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Libération de du Préfet de Ténékou : Les administrateurs civils saluent Mankan Doumbia et posent des revendications

jeudi 2 mai 2019

Enlevé le 8 mai 2018, par des hommes armés que l’Etat du Mali assimile à des terroristes, Makan Doumbia, Préfet de Ténékou a été libéré le 19 février 2019, lorsque trois de ses codétenus perdaient la vie. Plus de 2 mois après cette libération, Makan Doumbia était le 2 mai 2019, à l’honneur au Ministère de l’Administration territoriale. Le Syndicat autonome des administrateurs civils (SYNAC) et le Syndicat libre des travailleurs du ministère de l’Administration territoriale (SYLIMAT) lui ont rendu un vibrant hommage, pour lui témoigner leur solidarité. L’occasion fut bonne pour rappeler un certain nombre de revendications adressées à l’Etat du Mali.

Pour saluer le retour de Makan Doumbia, Préfet de Ténékou, dans sa famille, les administrateurs civils du Mali, à travers le Syndicat autonome des administrateurs civils (SYNAC) et le Syndicat libre des travailleurs du ministère de l’Administration territoriale (SYLIMAT), lui ont rendu un vibrant hommage au cours d’une manifestation dénommée « Cérémonie de réception du Préfet Makan Doumbia ».

« En cette journée solennelle, nous magnifions toute notre reconnaissance au Tout Miséricordieux pour la libération de notre Camarade Doumbia des jougs des narcoterroristes », a indiqué Olivier Traoré, porte parole des deux syndicats lors de la cérémonie. Avant de demander à l’assistance de s’incliner devant la mémoire de Soungalo Koné, juge de Niono et du Lieutenant Diawara, Commandant de Brigarde de Guiré, qui ont perdu leur vie durant leur captivité. Il a fait observer une minute de silence en leur mémoire et formuler des vœux pour le repos en paix de leurs âmes.

« Makan Doumbia, un homme de grandes valeurs, stoïque, tenace, grand serviteur de l’Etat, Makan Doumbia, dis-je, est l’expression de l’agent public qui, au sacrifice de sa vie, a servi l’Etat au cœur du terrorisme dans sa circonscription », a-t-il indiqué. Avant de rappeler que les représentants de l’Eta prennent tant de risques pour marquer l’existence de l’Etat.

Il a profité de l’occasion pour saluer et remercier les femmes et les enfants de Makan Doumbia pour leur endurance et leur foi en Dieu car l’attente a été longue et même très longue à toutes les personnes de bonne volonté. Par la même occasion, il a adressé des sincères remerciements aux autorités du pays pour tous les efforts déployés pour la libération de leur Camarade et les dispositions prises depuis son retour parmi les siens. Il n’a pas oublié de saluer la famille des administrateurs civils et tous les travailleurs du Ministère de l’Administration Territoriale pour leurs soutiens multiformes.

L’Etat interpellé à renforcer la sécurité de ses représentants

« Sans aucun doute, nous vivons avec le terrorisme dans notre pays et particulièrement dans les régions du centre et du nord et nous devons tous rester vigilants », a-t-il conseillé. Avant de soutenir que face à ce fléau ravageur, qui sème le doute et la panique à tous les niveaux, l’Etat est interpellé encore une fois à renforcer la sécurité de ses représentants qui sont les symboles emblématiques de son existence dans les différentes localités.

Et, en bons syndicalistes, ils ont profité pour égrener en 4 points des revendications. Par la voix de Olivier Traoré, les Syndicats de l’Administration térritoriale invitent les autorités du pays à : traiter diligemment le dossier d’indemnisation de leurs camarades qui ont perdu leurs biens lors des évènements douloureux du nord ; accélérer le traitement du dossier d’alignement de l’indemnisation des victimes civiles à celle des victimes militaires en ce qui concerne la bonification d’échelon et le paiement aux ayants-droits de 10 années de salaires ; accélérer l’érection de stèle et le baptême de salles de conférence dans les régions en la mémoire des représentants de l’Etat tombés sur le champ de l’honneur ; accélérer la mise en œuvre de la loi sur les pupilles et de ses textes d’application en ce qui concerne l’identification et l’adressage exhaustif des ayants-droits des représentants de l’Etat tombés sur le champ de l’honneur.

Il a rassuré l’ensemble de leurs Camarades que le SYNAC et le SYLIMAT, dans une synergie d’actions, défendront les intérêts matériels, moraux et professionnels de tous les militants où qu’ils soient.

Pour sa part, Souleymane Diabaté, en sa qualité d’ami et ancien chef de Makan Doumbia est intervenu pour rappeler les péripéties de leur rencontre et comment ils ont cheminé dans la vie professionnelle. Il a remercié et salué tous les travailleurs du ministère de l’Administration Territoriale et toutes les autorités du pays pour les efforts qui ont milité à la libération de son ami.

Quant à Aboubacrine Ag Mohamed, Directeur général adjoint de l’Administration du Territoire, l’occasion était belle pour saluer le retour de Makan Doumbia parmi les siens. « Doumbia a été enlevé dans l’exercice de sa fonction lorsqu’il regagnait son poste. Vivre en captivité n’est pas facile. Heureusement qu’il est revenu parmi nous et nous ne pouvons que lui témoigner notre solidarité et remercié tous ceux qui ont œuvré à sa libération », a-t-il conclu.

« Ces épreuves que nous venons de subir, nous ont permis de comprendre que la solidarité des administrateurs civils est une solidarité agissante qu’il ne faut jamais perdre », a déclaré Makan Doumbia. « Je suis ému et surpris par votre accueil. J’ai été enlevé le 8 mai 2018, entre 10 heures et midi. J’ai subi beaucoup de choses, mais le lieu n’est pas indiqué pour parler des conditions de détention », a-t-il indiqué. Avant d’ajouter qu’il voulait profiter de ces moments pour exprimer avec beaucoup de modestie toute sa reconnaissance.

« Je ne peux pas vous payer pour ce que vous avez fait pour moi. Mais, je formule les vœux le plus ardent que Dieu mette chacun à l’abri de ce que nous avons vécu », a-t-il indiqué. Avant d’inviter tous les travailleurs de l’administration territoriale à renforcer les liens de solidarité.

Il a profité de l’occasion pour remercier et saluer les plus hautes autorités du pays, notamment le Président de la République pour son soutien. « J’étais avec le juge Soukalo qui communiquait régulièrement et permanent avec le Président de la République », a-t-il témoigné, pour mettre l’accent sur l’effort exceptionnel fourni par le Président de la République pour les tirer des griffes de leurs ravisseurs.

Il a indiqué que ses codétenus sont mort à cause des conditions atroces de leur détention et qu’il a eu la vie sauve grâce à dieu et aux prières et bénédictions de tous.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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