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MASA 2020 : Baba Sala, la voix suave qui a conquis la Lagune Ebrié…

lundi 23 mars 2020

Au Masa 2020, dans le domaine de la musique, des monstres sacrés ont particulièrement remué les différentes scènes du Palais de la culture de Treichville, mais aussi dans beaucoup d’espaces dédiés au MASA. Au nombre de ces monstres sacrés, l’artiste musicien, auteur-compositeur Baba Salah.

Abidjan, la capitale économique de la Côte-d’Ivoire a été, durant 8 jours, la capitale de toutes les sonorités musicales du monde. Organisée cette année dans un contexte de crise sanitaire particulièrement préoccupant avec la pandémie du Coronavirus, la 11è édition du Marché africain du spectacle d’Abidjan (Masa) n’a pas perdu de son éclat.

Si tous les courants d’expression du spectacle vivant se sont exprimés (danse, théâtre, poésie…..) dans toute leur plénitude, la musique a largement dominé cette imposante manifestation culturelle. La musique était partout et les gens dansaient sur tous les rythmes. Une musique africaine variée, cosmopolite, fruit d’un mélange de nos traditions avec celle des populations blanches d’Europe, la romance espagnole couplée aux airs français, italiens, aux airs de tango, du flamenco.

Des monstres sacrés ont particulièrement remué les différentes scènes du Palais de la culture de Treichville, mais aussi dans beaucoup d’espaces dédiés au MASA. Au nombre de ces monstres sacrés, l’artiste musicien, auteur-compositeur Baba Salah. Avec trois spectacles de belle facture, il a confirmé indiscutablement son statut d’artiste de dimension mondiale.

D’une voix suave, accompagnée par une orchestration moderne, où la percussion et l’acoustique occupent une grande place dans ses compositions musicales, Baba Salah puise son style du Takamba, du Blues authentique, sensuel et enivrant à travers un répertoire d’une riche densité.

Le vendredi 14 mars 2020, dans la salle « Yelam’s » de Treichville, il est venu à la rencontre de la communauté malienne, venue massivement le célébrer, mais aussi des sénégalais, des Guinéens et des ivoiriens qui ont vibré durant une heure sous les cordes de sa guitare avec laquelle il ne cessait d’accomplir des prouesses inégalées. Le public de Treichville, comme emporté par la virtuosité des musiciens, a dansé avec Baba Salah, ses chansons les plus célèbres.

Ce qui fait l’originalité de cet immense et talentueux artiste, c’est la singularité de sa voix riche en sonorités ou le rythme fait l’impasse sur la complainte et la romance propres aux poètes-musiciens du désert. Cependant, Baba Salah est aussi proche des sonorités arabes et berbères.

Ce perfectionniste hors pair est un produit de l’Institut national des arts de Bamako (Ina). Après avoir fait ses premières armes avec la diva de la musique du Wassoulou, Oumou Sangaré, il décide de créer son propre groupe ou les instruments modernes côtoient les instruments traditionnels dans une osmose et une harmonie qui fondent l’identité et le prestige de cet artiste dans toute l’Afrique.

Baba Salah, très attaché à ses origines, est l’incarnation type de l’artiste d’un genre nouveau, humble, courtois, peu bavard, toujours le sourire aux lèvres, qui s’est donné pour fonction sociale de chanter la paix, l’amour et la fraternité. Les thèmes qu’il aborde dans ses chansons sont inspirés des problèmes sociaux.

Malgré son penchant pour la musique moderne, il estime que le Takamba peut se métisser à plusieurs autres variétés de genres musicaux. C’est pourquoi son orchestre peut jouer du reggae, du zouk et du jazz avec le Takamba.

Rejetant l’étiquette de ‘’chanteur engagé’’, il estime que le rôle du musicien est d’aider à instaurer la paix à travers des paroles modérées qui prêchent la paix et l’amour.

Nouhoum Keita
(Correspondance particulière)
ARC EN CIEL

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.