Lutte contre la violation des droits de l’Homme : Sira, une nouvelle plateforme numérique déjà disponible

vendredi 26 juin 2020

La cérémonie de lancement de la nouvelle plateforme numérique SIRA (Système d’Intégration de Rapportage et d’Analyse), s’est déroulée le mercredi 24 juin 2020. Elle permet de collecter, visualiser et analyser des violations des droits de l’homme partout au Mali. C’était à travers une vidéo conférence.

A travers cette plateforme, un réseau national de plus de 800 observateurs sera formé pour partager en temps réel des informations relatives aux incidents, constituant ainsi une documentation de données accessibles à la société civile, aux journalistes, ainsi qu’aux institutions légales et gouvernementales du Mali. Ces informations permettront l’adoption de solutions adaptées et une prise de conscience collective des citoyens sur la gravité de ces violations.

La plateforme comporte une version Web et une version mobile. La version mobile sera essentiellement utilisée par des observateurs pour la collecte des violations des droits humains. La version web permettra de faire une analyse de ces données afin d’identifier les zones du pays les plus touchées, les types de violations les plus rencontrés. Aussi, les causes principales de ces violations, pour ainsi élaborer un plan d’action et de plaidoyer national.

Également dans le cadre de SIRA, 110 journalistes bénéficieront d’une formation professionnelle pour mieux investiguer et intégrer les aspects des droits de l’homme dans leurs reportages. Ces formations sont facilitées par APPEL-Mali. Une vingtaine d’avocats bénéficieront également d’une formation pour que les victimes des violations des droits humains aient accès à la justice plus facilement.

Il faut noter que SIRA est la première des trois plateformes développées dans le cadre du projet OCCIPRE (Observatoire Citoyen Contre l’Impunité et Pour la Redevabilité), étant un projet malien initié par Tuwindi et Amnesty International Mali, en partenariat avec Free PressUnlimited et financé par l’Union européenne.

L’OCCIPRE a pour but de diminuer l’impunité des violations des droits de l’homme, des crimes économiques et des cas de corruption au Mali. L’emploi de la technologie digitale et mobile, facilite le monitoring collectif, la veille citoyenne et le plaidoyer commun pour la redevabilité et un accès à la justice.

Tous les défenseurs des droits de l’homme au Mali ainsi que toutes les personnes éprises de paix et de justice sont invitées à soutenir la plateforme SIRA en téléchargeant l’appli mobile via Google Play : https://play.google.com/store/apps/...

La version web peut être consultée via http://sira.tuwindi.io/.

Lors de cette cérémonie, Jens Kiesheyer, de Free Presse Unlimited (FPU), a indiqué que, OCCIPRE va mettre à disposition des Maliens plusieurs outils et connaissances. Parmi lesquels on peut citer : Aux journalistes, des ateliers de formation qui seront organisés avec Appel-Mali pour améliorer leurs capacités à couvrir les questions relatives aux violations des droits humains. Et, Faire des investigations journalistiques professionnelles, cueillir des informations pertinentes, identifier les infox et créer de la visibilité pour ceux qui vivent dans l’ombre de la société.

Pour les bloggeurs, à travers des forums et des plateformes de discussion et d’échange, aux défenseurs des droits humains, ils seraient outillés à documenter et monitorer des violations des droits humains. Pour les juristes, OCCIPRE va collaborer avec des avocats du Mali afin de les sensibiliser aux problèmes qui se posent en matière de violations de droits humains, crimes économiques et faits de corruption.

Au peuple Maliens, il serait question d’accès à des sources d’informations fiables tout en étant habilité à y contribuer de manière participative, inclusive et diverse.

Selon lui, ces ambitions seront concrétisées dans 3 plateformes numériques que sont : « Xensaqui » sera mise à disposition des internautes maliens pour la veille citoyenne, « Kenekanko » va permettre aux lanceurs d’alerte maliens de bientôt signaler de manière sécurisée aux journalistes d’investigation les cas de corruption et des crimes économiques. Et « SIRA » sera la plateforme de collecte et de documentation pour lutter contre les violations des droits de l’homme au Mali, créant ainsi une base de données accessible à tout le monde.

De son coté, Ramata Guissé, Directrice Exécutive d’Amnesty International Mali, dira que le projet OCCIPRE (Observatoire Citoyen Contre l’Impunité et Pour la Redevabilité), est financé par l’Instrument Européen pour la Démocratie et les Droits de l’Homme (IEDDH). Il a été initié par le consortium, Amnesty International-Mali, Tuwindi et FREE PRESS UNLIMITED (comme demandeur principal). Selon elle la durée du projet est de 30 mois à compter du 1er janvier 2020.

L’objectif est de contribuer à l’avènement d’une société malienne démocratique et inclusive. Dans laquelle tous les citoyens jouissent de tous les droits fondamentaux consacrés par les textes nationaux et internationaux.

Les bénéficiaires du projet sont la population malienne en général, spécifiquement toutes les victimes des violations des droits de l’homme, y compris, les personnes en situation de handicap, les LGBTI, les victimes des crimes économiques, de la corruption et de la mauvaise gouvernance.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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