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LUTTE CONTRE LE VIH/SIDA DANS LES ZONES MINIÈRES : L’AMHT vante les recettes du dépistage à Koumakara

lundi 27 juillet 2026, par Assane Koné

7 mois après sa mission de Bayan, l’Association malienne Hinè Ton (AMHT), présidée par Mme Aoua Maïga a mené avec succès une opération de Riposte communautaire et dépistage Volontaire du VIH dans la zone minière de Koumakara, du vendredi 24 au dimanche 26 juillet 2026.

Cette campagne de trois jours, s’inscrit dans le cadre de la : « Phase II de l’opération zéro VIH/SIDA d’ici 2030 dans les zones minières de Kourémalé-Mali », avec l’appui technique et financier du secrétariat Exécutif du Haut Conseil National de Lutte contre le Sida (SE HCNLS) dirigé par le Dr Ichiaka Moumine Koné.

Sur les banderoles et T-shirt, confectionnés pour la circonstance, l’on pouvait lire des messages comme : « Le dépistage est gratuit, volontaire et confidentiel », « Connaître son statut, c’est protéger sa vie », « Ensemble vers Zéro VIH d’ici 2030 », « je me protège. Je me fais dépister », « Le dépistage du VIH est un droit pour tous », « Fais-toi dépister aujourd’hui, c’est gratuit et confidentiel ».

Le sida, un fléau qui perdure

Selon le rapport 2024 de l’Onusida, en dépit des efforts, on a compté 1,3 million de nouvelles infections à VIH et 630 000 décès liés au sida en 2023. L’épidémie a fait 42,3 millions de victimes depuis son apparition. Alors que l’accès au traitement se soit considérablement amélioré, le taux de nouvelles infections demeure alarmant, et les maladies liées au sida font encore beaucoup trop de victimes chaque année.

QLes populations marginalisées et vulnérables étant toujours les plus durement touchées par l’épidémie. L’ONUSIDA souligne à cet effet, la nécessité urgente d’accélérer le progrès dans la prévention du VIH, un domaine encore confronté à de nombreux obstacles. Au Mali, le taux de prévalence du VIH chez les adultes (15-49 ans) est estimé à 1.1%. Cependant, cette prévalence varie selon le milieu et le genre. Cette prévalence est particulièrement élevée chez certains groupes, comme les travailleuses du sexe (24%) et les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (13.7%). Selon les dernières données communiquées par le Haut Conseil National de Lutte contre le Sida (HCNLS), le pays enregistre en moyenne 14 nouvelles infections par semaine, un chiffre qui rappelle que l’épidémie continue de progresser malgré les efforts de prévention et de prise en charge.

QA 𝘁𝗿𝗮𝘃𝗲𝗿𝘀 𝗹𝗲 𝗳𝗶𝗻𝗮𝗻𝗰𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱’𝗮𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗰𝗼𝗺𝗺𝘂𝗻𝗮𝘂𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗽𝗿𝗼𝘅𝗶𝗺𝗶𝘁é, 𝗹𝗲 𝗦𝗘-𝗛𝗖𝗡𝗟𝗦 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗶𝗯𝘂𝗲 𝗮𝗰𝘁𝗶𝘃𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 à 𝗹’𝗮𝗰𝗰é𝗹é𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗿𝗶𝗽𝗼𝘀𝘁𝗲 𝗻𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝗮𝗹𝗲 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗲 𝗩𝗜𝗛/𝗦𝗶𝗱𝗮, à 𝗹’𝗮𝘁𝘁𝗲𝗶𝗻𝘁𝗲 𝗱𝗲 𝗹’𝗼𝗯𝗷𝗲𝗰𝘁𝗶𝗳 « 𝗭é𝗿𝗼 𝗩𝗜𝗛/𝗦𝗶𝗱𝗮 𝗱’𝗶𝗰𝗶 𝟮𝟬𝟯𝟬 » 𝗮𝗶𝗻𝘀𝗶 𝗾𝘂’à 𝗹𝗮 𝗿é𝗮𝗹𝗶𝘀𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗰𝗮𝘀𝗰𝗮𝗱𝗲 𝟵𝟱-𝟵𝟱-𝟵𝟱 𝗱𝗲 𝗹’𝗢𝗡𝗨𝗦𝗜𝗗𝗔, 𝘃𝗶𝘀𝗮𝗻𝘁 à 𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝟵𝟱 % 𝗱𝗲𝘀 𝗽𝗲𝗿𝘀𝗼𝗻𝗻𝗲𝘀 𝘃𝗶𝘃𝗮𝗻𝘁 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝗹𝗲 𝗩𝗜𝗛 𝗰𝗼𝗻𝗻𝗮𝗶𝘀𝘀𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗲𝘂𝗿 𝘀𝘁𝗮𝘁𝘂𝘁 𝘀é𝗿𝗼𝗹𝗼𝗴𝗶𝗾𝘂𝗲, 𝗾𝘂𝗲 𝟵𝟱 % 𝗱𝗲 𝗰𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝗰𝗼𝗻𝗻𝗮𝗶𝘀𝘀𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗲𝘂𝗿 𝘀𝘁𝗮𝘁𝘂𝘁 𝘀𝗼𝗶𝗲𝗻𝘁 𝘀𝗼𝘂𝘀 𝘁𝗿𝗮𝗶𝘁𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗮𝗻𝘁𝗶𝗿é𝘁𝗿𝗼𝘃𝗶𝗿𝗮𝗹 𝗲𝘁 𝗾𝘂𝗲 𝟵𝟱 % 𝗱𝗲𝘀 𝗽𝗲𝗿𝘀𝗼𝗻𝗻𝗲𝘀 𝘀𝗼𝘂𝘀 𝘁𝗿𝗮𝗶𝘁𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗼𝗯𝘁𝗶𝗲𝗻𝗻𝗲𝗻𝘁 𝘂𝗻𝗲 𝘀𝘂𝗽𝗽𝗿𝗲𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗱𝘂𝗿𝗮𝗯𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗰𝗵𝗮𝗿𝗴𝗲 𝘃𝗶𝗿𝗮𝗹𝗲.

