du Mali, propose une transition consensuelle de 30 mois. Cette transition qui doit permettre la mise en place d’un gouvernement d’union nationale aura deux missions : Travailler à restaurer la sécurité sur toute l’étendue du territoire du Mali et mettre en place un dispositif pour organiser des élections claires et transparentes, pour le choix du nouveau Président du Mali. Lisez l’intégralité de la lettre ouverte !

    Lettre ouverte du Mouvement VERT JAUNE ROUGE au Peuple Souverain du Mali

    « Une transition consensuelle à la place des élections du 29 juillet 2018 »

    Peuple Souverain du Mali,

    Les conditions sont-t-elles réunies pour des élections transparentes et démocratiques le 29 juillet 2018 ? Vous convenez avec moi que la réponse réaliste à cette question est non. Mais, alors donc pourquoi s’entêter à organiser des élections le 29 juillet 2018 ?

    Contrairement aux états major des potentiels candidats à l’élection présidentielle du 29 juillet 2018, nous disons haut et fort que les élections annoncées n’auront aucune capacité à résoudre les problèmes au Mali. Pire, ces élections vont les exacerbés à un moment où notre pays à besoin de toutes ses filles et fils à son chevet.

    Peuple Souverain du Mali,

    Dans le contexte actuel du pays, les maliens ont de fortes chances de sortir de ces élections plus divisés qu’en y rentrant.

    Il est clair que malgré les déclarations du Gouvernement d’organiser des élections transparentes et crédibles, vous convenez avec nous que cela n’est pas du tout possible dans le contexte actuel du Mali.

    En réalité le Gouvernement n’a pas le choix. Il doit tout faire pour respecter les délais constitutionnels. Mais, en se comportant ainsi, le Gouvernement malien embarque le Peuple dans la politique de l’Autruche : refuser de voir la réalité.

    Peuple Souverain du Mali,

    Il est évident et plus que certain que le Gouvernement de la République du Mali est dans l’incapacité totale d’organiser les élections sur au moins 40% du territoire, pour faire modeste. Si non dans des proportions réalistes, l’on pourrait sans risque de se tromper dire que l’Etat du Mali, n’a pas la possibilité d’assurer la sécurité des élections sur au moins 60 % du territoire national.

    La situation au nord du pays est très volatile. Le Centre du pays est sous le contrôle des hommes d’Amadou Koufa, qui y règnent en maîtres absolus. Dans une moindre mesure, à la date d’aujourd’hui, seule la région de Sikasso est à l’abri du désordre exceptionnel qu’il nous est donné de voir ailleurs. Et, même là, ce n’est pas parce que des dispositions particulières y sont prises.

    Comment penser que ce sont des élections mal préparées et qui seront certainement mal organisées, qui pourront sortir notre pays de la catastrophe annoncée et perceptible à tout bout de champ ?

    Peuple Souverain du Mali,

    Tout comme le Gouvernement, nombreux sont les leaders politiques maliens qui sont conscients de l’impossibilité d’organiser des élections crédibles et transparentes, dans le contexte actuel du Mali. Loin de se soucier de la petite vie des maliens qui se battent contre vents et marées pour s’assurer la pitance quotidien, à eux et leurs progénitures, nos leaders politiques sont tous pressés à occuper le fauteuil présidentiel. Ils refusent d’admettre que le Mali n’est pas à mesure d’organiser des élections claires et transparentes à hauteur de souhait et de nature à mettre le pays à l’abri d’une crise post électorale. Certains candidats potentiels soutiennent haut et fort que des élections, même bâclées, valent mieux que pas d’élections du tout. Mais, ils ne disent pas qu’ils sont entrain de fourbir leurs armes pour descendre dans la rue pour contester les résultats, tant qu’ils ne seront pas les gagnants.

    Il est encore temps et grand temps d’éviter que le fauteuil présidentiel du Mali, ne devienne un banc présidentiel. Si les élections étaient organisées dans les conditions actuelles que nous vivons, il est clair que le Mali risque d’avoir plus de trois présidents autoproclamés. Et, ce sera bonjour les dégâts.

    Peuple Souverain du Mali,

    Evitons à notre pays une situation de chienlit pendant qu’il est encore temps. Réveillons-nous comme un seul homme pour en imposer aux hommes politiques qui ne voient pas souvent plus loin que leur volonté d’accéder à la magistrature suprême du pays.

    Nous devons nous donner les moyens pour leur imposer « une transition consensuelle » à la place des élections du 29 juillet 2018.

    Cette transition consensuelle sera dirigée par Ibrahim Boubacar Keita, actuel Président de La République, avec l’engagement ferme de ne pas être candidat à sa succession et de ne soutenir aucun candidat, au bout de 30 mois (2 ans 6 mois).

    Ibrahim Boubacar Keita, en sa qualité de Chef d’Etat consensuel, va mettre en place un Gouvernement d’Union nationale, composé des partis politiques qui comptent au Mali et des acteurs crédibles des forces vives de la nation.

    Ce gouvernement aura deux missions principales :

    • Travailler à restaurer la sécurité sur toute l’étendue du territoire du Mali ;
    • Mettre en place un dispositif pour organiser des élections claires et transparentes, pour le choix du nouveau Président du Mali.

    Aucun membre de ce Gouvernement n’aura la possibilité de se présenter comme candidat à l’élection Présidentielle.

    Peuple Souverain du Mali,

    Cela n’est pas impossible. Et surtout n’est pas au-delà de nos capacités. Pour l’amour du Mali éternel, faisons en sorte que les élections soient une fête de la démocratie au Mali.

    Bamako, le 13 Mai 2018
    Yagaré Baba Diakité
    Président du Mouvement Vert-Jaune-Rouge

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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