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Le Centre culturel de la Montagne de Jbel Semmama en Tunisie : Le rempart contre le terrorisme de la Fondation Rambourg

mercredi 24 octobre 2018

Lutter contre la pauvreté, le terrorisme et le radicalisme par la culture, et assurer une programmation culturelle de proximité en zone rurale, seront bientôt possible dans la montagne de Jbel Semmama, localité située dans la région Kasserine à environ 290 km de Tunis. Le Samedi 20 octobre 2018, la Fondation Rambourd de Tunisie y a inauguré un centre culturel des arts et des métiers. Il se propose de lutter contre ces fléaux.

« Ce centre culturel des arts et métiers de la montagne de Jbel Semmama est un rêve concrétisé avec charme et générosité par la Fondation Rambourg de Tunisie ». Cette déclaration a été faite le 20 octobre 2018, par Adnen Helali, Coordinateur du Projet du Centre culturel des et des métiers de la montagne de Jbel Semmama, lors de l’inauguration de ce joyau culturel. Heureux, avec une figure irradiée par la joie, cet activiste culturel engagé dans l’action culturelle de proximité dans la montagne de Jbel de Semmama, n’arrivait à tenir sur place. Au four et au moulin, il arrivait à peine à cacher sa joie. Face à une telle réalisation qui aide à faire un bon dans le professionnalisme, aucun acteur culturel ne peut cacher sa joie. Et, comme Adnen Helali, l’inauguration officielle du centre culturel de la montagne de Jbel Semmama, à fait de nombreux heureux.

Pour la petite histoire, le samedi 20 octobre 2018, a été jour de fête dans le Jebel Semmama. Personnes âgées, enfants, jeunes hommes et filles, femmes et adultes, personne dans cette bourgade tunisienne, située à environ 290 km de Tunis, la capitale, ne voulait se faire (ra) conter la cérémonie d’ouverture officielle du nouveau Centre culturel des arts et métiers de la montagne. Parés de leurs beaux habits et bien colorés, tous voulaient être les témoins oculaires, et souvent même des acteurs de ce jour particulier. Et, pour cause. « C’est le premier centre culturel des montagnes pour développer notre culture », nous a indiqué tout heureux, Adnen Helali, Coordinateur du projet du Centre Culturel. Avant d’ajouter qu’ils ont volontairement fait le choix d’opter pour la valorisation et la promotion de leur culture qui est le socle d’une action humaine profonde qui peut les amener à atteindre un développement économique inestimable.

« Cette terre qui paraît très aride, ne l’est pas du tout »

« La culture peut aider le développement de cette région », a-t-il déclaré avec beaucoup de conviction. Partant du postulat que lorsque son peuple sera culturellement pauvre, il n’y a aucun doute, son développement sera bancal, Adnen Helali, le Coordinateur du projet du centre culturel des arts et métiers de Jbel Semmama, en activiste culturel, a levé un coin du voile sur les nombreuses activités qu’il a déjà conduit dans cette terre du Jbel Semmama, qui paraît très aride au premier abord.

« Cette terre qui paraît très aride, ne l’est pas du tout », nous dira avec une assurance contagieuse Adnen Helali. En effet, c’est sur cette terre que beaucoup imagine aride qu’il est parvenu à imposer la fête des bergers qui est devenue une manifestation internationale à la faveur de sa 8ème édition, avec la participation de 15 pays de 5 continents. Mieux, c’est ici, que l’on a initié des démarches pour des projets culturels alternatifs, afin que la population rurale puisse gouter au plaisir des spectacles culturels. « Nous n’avons pas manqué d’ingéniosité. Une ancienne serre agricole, dans le cadre de notre projet ciné-ferme, a été transformée en salle de cinéma. De même, un ancien poulailler a été aussi aménagé en salle de cinéma pour le bonheur des populations », a-t-il indiqué. Avant d’ajouter qu’un théâtre a été creusé dans la colline pour recevoir des spectacles qui regroupent souvent plus de 1000 spectateurs. Et, pour tout cela, il a estimé que « dans la campagne, il y a une grande place pour la culture ».

En tout cas, lors de notre passage dans le Jbel Semmama, nous avons eu l’occasion d’apprécier et de comprendre pourquoi, il y est dit qu’ « En dépit des épines, nous dansons sur nos collines ». Des artistes ont mis a contribution des instruments comme le « targu », la flute en osier, le « tbal » et le zokra, pour offrir de façon magistrale, une poésie chantée, qui a invité les invités du jour dans les prés. Et, oui, nous étions dans le pays des bergers tunisiens, où la vie est rythmée par les chants et les danses. Et, sûrement c’est cet engagement populaire pour la valorisation et la promotion des différentes cultures du Jbel Semmama qui a poussé la Fondation Rambourg de Tunisie à y investir environ 500 000 Euro pour la réalisation d’un Centre culturel ultra moderne des arts et des métiers.