En effet, devenu un véritable enjeu économique, le phénomène de l’orpaillage prend de plus en plus d’ampleur dans notre pays. Cette ruée vers l’or jaune constitue une véritable menace favorisant la propagation rapide du VIH, en plus des autres infections sexuellement transmissibles(IST). De ce fait, le dépistage s’est avéré comme un élément essentiel pour mieux renforcer les atouts de la prévention. A cet égard, les opérations de prévention notamment celles menées en juillet et novembre 2025 ont relevé un engouement des cibles majeures parmi lesquelles les travailleuses de sexe.

Kamalé réussi son coup d’essai

Vendredi 24 juillet, en partance pour Siby, la délégation de l’Amht composée de la présidente Maïga et quelques membres de son staff, de l’equipe médicale supervisée par le Technicien supérieur de santé Samba Soulama( hopital de district de Bamako CIV), et des médias ont fait escale à Kamalé, village situé à 45 km de Bamako, à la demande de sa jeunesse. Annoncé sobre, cet arrêt s’est pourtant révélé un évènement assez particulier en raison de l’accueil et surtout de la présence des notabilités du village.

Sur place, il sera 𝒐𝒓𝒈𝒂𝒏𝒊𝒔ée 𝒖𝒏𝒆 𝒔é𝒂𝒏𝒄𝒆 𝒅𝒆 𝒔𝒆𝒏𝒔𝒊𝒃𝒊𝒍𝒊𝒔𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒄𝒐𝒖𝒑𝒍é𝒆 à 𝒖𝒏𝒆 𝒄𝒂𝒎𝒑𝒂𝒈𝒏𝒆 𝒅𝒆 𝒅é𝒑𝒊𝒔𝒕𝒂𝒈𝒆 𝒗𝒐𝒍𝒐𝒏𝒕𝒂𝒊𝒓𝒆, 𝒈𝒓𝒂𝒕𝒖𝒊𝒕 𝒆𝒕 𝒄𝒐𝒏𝒇𝒊𝒅𝒆𝒏𝒕𝒊𝒆𝒍 𝒅𝒖 𝑽𝑰𝑯 𝒂𝒖 𝒑𝒓𝒐𝒇𝒊𝒕 𝒅𝒆𝒔 𝒉𝒐𝒎𝒎𝒆𝒔, 𝒅𝒆𝒔 𝒇𝒆𝒎𝒎𝒆𝒔, 𝒅𝒆𝒔 𝒇𝒆𝒎𝒎𝒆𝒔 𝒆𝒏𝒄𝒆𝒊𝒏𝒕𝒆𝒔 𝒆𝒕 𝒂𝒍𝒍𝒂𝒊𝒕𝒂𝒏𝒕𝒆𝒔, 𝒂𝒊𝒏𝒔𝒊 𝒒𝒖𝒆 𝒅𝒆𝒔 𝒇𝒊𝒍𝒍𝒆𝒔 𝒆𝒕 𝒅𝒆𝒔 𝒈𝒂𝒓ç𝒐𝒏𝒔.

Au-delà des activités de sensibilisation et de dépistage, cette rencontre a permis de recueillir les préoccupations et les attentes des populations en matière d’accès aux services de prévention et de santé. C’est pourquoi, après les mots de bienvenue du Chef de village de Kamalé, Moriba Keïta, le représentant de la jeunesse, Adama A Traoré a d’abord salué l’AMHT et sa présidente pour leur initiative de lutte contre le VIH. Avant de solliciter, dans la foulée, la mise en compétition d’une coupe de football ; la dotation du centre de santé en ambulance et en eau potable ; la rénovation de 3 classes et des aides pour les veuves.

