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L’OPERATION « FALEME DAMBE ANI MALI SANOUKO DAMBE » : La dénonciation d’un grand bluff de l’Etat malien

mercredi 31 mars 2021

Dans la 2ème partie de son analyse intitulée « L’opération ‘’Faleme dambe ani Mali sanouko dambe’’ : le troisième grand bluff de l’Etat malien ? », Bambo Dabo de Kharifaya met l’accent sur deux points saillants à retenir du discours du Directeur Général de la Direction Nationale de la Géologie et des Mines. Selon lui, « en plus de l’aveu d’impuissance et de l’incroyable amnésie volontaire dont Monsieur Cheick Fanta Mady KEÏTA, DG de la DNGM gratifia ses interlocuteurs lors de sa rencontre publique à Keniéba, il est utile d’attirer l’attention du citoyen malien sur deux points importants contenus dans son fameux discours ». Lisez !

« Le Gouvernement du Mali face à sa mission régalienne de protection de la Falémé, de son environnement et des populations du Cercle de Keniéba : Faire semblant avant de laisser libre cours à la destruction systématique des bases de vie communes des habitants par des prédateurs bien identifiés ? », dénonçait Bambo Dabo de Kharifaya, dans une contribution publiée dans le Journal ARC EN CIEL n° 101 du 1er mars 2021.

Il y avait estimé que « depuis plus de trois ans, les observateurs de la scène locale du Cercle de Keniéba, faisant allusion aux conflits sociaux récurrents dans cette collectivité territoriale du Mali, ont coutume de dire « A Keniéba, les années passent et se ressemblent drôlement ! ». En effet, tous les ans, de nombreuses et gigantesques mobilisations populaires y ont lieu contre la cherté de la vie, le manque d’eau potable et d’électricité, les licenciements abusifs des travailleurs par les sociétés minières industrielles et les actes de corruption et de division que celles-ci ne cessent de perpétrer contre eux grâce à la complicité de dirigeants syndicaux , d’élus et de représentants de l’Etat ».

Mais, Bambo Dabo de Kharifaya y avait rappelé qu’ « à partir de décembre 2020, leur caractère de plus en plus collectif, leur ampleur grandissante, leur multiplication, la dimension environnementale qu’ils ont intégrée suite aux effets désastreux de l’orpaillage mécanisé massivement pratiqué surtout par des exploitants chinois, tout cela a transformé ces conflits sociaux en un véritable mouvement social ».

Il avait fait le malheureux constat, qu’ « il n’a pas encore acquis une cohérence organisationnelle et une profonde compréhension des enjeux réels à tous les niveaux (local, régional et national) ni identifié les principales cibles de son combat. Il n’a pas non plus trouvé une stratégie adéquate pour pouvoir atteindre ses objectifs ».

Mais, on se souvient qu’il avait promis dans une série d’articles de « proposer un rappel et un décryptage des faits, une identification et une analyse des objectifs et des stratégies des acteurs impliqués, et une mise en perspective du processus en cours dont l’issue déterminera, à n’en pas douter, l’avenir du Cercle de Keniéba en matière de développement local ». Retrouvez la 2ème partie de sa contribution intitulée « L’opération ‘’Faleme dambe ani Mali sanouko dambe’’ : le troisième grand bluff de l’Etat malien ? Analyse ».

II. L’opération « Faleme dambe ani Mali sanouko dambe » : le troisième grand bluff de l’Etat malien ? Analyse

Deux points saillants à retenir du discours du Directeur Général de la Direction Nationale de la Géologie et des Mines

En plus de l’aveu d’impuissance et de l’incroyable amnésie volontaire dont Monsieur Cheick Fanta Mady KEÏTA, DG de la DNGM gratifia ses interlocuteurs lors de sa rencontre publique à Keniéba, il est utile d’attirer l’attention du citoyen malien sur deux points importants contenus dans son fameux discours.