« La culture ne doit pas être seulement urbaine. Les zones rurales ne doivent pas être ignorées »

« La culture ne doit pas être seulement urbaine. Les zones rurales ne doivent pas être ignorées », a indiqué Me Omar Labiadh, avocat de la Fondation Rambourg, qui avait fait le déplacement de Tunis pour l’inauguration du joyau culturel. Mais, au-delà de la simple volonté d’assurer une offre culturelle dans le Jbel Semmama, l’avocat salue cette initiative de construction d’un centre culturel dans cette zone au regard des conditions de pauvreté et d’insécurité.

Situé pratiquement à une quinzaine de kilomètres du Mont Chaambi, gite et habitat des terroristes qui tentent de perturber le sommeil de la Tunisie, le Centre culturel des arts et métiers de Jbel Semmama, se propose de donner un sourire aux enfants et aux jeunes de la région. Il se propose comme un rampart contre la radicalisation et l’extrémiste violent, qui pourrait s’y dans le Jbel Semmama. « La pauvreté et l’insécurité sont deux éléments qui se donnent la main pour chasser la population de Jbel Semmama. Et, ce déplacement de la population peut énormément contribuer à la disparation des cultures de cette partie de la Tunisie. Il devenait impérieux de trouver un moyen pour fixer la population sur place », a indiqué Me Omar Labiadh, avocat de la Fondation Rambourg. Avant de dire que cela ne pouvait se faire que par la culture. Selon lui, pour la lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent passe forcement par la valorisation de la culture, pour la simple raison que la culture permet une affirmation de soi. « Si vous remarquez, la plupart des jeunes qui rejoignent les mouvements radicaux, y vont souvent pour la recherche d’une reconnaissance qu’ils n’ont pas trouver chez eux », a-t-il fait remarquer. Donc, pour lui, le Centre culturel des arts et métiers de Jbel Semmama est un appel à toute la jeunesse de la montagne à rester chez eux, pour vivre de leur riche patrimoine culturel.

« Le Centre culturel des arts et métiers de la montagne de Jbel Semamama est un projet qui est né de la rencontre entre la Fondation Rambourg de Tunisie et Adnen Helali, figure culturelle locale et nationale », a indiqué Shiran Ben Abderrazak, Directeur exécutif de la Fondation Rambourg.

Selon lui, ce projet a attiré l’attention de la Fondation Rambourg par le fait qu’il est situé à Kasserine, l’une des régions les plus pauvres et inégalitaires de la Tunisie. « Cette région prioritaire de développement est touchée par un fort taux de chômage, des conditions de vie très difficiles et est une zone à risque de radicalisation, donc exposée à l’extrémisme violent », a-t-i indiqué. Avant d’ajouter que le projet vise à offrir un lieu de vie, de culture et de développement économique qui permettra de donner des alternatives et un espoir économique et culturel à des populations abandonnées.

Il a rappelé que ce projet inclusif pensé et conçu en proximité avec les habitants de la région, a pour objectif de permettre un désenclavement progressif par l’augmentation du potentiel économique que ce centre développera par le biais de ses diverses activités. Avant d’indiquer que cet espace est articulé autour de deux composantes : la composante action culturelle et la composante métier.

La marque ‘’JBEL’’ est là

« La composante action culturelle aura pour objectif de sensibiliser les enfants, les jeunes et les adultes à la culture et ce par le biais de club culturel de danse, de chant, de théâtre et de sport », a-t-il précisé. Avant d’ajouter que le centre sera aussi un lieu de représentations dans le cadre d’une programmation culturelle de proximité.

En ce qui concerne la composante métier, le Directeur exécutif de la Fondation Rambourg dira que le Centre sera dédié à l’artisanat local et orienté vers les femmes rurales sans emplois et sans formation. « Ce centre offrira une formation certifiante nationale au long court pour une trentaine de femme à l’année », a-t-il précisé. Avant d’ajouter que les femmes prises en charge dans ce programme autour du tissage auront une petite compensation financière chaque mois. « Aussi, toutes les dispositions sont prises pour le fonctionnement d’une petite distillerie d’huiles essentielles dans le centre tenu par une équipe qui permettra de proposer des produits liés à la culture locale et qui seront mis en vente afin de générer des ressources propres à aider au fonctionnement du centre », a-t-il indiqué.

Conçu pour devenir le cœur d’un écosystème économique et culturel dans cette région sinistrée et surtout pour redonner l’espoir par le travail aux habitants, le Centre culturel des arts et des métiers de la montagne de Jbel Semmama abrite une boutique. « Cette boutique propose des objets divers : des tapis en laine, des tapis en klim, des tapis alfahassira, des paniers, la poterie et surtout une collection mode du styliste tunisien Marouane Zbidi, avec une broderie faite à la main par des artisanes locales et griffée ‘’JBEL’’ », a indiqué Maya Brahim de Noktaproduction qui travaille au développement de la marque ‘’JBEL’’.

Ce projet qui doit forcement inspirer d’autres initiatives similaires dans d’autres régions de la Tunisie et ailleurs dans le monde, a bénéficié d’un partenariat fécond entre la Région et le Gouvernorat de Kasserine, le Centre Technique 3T, la Fondation Rambourg.

Assane Koné
Envoyé spécial en Tunisie

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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