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Kangaba : le Kamabulon ou 366 ans de mystère

mercredi 15 mai 2019

La signification sociale et politique des cérémonies septennales de réfection du Kamabulon reste obscure, les protagonistes en conservent le secret. Ce n’est que les enseignements tirés de leur observation, alliés à ceux de l’histoire que l’on peut, dans l’état actuel de nos connaissances, essayer d’engager une interprétation.

Vendredi 26 avril, a eu lieu les cérémonies septennales de réfection du Kamabulon de Kangaba. L’occasion a été donnée aux anciens et à la nouvelle génération de visiter les anciennes pratiques sacrées. Cette case sacrée de Kangaba, construite en 1653, serait le dernier en date dans l’aire culturelle du Manden.

Situé magnifiquement au cœur de la place publique de la ville de Kangaba, le Kamabulon ou la case sacrée de Kangaba, est un édifice de plan circulaire construit en terre (banco) et couvert d’un toit conique de chaume. Elle mesure 4 m de diamètre pour 5 m de hauteur. Ses murs sont élevés en briques crues recouvertes d’un crépi en banco. L’édifice est associé à des éléments sacrés qui l’entourent. Ces éléments sont : le puits, les trois plantes (fromagers), le terre-plein carré appelé « wasi », la tombe de Mansa Sèmè, fondateur et premier prêtre de la case sacrée et les piquets de régulation des mœurs. La réfection septennale du toit (la dernière en date de 2012) de la case sacrée de Kangaba est un véritable chef-d’œuvre du génie créateur humain à travers le regroupement des clans fondateurs de l’empire du Mali, de l’ensemble des populations du Manden et des hommes de caste, notamment les griots (maîtres de la parole) du patronyme Diabaté du village de Kéla, situé à 6 Km au sud-ouest de Kangaba. Ces griots viennent évoquer l’histoire la plus profonde et les traditions et expressions culturelles (contes, légendes, épopées, mythes, proverbes, chansons, etc.) du Manden.

La construction du Kamabulon est attribuée à Masa Sema, fils de Tenemba Koma. Le Kamabulon serait la reproduction d’un édifice semblable construit à l’origine à Kiri par un ancêtre de Mamu Kassiama, nommé lui aussi Masa Sema.

La signification sociale et politique des cérémonies septennales de réfection du Kamabulon reste obscure, les protagonistes en conservent le secret. Ce n’est que les enseignements tirés de leur observation, alliés à ceux de l’histoire que l’on peut, dans l’état actuel de nos connaissances, essayer d’engager une interprétation.

Les éléments constitutifs du bien « Sites historiques et paysages culturels du Manden » sont des lieux historiques et de mémoire de grande importance. Ils constituent un témoignage historique et culturel des grands empires.

(Correspondance particulière)

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.