Il y a tout d’abord la reconnaissance implicite de la force de pression du mouvement social. Monsieur le Directeur Général KEÏTA évoqua avec insistance l’agitation quotidienne des réseaux sociaux et expliqua qu’elle fut à l’origine de la décision prise par son ministre d’ajouter le volet orpaillage à sa mission de terrain dans le Cercle de Keniéba. Mais il omit allègrement de parler de la vaste mobilisation sociale impulsée et dirigée par le collectif « Wassaton » et surtout l’ultimatum qu’il lança, par la voix de son Président, Monsieur Aliou DIALLO, aux autorités de la nouvelle Transition lors de sa conférence de presse du dimanche 27 décembre 2020 : « Si dans un mois rien n’est fait, nous allons prendre nos responsabilités en chassant sans violence tous les exploitants chinois de notre Cercle ».(Fabril Abdoul, Maliactu 11/01/2021, Source La Plume Libre). Peine perdue car les réseaux sociaux (et la presse écrite, dont il ignore royalement le remarquable travail d’information !) ne se contentèrent pas d’alerter les Autorités nationales sur la destruction de l’environnement mais ils attirèrent également leur attention le contexte social en ébullition, ce qui n’échappa nullement à l’opinion nationale.

Ensuite, il faut mentionner l’affichage de la priorité accordée par la mission du Ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Monsieur Lamine Seydou TRAORE et de ses deux collègues (de la Sécurité et de la Protection Civile, de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable) aux sociétés minières industrielles étrangères.

Les propos du DG de la DNGM furent d’ailleurs confirmés plus tard par le déroulement de la mission. En effet, selon le quotidien national « L’Essor », dès leur descente d’avion à Keniéba et après de « brèves salutations et entrevues avec les élus locaux », ils prirent « aussitôt la direction du site d’exploitation de la société B2Gold » où le Directeur de la Sécurité des Biens, Monsieur Lassiné COULIBALY, leur montra un champ solaire de plus 37 MW alimenté par plus de 30.000 panneaux, tous partis en fumée suite à un incendie d’origine inconnue tout en leur assurant que des enquêtes étaient en cours pour en connaître les raisons et situer les responsabilités. C’est ensuite que la délégation gouvernementale s’est rendue sur deux autres sites appartenant à des orpailleurs clandestins opérant dans le lit de la Falémé. Un détail oublié dans le reportage de « L’Essor » : nos Ministres se firent transporter par un aéronef privé qui atterrit sur la piste d’aérodrome appartenant à cette société industrielle étrangère.

Au vu de ces affichages à forte charge symbolique, les langues fourchues et indiscrètes de certaines personnes malveillantes ont pu affirmer qu’à l’instar de ses prédécesseurs, notre nouveau Gouvernement roule au fond pour les sociétés industrielles étrangères et fait juste semblant de protéger les populations et leur environnement par des opérations tape-à-l’œil sans lendemain !

Mettant en lien cette observation et la colère noire piquée par le DG de la DNGM contre les orpailleurs illégaux qu’il surprit sur le site d’exploitation de la SOMILO, une autre société industrielle étrangère, suivie de son mémorable coup de gueule administré aux jeunes qui se trouvaient par hasard à proximité, d ’autres langues de vipères, plus méchantes et insolentes, ont accusé nos Ministres d’avoir réalisé une opération de diversion pour couvrir les destructions causées sans arrêt par les sociétés minières industrielles étrangères dont la capacité de nuisance est cent fois plus importante !

Et comment convaincre l’opinion nationale du contraire ? D’autant plus que de nombreuses observations précédentes avaient déjà fait le constat du comportement irrespectueux des exploitants industriels à l’égard de l’environnement. Faute d’espace, nous ne mentionnons ici que deux témoignages de sources crédibles. D’une part, David DEMBELE, dans son rapport d’enquête (réalisée avec le soutien éditorial du Centre de Journalisme D’investigation Collaboration et l’appui financier de OSF) publié le 06 octobre 2020 sous le titre« Falémé : chronique d’une mort silencieuse » nota ceci : « Différents recoupements auxquels nous sommes parvenus permettent de découvrir que les mines industrielles situées le long de la Falémé ne disposent pas de bassins de traitement de leurs eaux usées ». D’autre part, il mentionna dans le même rapport cette révélation d’une voix autorisée, celle de Monsieur Aram NGOM NDIAYE, Directeur de la DEDD (Direction de l’Environnement et du Développement Durable) de l’OMVS : « Les sociétés minières industrielles dont Loulo (SOMILO) outrepassent régulièrement les couloirs qui leur sont autorisés dans leurs concessions ou permis ». Quoi qu’il en soit, il est indéniable que le lancement de la croisade gouvernementale « Faleme Dambe, Mali Sanouko Dambe » donna aux miniers industriels l’occasion de prendre d’assaut les grands médias publics et privés pour condamner les actes illégaux et destructeurs de l’environnement et du cadre écologique avant de se déclarer prêts à aider les pouvoirs publics dans leur lutte contre l’orpaillage illégal et anarchique qui entrave aussi leurs propres activités. Autrement dit, c’est le prédateur-pollueur qui crie au prédateur-pollueur pour détourner l’attention de son propre délit !