En retour, la présidente de l’Amht a déclaré avoir pris bonne note des doléances. Elle n’a pas manqué de souligner sa ferme conviction de construire un orphelinat pour le bien-être de l’enfance dans la zone.

Au deuxième jour du périple, la délégation de l’AMHT a pris la direction de l’imposant site d’orpaillage “Bougoufiè Bâ” de Koumakara dans la commune Rurale de Benkady (Arrondissement de Narena, cercle de Kangaba).

Un véritable monde à part

Dans ce reservoir aurifère, situé à plus de 100 km de la capitale Bamako, on y trouve plus de 50 maquis, des centaines de professionnelles de sexe, issues en majorité de nationalité étrangère de l’Afrique de l’Ouest. Compte tenu du contexte particulier de cette importante zone minière, caractérisée par une forte concentration de populations, une grande mobilité des personnes et un brassage de nombreuses nationalités, les actions ont ciblé en priorité les travailleuses de sexe, les orpailleurs et les populations locales, particulièrement exposés aux risques de transmission du VIH.

M Diallo a avoué que cette opération participe au renforcement de la santé. << Je suis très satisfait de cette campagne dans les zones minières où le brassage des gens favorise la contamination du VIH>>, a t-il lancé.

De nationalité burkinabè, E. Danou (professionnelle de sexe) a tout simplement exprimé sa joie et sa reconnaissance à l’endroit de l’AMHT pour son triple geste de sensibilisation, de dépistage et de distribution de préservatifs, aussi precieux et chers dans les zones minières.

A Koumakara, après avoir touché des cibles jeunes en pleine exploitation avec les machines, la Présidente Aoua Maïga n’a pas manqué de partager ses émotions de réconfort de reconnaître que son association ait pu réaliser cette prouesse.

Elle lancera : << depuis que je mène cette campagne, je n’ai jamais été aussi impressionnée par la mobilisation de la jeunesse et surtout l’engouement suscité autour de l’objectif>>.

A la jeunesse, elle lancera ceci : << Chercher l’argent, c’est très bien, mais, il ne faut jamais oublier sa santé>>.

L’équipe de l’AMHT, bouclant sa mission le dimanche 26 juillet 2026, a repris l’initiative de toucher plus de cibles. Dans le secteur de Sébecourani, les orpailleurs du site du Ziraba, ont été sensibilisés et dépistés, avant de recevoir des kits condoms.

Ici, la jeune femme mariée de 17 ans, L Diarra, interrogée, affirme entendre pour la première fois l’existence du VIH et des préservatifs. << Cette opération m’à ouvert les yeux et m’à permis de savoir qu’avoir des rapports non protégés, est un danger immense pour la santé>>, a t-elle indiqué. Elle n’a pas caché sa joie et satisfaction d’avoir été prise en charge.

Ressortissant de la région de Koutiala, Rachid Mallé a salué les autorités pour leur combat de lutte contre le VIH. Pour sa part, il a estimé que les jeunes doivent faire davantage l’objet de sensibilisation, et particulièrement ceux des zones minières qui ignorent encore la gravité du fléau.

Le secrétaire général de l’AMHT, Amadou Diarra, le jeune à tout faire, a exprimé toute sa satisfaction pour l’atteinte des objectifs visés pour la campagne. Il a surtout reconnu et apprécié l’accueil et l’acceptation communautaire, ainsi que l’accompagnement des autorités locales et coutumières.

A croire AD, le dépistage demeure le véritable combat à poursuivre afin de maitriser le VIH/Sida.

L’assurance du dépistage

Conformément aux principes, tous les dépistages ont fait l’objet d’enregistrement sécurisé des bénéficiaires via “Un formulaire de consentement éclairé et un registre dédié”.

Au terme de chaque séance de dépistages, des cartes de référence sanitaire confidentielles ont été remises aux bénéficiaires nécessitant un suivi médical, afin d’assurer une prise en charge vers les structures de santé. Les données finales (prénom et nom, nombre de personnes dépistées, sexe, âge, nationalité, etc.) seront officiellement transmises au SE-HCNLS pour exploitation et suivi.

Le cri de coeur aux autorités

A l’heure de l’état des lieux de cette mission, le Chef de l’équipe médicale, Samba Soulama a révélé des cas positifs de VIH. De cette triste situation, il a interpellé les autorités politiques et sanitaires à prendre davantage la question à bras le corps.

Pour ce faire, il recommande le renforcement des actions de sensibilisation et de dépistages dans les zones minières. Samba Soulama a insisté sur l’installation des postes de dépistage permanent dans ces localités cibles.

Notons que la mission de Koumakara aura permis de sensibiliser des centaines de populations, de dépister des dizaines de cibles et procéder à la distribution de préservatifs.

Jean Goïta, envoyé spécial


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