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Mahamoud Dicko, Président du Haut Conseil Islamique du Mali : « La classe politique malienne doit faire son mea culpa »

dimanche 4 décembre 2016

Invité à la 2ème édition du Colloque International des Ecrivains, Journalistes et communicateurs traditionnels, Mahamoud Dicko Président du Haut Conseil Islamique du Mali a déclaré que la classe politique malienne doit faire un mea culpa. Il a ajouté que le Mali ne souffre pas d’un problème religieux ni ethnique, mais d’un problème de gouvernance.

Le jeudi 1er décembre 2016 lors des travaux de la 2ème édition du colloque International des Ecrivains, Journalistes et communicateurs traditionnels, Mahamoud dicko, Président du Haut conseil Islamique du Mali, a estimé que la classe politique malienne doit faire son mea culpa.

Invité pour animer le panel sur « Islam politique, les configurations actuelles de l’islam au Mali », Mahmoud Dicko s’est attaqué à la classe politique malienne pour sa gestion catastrophique du pays.

Selon lui, tous les problèmes que le Mali traverse sont le résultat d’une mauvaise gouvernance imposée par sa classe politique. Une classe politique qui n’a pas le courage de s’assumer.

Se prononçant sur la situation actuelle du Mali, il dira qu’il est difficile pour un malien de dire réellement ce que demain sera fait. Parce que les maliens, eux-mêmes, ne se sont jamais mis ensemble pour définir de quoi le Mali sera fait de l’indépendance à nos jours. « Le mali est une vieille nation qui a été le creuset de beaucoup de civilisations », a-t-il déclaré.

« On a été colonisé. On ne nous a pas demandé ce que nous voulons être. Mais on nous a imposé une façon d’être. Nous avons pris l’indépendance, les élites qui étaient là nous ont imposé une ligne de conduite qu’ils ont choisi eux même », a-t-il indiqué.

En clair, il a estimé que de la dictature à la démocratie qui a vu la naissance du multipartisme, beaucoup de choses se sont passées, mais en réalité le peuple, en profondeur, n’a pas été consulté. « C’est pourquoi, il est possible que le fossé s’agrandisse tous les jours entre les gouvernants et les gouvernés. Tant qu’on n’a pas géré ce contentieux entre les élites et leur peuple ça va être difficile de trouver des solutions durables. Et ce débat n’a jamais été instauré au Mali, car ceux qui étaient hier dans cette dictature se sont immédiatement transformés en démocrate », a-t-il regretté.

L’Iman Dicko a reconnu que la liberté d’expression est bien un acquis réel au Mali. « Ceux qui étaient réellement acteurs des événements de Mars 1991 au Mali n’ont pas été des victimes, même pas de fracture, c’est le peuple qui a payé le lourd tribut. Et cela avec la main nue, ce peuple a bravé les chars et les Kalachnikovs pour arracher cette démocratie », a-t-il révélé.

M. Dicko dira qu’il n’est pas étonnant de constater de nos jours la démotivation au sein de l’armée où les gens étaient prêts à mourir pour la nation. « Ceux qui sont instigateurs de cette démocratie sont devenus des vautours et n’ont plus de convictions pour le pays. S’il y a une faillite totale au niveau du système de gouvernance, personne ne sera plus disposé à se battre pour la patrie, » a-t-il avancé.

La classe politique malienne doit se remettre en cause !}

En effet, le Président Dicko a soutenu que le Mali ne souffre pas d’un problème religieux ni ethnique, mais d’un problème de gouvernance. Ce qui a engendré toutes les crises que le Mali a connu avec à la clef, les terroristes, les narcotrafiquants … Qui rodent autour du pays. « Tout cela est le résultat d’une mauvaise gouvernance », a-t-il déclaré.

Selon lui, la classe politique malienne doit se remettre en cause. « Elle doit faire son mea culpa. Accepter qu’elle a failli et elle ne l’a jamais fait. Les hommes politiques quand ils sont en mal de popularité, ils cherchent le bouc-émissaire et n’ont pas le courage de s’assumer », a-t-il dénoncé. Avant d’insister qu’on ne remet jamais en cause ce qui doit être mis en cause : La mauvaise gouvernance. « Le peuple malien est débout. Il est là parce que, ses valeurs sociétales et religieuses qui lui ont permis de résister sont toujours là », a-t-il conclu.

Moussa Mallé SISSOKO

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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