Le nouveau Gouvernement de Transition était suffisamment informé, alerté et documenté sur la situation, complètement outillé pour prévenir et intervenir avec efficacité

Avant d’aborder l’analyse des causes de l’inefficacité notoire de l’Etat malien (à travers les actions de ses gouvernements qui se sont succédé au cours des quinze dernières années) dans la lutte contre l’exploitation aurifère par dragage et l’orpaillage illégal, il n’est pas inutile de récapituler et compléter (de façon non exhaustive) les éléments d’information et moyens d’interventions à la disposition de nos gouvernants afin de mettre davantage en exergue leurs difficultés réelles et limites objectives. Cela permettra d’identifier plus facilement les défis à relever et les pistes de solutions pour sortir par le haut du naufrage.

Dans l’article précédent, nous avons rappelé les actions et dossiers initiés par les anciens Ministres LELENTA Hawa Baba BA et Housseini Amion GUINDO dont certaines chefs de services techniques (comme Monsieur Cheick Fanta Mady KEÏTA, actuel Directeur Général de la Direction Nationale de la Géologie et des Mines) sont encore en fonction. Nous avons également évoqué les rapports d’études et de missions de consultations sur la pollution de la Falémé et la dégradation de son environnement, notamment celles réalisées par l’ONG malienne ASFA21 et l’OMVS.

Il convient d’ajouter le travail constant d’information et d’alerte de la presse depuis 2017, soit durant quatre ans.

Les titres sont si nombreux que, pour des raisons pratiques, nous ne citerons ici que quelques exemples :

-  « MaliActu » et « Mali Demain » dénoncèrent en 2017 l’entreprise chinoise « Fametal Mining Ressource Mali Sau » pour les dégâts causés par l’utilisation de ses bulldozers et dragues puissantes sur la Falémé, les populations, la faune et la flore dans les zones de Fadougou (Commune de Keniéba) et de Mankouké (Commune de Dabia) Ces journaux couvrirent par la suite les démarches effectuées à l’époque par le réseau citoyen « Joko Ni Maaya » pour tenter d’y mettre fin ;

-  Le « Nouveau Réveil » du 22 novembre 2017 sous la plume de Jean Pierre James (« Sites d’orpaillage artisanal à Kayes : Agir vite avant que le drame ne se produise »). Cet organe attira « l’attention de l’opinion nationale et surtout du Gouvernement sur une grave catastrophe écologique en pleine gestation à proximité des villages de Fékola (Commune de Keniéba) et de Sakola (Commune de Sitakili) dans le Cercle de Kéniéba » situés dans des « zones censées faire partie intégrante de la réserve partielle du fleuve Falémé, à la frontière Mali-Sénégal…l’occupation illégale et la destruction d’un pan de cette réserve partielle, du braconnage d’animaux sauvages et des risques potentiellement élevés d’empoisonnement des ressources hydriques de la zone… Les forêts de Kéniéba et de Sadiola dans la Région de Kayes …allègrement occupées par les orpailleurs sous le regard impuissant voire complice de l’administration des Eaux et Forêt de l’État… l’usage incontrôlé du cyanure et du mercure, substances toxiques et dangereuses dont l’ingestion peut s’avérer mortelle pour l’homme et pour la faune » Il recommanda fortement « une synergie d’actions coercitives à mener par les Ministères de l’Environnement, de l’Énergie et des Mines, de l’Administration Territoriale et de la Sécurité pour leur fermeture pure et simple » ;

-  L’enquête réalisée en octobre 2020 par David DEMBELE et publié sous le titre« Falémé : chronique d’une mort silencieuse révéla, elle aussi, le désastre écologique infligé au fleuve Falémé, principal affluent du fleuve Sénégal, « Coupé en plusieurs petits lacs par des tas de gravats accumulés par les dragues qui pullulent dans son lit, son parcours … à l’arrêt total… (rendant) la navigation impossible par endroits. », « La détérioration préoccupante de la qualité de l’eau … impropre à la consommation et à l’irrigation des cultures »sous l’effet du dragage et des produits chimiques (mercure et cyanure) utilisés par les orpailleurs, « Le rejet pernicieux des eaux usées de certaines mines industrielles d’or (dont Loulo SA)… L’écosystème des espèces aquatiques naguère riche et attractif …blessé à mort… des poissons morts (qui) flottent de part et d’autre sur les vagues d’un fleuve visiblement meurtri … Les cas de maladies dermatologiques de plus en plus fréquents », « l’impossibilité de mener des activités de maraîchage dans le village de Djidian en raison de la pollution des eaux causée par une centaine de dragues immobilisées sur le fleuve. », etc. ;

-  « Notre Nation », journal en ligne, qui, dans sa parution du 17 mai 2018, fit un compte-rendu fidèle et détaillé de la présentation des résultats de l’étude sur les différentes sources de pollution de la Falémé et de ses affluents dans les quatre communes riveraines de ce fleuve au Mali (Dabia, Faléa, Faraba et Kéniéba) réalisée par l’ONG malienne« ASFA21 » dans le cadre de son « Projet de Renforcement des capacités des acteurs locaux de la Commune Rurale de Faléa et du Cercle de Keniéba dans la gouvernance du secteur minier », financé par la Fondation Rosa Luxemburg . Signé par Assane KONE, l’article est intitulé : « Kéniéba : Attention la Falémé se meurt à cause de l’orpaillage ».

Cette étude aboutit à la conclusion suivante : « "Deux phénomènes inquiétants menacent la Falémé et ses affluents. Ce sont d’une part l’obstruction, l’envasement et la déviation des cours d’eau dus à l’érosion des berges, le drainage des boues des cracheurs et les rejets des dragues et d’autre part la pollution des cours d’eau conséquence de l’utilisation de produits chimiques, des huiles de vidange, carburant et autres liquides utilisés pour le fonctionnement ou l’entretien des machines ». Après avoir fait l’état des lieux de la pollution et de la destruction sur la Falémé et ses affluents, elle put identifier les différentes sources d’impacts de pollution sur la rivière Falémé et ses affluents et déterminer des points de prélèvement pour l’échantillonnage des eaux afin de permettre leur analyse physico-chimique et la mise en place d’éco-actions idoines de restauration et de préservation.

Ensuite, l’étude cerna les impacts désastreux des phénomènes observés sur les activités des populations, leur santé et l’environnement, entre autres :

a) la navigation (sédimentation et obstruction accélérées du lit majeur du fleuve suite à l’utilisation de dragues à godets ou « dragues chinoises » qui « rejettent d’énormes quantités de matériaux constituant des monticules et des ilots dans le lit des cours d’eau après traitement ») ;

b) la pollution et la dégradation des sols très riches (y compris les réserves de terres très fertiles du domaine forestier protégé) rendus impropres à l’agriculture ;

c) l’approvisionnement en eau potable et le maraichage (turbidité et contamination des eaux par les boues, le mercure, le cyanure, des acides sulfuriques ou nitriques, du zinc, des huiles de moteur usagées et des détergents) ;

d) la faune aquatique et la pêche (destruction des frayères provoquant son appauvrissement) ;

e) la santé humaine et animale (toxicité des produits chimiques et leur dangerosité pour les organes vitaux des orpailleurs, des membres de leurs familles vivant à proximité des lieux de travail et du bétail) ;

f) les ressources forestières (destruction du couvert végétal, dégradation des galeries forestières, déforestation/déboisement) ;

g) la circulation des hommes et des animaux (excavations profondes de 50 à 60 mètres sur les anciens sites abandonnés et camouflées par les eaux stagnantes ou la végétation secondaire).

Enfin, avec le concours du Président de la Chambre des Mines de Keniéba, près d’un millier de cracheurs/concasseurs en activité fut recensé par l’étude. Quant aux dragues, les investigations établirent leur nombre à 600dans la seule Commune de Keniéba avec une forte concentration sur l’espace. En effet, le Chef de service de l’Assainissement affirma avoir compté une fois au cours de ses déplacements 63 dragues sur une distance de 530 m !

A noter que la presse internationale procéda également à une large diffusion des résultats de cette étude de l’ONG malienne « ASFA21 ».

Pour terminer ce chapitre relatif aux informations, données, alertes et réflexions accompagnées de propositions de solutions adressées aux Autorités maliennes à tous les niveaux, il n’est pas inutile de signaler, sans s’y attarder (parce que nous y reviendrons dans notre prochain article qui portera sur les causes profondes, les défis et les alternatives à la situation actuelle) :

-  les constats et recommandations du Forum de Sitakily sur l’exploitation minière et la problématique du développement du Cercle de Keniéba, tenu en 2011 à l’initiative des OSC de ses ressortissants résidant au Mali et en France ;

-  les réflexions et propositions du réseau « Joko ni maaya » ;

-  l’analyse minutieuse et les recommandations pertinentes proposées la même année (décembre 2011) par Monsieur Tibou FAYINKE, ingénieur agronome et Dr Keiffing SISSOKO, agro économiste, pour assurer une équilibre entre les activités minières et l’agriculture dans un texte intitulé : « L’incidence de l’orpaillage sur la production agricole dans le Cercle de Kéniéba » ;

-  de nombreuses réflexions et actions d’appui formulées par la CADERKA (Coordination des Associations de Développement des Cercles de la Région de Kayes) depuis la tenue du Forum de Sitakily ;

-  l’enquête de terrain réalisée par ASFA21,grâce au soutien financier du PAGIE/GIZ, dans le cadre de son « Projet d’amélioration des pratiques d’orpaillage artisanal et à petite échelle dans la Commune Rurale de Faléa (Cercle de Keniéba) » dont les résultats furent consignés dans un document portant le titre « Données sur l’orpaillage et les orpailleurs de la Commune Rurale de Faléa (Cercle de Keniéba) ».

En plus de ces initiatives locales et régionales menées par des OSC et experts nationaux, l’Etat malien a sollicité des appuis de ses partenaires au développement pour faire des évaluations, élaborer des outils de suivi, de planification et de gestion. Quelques exemples :

-  la « Réalisation d’une cartographie électronique des sites d’orpaillage, des orpailleurs et des détenteurs de titres miniers dans les zones aurifères de KAYES, SIKASSO et KOULIKORO » par le Groupement Modelis-Tech/Baie Consulting/Guidime Topo en mars 2017 en vue de définir de meilleures stratégies d’appui à l’orpaillage et à la promotion des petites et moyennes entreprises minières au Mali. Cette base de données SIG sur les sites d’orpaillage, les orpailleurs et les détenteurs de titres miniers est accompagné d’un plan d’action pour l’amélioration de l’impact socio-économique de l’orpaillage ;

-  la conception du « Guide de Bonnes Pratiques, de santé, d’Hygiène et d’Assainissement, de Sécurité au travail et de protection de l’environnement applicable sur les sites d’orpaillage » au mois de mars 2017 par le Cabinet Africain de Gestion Informatique et Comptable (CGIC-Afrique International). Ce guide de bonnes pratiques destiné à l’usage des orpailleurs, des services techniques et des collectivités locales devrait servir à promouvoir l’hygiène, l’assainissement, la santé, la sécurité et la protection de l’environnement dans les sites d’orpaillage au Mali. ;

-  l’« Elaboration d’un Plan de commercialisation de l’or issu de l’orpaillage au Mali » par le même cabinet d’études et de gestion informatique et comptable à partir des résultats de sa mission d’étude pour la définition d’une stratégie d’organisation de la collecte et de la commercialisation de l’or au niveau des orpailleurs, des collecteurs, des comptoirs d’achat ;

-  la formulation d’une stratégie de développement de l’orpaillage sur la base de ces trois études de terrain antérieures et l’actualisation du Plan d’action de mise en œuvre des recommandations du Forum national sur l’orpaillage au Mali réalisées par la Banque Mondiale en juillet 2017 (« Rapport sur La Stratégie de Développement de l’Orpaillage au Mali »). Rappelons que le Forum National sur l’Orpaillage fut organisé par l’Etat malien en septembre 2014 dans le but de promouvoir un meilleur développement du secteur de l’orpaillage dans le respect des lois en vigueur et des règles de bonnes pratiques ;

-  la « Mise en place d’un système de gestion de base de données sur des sites d’orpaillage de Communes de Sadiola et de Faléa (Région de Kayes) »par la RD-Revenue Development Foundation (financement Coopération Allemande) en décembre 2019.

On le voit bien, nos Autorités de la nouvelle Transition politique du Mali sont suffisamment informées, éclairées et conseillées à souhait, enfin, complètement outillées pour accomplir avec une efficacité maximale leurs rôles et responsabilités de suivi, de contrôle, de sanction et de régulation du secteur minier ainsi que leur devoir de protection de l’environnement et de promotion des communautés locales.

Notre prochain article abordera les causes profondes et structurelles de leur incapacité à être à hauteur de mission, tentera d’identifier les défis majeurs à relever et proposera des alternatives viables et durables.

Bambo Dabo
Kharifaya, mars 2021

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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